La plupart des Polonais ne veulent pas que leur pays passe à l’euro. C’est ce qu’indiquent les résultats du sondage effectué par le Centre de l’étude de l’opinion publique (CBOS). 64 % des Polonais interrogés sont contre l’euro, 29 % sont pour. La majorité des personnes interrogées associe l’apparition de la nouvelle monnaie dans leur pays à une hausse des prix et à l’impossibilité d’appliquer une politique monétaire indépendante.
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lundi 1 avril 2013
Deux tiers des citoyens de Pologne ne veulent pas que leur pays passe à l’euro
mardi 5 mars 2013
La zone euro après le choc des élections italiennes
En ce début mars l’Union européenne se penche de nouveau sur la crise battant son plein dans la zone euro. Deux forums se tiennent aujourd’hui et demain à Bruxelles : aujourd’hui c’est la réunion de l’Eurogroupe et demain la réunion de l’Econfin, conseil des ministres de l’Economie et des Finances de l’Union européenne.
Les élections générales d’il y a une semaine en Italie rendent imprévisible la situation non seulement dans ce pays mais aussi partout au sud de l’UE. D’où l’« effet domino », dont la menace plane au-dessus des pays aux difficultés dont la Grèce, Chypre et le Portugal, qui est de nouveau à l’ordre du jour des réunions des ministres européens.
Publiés fin semaine dernière les nouveaux chiffres sur le chômage établissent un nouveau record dans les pays de la zone euro tout en témoignant de la baisse ultérieure du pouvoir d’achat des ménages. Cela suffisait largement pour inspirer le pessimisme aux membres de l’Eurogroupe et de l’Ecofin. Mais voilà que les réalités politiques italiennes y ont ajouté du sien.
Aujourd’hui ce sont la Grèce et l’Italie qui posent le vrai problème à la zone euro. Une sortie hypothétique de la première aura cependant un effet dévastateur, fait remarquer Olga Boutorina, directrice du Département de l’intégration européenne de l’Institut d’Etat des relations internationales de Moscou (MGIMO).
« Une sortie de la Grèce de la zone euro porterait un énorme coup à son économie. Les experts de la Banque suisse estiment que pour un pays tel que la Grèce sortir de la zone euro entraînera une baisse de 50% de son produit intérieur brut dans les douze mois qui suivront la sortie, et entre 10 et 20% par la suite. Ce sont des sommes colossales, exorbitantes ».
En Italie la crise financière n’a pas encore pris l’ampleur de celle qui fait des ravages en Grèce. L’Italie est bien la troisième économie de la zone euro. Les élections parlementaires ont néanmoins mis en lumière les tendances déstabilisantes dans ce pays. Ce n’est pas le hasard que le populiste Beppe Grillo et son Mouvement 5 étoiles qui ont recueilli un quart des voix.
Et pourtant, il n’y a pas lieu de prédire la fin de l’euro, insiste le directeur du Centre des études européennes de l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales de l’Académie des sciences de Russie, Alexandre Kouznetsov.
« L’euro a des problèmes dont on est parfaitement au courant. Avec cela, on ne peut pas dire non plus que comparé à l’euro le dollar est une monnaie qui se porte très bien. L’économie mondiale est organisée d’une telle manière qu’elle ne peut pas exister sans une monnaie de réserve. Mais jusqu’ici personne n’a pu proposer une alternative au tandem dollar/euro ».
Piotr Iskenderov
vendredi 1 mars 2013
La débâcle européenne
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| photo, ed R12: rebellion contre une Banque au portugal |
"L’échec des politiques d’austérité est désormais officiel. La Commission européenne a en effet publié un rapport (« European Economic Forecast, Winter 2013 ») révélant la chute de l’activité, la montée de l’endettement public et l’envolée du chômage. Aucun des objectifs affichés par les institutions européennes n’a été atteint en 2012 et l’Europe va continuer cette année de s’enfoncer dans la crise."
vendredi 19 octobre 2012
BCE ( banque centrale européenne ) : "Baissez les salaires pour préserver l'euro" !!!!!!
La banque centrale européenne (BCE) revient dans une étude publiée ce 8 octobre sur les enjeux structurels de la zone euro. Ses travaux, cette année, sont consacrés exclusivement au marché du travail et l’hétérogénéité des réponses européennes pendant la crise. Ces divergences, selon la BCE, posent une menace sur la convergence des économies de la zone euro.
Ses recommandations : « L’ajustement des salaires aux conditions du marché du travail doit être une priorité sur les marchés du travail de la zone euro. Cela facilitera la nécessaire réallocation sectorielle, soutiendra la création d’emplois durables et la réduction du chômage. Des réformes importantes et approfondies du marché du travail sont donc nécessaires pour accroître la flexibilité de l’emploi et des salaires dans la zone euro afin de réduire le risque d’une montée persistante d’un chômage structurel et d’une baisse de la croissance potentielle. Cette stratégie de réforme est aussi l’élément clé pour une reprise économique solide dans la zone euro, qui contribuerait aussi à corriger et à prévenir les déséquilibres macro-économiques et la consolidation fiscale. Une plus grande flexibilité des marchés du travail dans la zone euro réduirait également les coûts d’ajustement associés aux chocs économiques et renforcerait l’efficacité de la politique monétaire. »
En trois ans de crise, les salaires en Grèce ont baissé de plus de 25 %, le chômage touche désormais 21 % de la population active et 54 % des jeunes... cherchez l'erreur !
Pour tous ceux qui croient encore au mirage de l'Europe sociale et à une possible "réorientation" de l'Europe capitaliste , cette étude de la BCE fait tomber les masques des soi-disants apports de l'euro !!!!!!!
lundi 17 septembre 2012
À propos → La monnaie européenne serait une invention artificielle des franc maçons
Lorsque François Mitterrand était encore de ce monde, il a fait de son mieux pour faire pérenniser son enfant chéri, la monnaie européenne unique, l’euro. Or, François Mitterrand a suivi là les fantasmes des décideurs de l’histoire occidentale d’après la Révolution de 1789, les francs maçons. Ne vous hâtez pas à nous accuser de tous les maux. Commençons par dire que j’ai été fort étonné le jour où j’ai entendu pour la première fois la phrase d’un des sénateurs de France qui a dit : « En France pour gouverner il faut être en bons termes avec les Catholiques et les franc maçons ». En fait pourquoi les francs maçons ? Ensuite j’ai vite fait d’apprendre que la Constitution française répondait parfaitement aux principes de la franc-maçonnerie fixés dans les grands livres des Mystères de la loge d’York. Il est de notoriété publique que les maçons voulaient la création d’un Etat nouveau avec une nouvelle monnaie et une nouvelle vision de la politique monétaire et économique. Cet Etat, les maçons l’ont bien construit et ils s’en piquent. C’est les Etats Unis. Le mémorial de Franklin Roosevelt à Washington contient sa statue dans l’uniforme maçonnique et la fresque centrale appelée l’Apothéose (ce qui veut dire déification en grec) le montre montant aux cieux. Tous les pères fondateurs de l’Amérique étaient des francs maçons et c’est l’Amérique qui dicte à la vieille Europe comment et selon quels préceptes elle doit vivre.
Les Etats-Unis d’Europe est un autre sujet vieux de plus de deux cents ans. Alexis de Tocqueville en rêvait déjà. D’ailleurs, en bon franc maçon, il a prédit à l’avance l’essor spectaculaire des Etats Unis au vingtième siècle. Nous ne croyons pas à des visions surnaturelles dans le domaine de la politique internationale.
Si vous vous penchez sur l’histoire et les rites de la franc maçonnerie vous ferez vite de découvrir qu’ils découlent de l’antique tradition égyptienne parce que les maçons révèrent l’Egypte comme leur mère Patrie spirituelle. Et l’une des idées porteuses de la franc maçonnerie est l’égalité absolue de tous les êtres humains c'est-à-dire l’homogénéisation des masses. Certains chercheurs croient que même la période soviétique a été générée par les francs maçons, car on retrouve dans la tentative de la construction de l’URSS les mêmes idées qui ont vu le jour au moment de la création des Etats Unis, à savoir destruction des entités territoriales historiques, instauration d’un seul code et une seule devise pour un territoire immense, égalité proclamée pour tous sans acception des personnes et origines.
Je ne vous dis pas que je sois réticent à toutes les idées maçonniques y compris la monnaie unique ou les droits de l’Homme. Je vous dis seulement que pour mieux concevoir ce qui se passe de nos jours, il faut comprendre que nous sommes tous des enfants nés in vitro. Autrement dit nous vivons tous dans une chimère inventée artificiellement par un groupe de penseurs et appliquée de façon mécanique à un être vivant qu’était l’Europe du dix-huitième ou la Russie du vingtième. De ce point de vue le mouvement antiglobaliste ou la tentative de renaissance des régions historiques françaises ne sont que des soubresauts d’un organisme vivant enfermé dans un carcan rigide des idées imposées. C’est pour cela que la plupart de Français maugrée contre le langage politiquement correct et la dictature des Droits de l’Homme. Au lieu de se développer commune structure organique, comme un arbre, les Européens ont été accaparés par un mouvement de pensée particulier qui régit de nos jours le monde et auquel la Russie résiste de toutes ses forces.
De ce point de vue la monnaie unique européenne, l’euro est une autre preuve flagrante d’une construction superficielle et artificielle, contraire à l’esprit européen.
Jacques Sapir, grand théoricien de l’économie française, décortique méthodiquement cette création financière erronée. Et il a trouvé des arguments plutôt intéressants.
Dans son article « Mythes et préjugés entourant la création et l’existence de la monnaie unique » paru le 14 Septembre et qu’il a mis gracieusement à notre disposition, il nous explique que « L’euro suscite en effet une série de fantasmes, dont certains sont repris dans des déclarations très officielles, et cette situation dure depuis maintenant plus de quinze ans ».
Il trouve que les mythes sont basés sur les déclarations suivantes qu’il anéantit une à une :
« (…) le passage à la monnaie unique était censé faire disparaître lescoûts de transaction, liés au change. D’où les déclarations de 1998 et 1999 annonçant que l’entrée en vigueur de l’Euro s’accompagnerait d’un surcroît de croissance. Or, c’est le contraire que l’on a constaté. (…)On constate que la consommation privée a donc été sensiblement plus faible dans la zone Euro sur la période 1999-2011 que pour l’ensemble des pays développés, à l’exception de la Suisse, jusqu’en 2008. Ceci montre l’influence très négative d’une politique monétaire unique qui n’est pas à même de s’adapter aux structures de chacun des pays de la zone. Ici, c’est moins le principe de la zone Euro qui est en cause que le fait qu’elle réunisse des pays dont les structures économiques sont bien trop hétérogènes. (…)La zone Euro, dont le poids global dans l’économie mondiale il faut le rappeler est supérieur aux Etats-Unis, a constitué une zone de très faible croissance, et donc a signifié un frein pour la croissance mondiale. (…)On constate donc que la création de l’Euro n’a pas modifié des dynamiques industrielles et que ces dernières se développent de manière largement déconnectée de la monnaie unique. (…)Dans le cas d’une dissolution de la zone Euro, et en extrapolant à partir de ces résultats, il ne se produirait aucune catastrophe. On serait confronté simplement à un retour à une situation oligopolistique dans le domaine des monnaies de réserves ». Fin de citation.
Pour Jacques Sapir donc, qui est très loin des mythes maçonniques, il est parfaitement évident que l’euro n’a rien à voir avec l’efficacité économique. Il est évident que les Européens ont donné dans le panneau se retrouvant dans une Union soviétique occidentale beaucoup plus censurée, moins libre et avec une croissance moindre par rapport à la Fédération de Russie. Cela paraît être assez logique : en quelque sorte le serpent serait en train de se mordre la queue avec un retour du balancier qui écrase les pays qui ont enfanté toutes ces idées il ya plusieurs siècles.
Il me semble que plus tôt les Français le comprendront et s’en affranchiront, mieux ça se passera pour la France.
Alexandre Artamonov
samedi 25 août 2012
« La disparition de la monnaie unique serait dans les intérêts de tout le monde »
Août devrait être un mois chaud pour la zone euro, indépendamment des surprises que nous réserve la météo. Le fait que l'Espagne ait nié avoir besoin d'un plan de sauvetage d'ampleur confirme que Madrid, à un certain moment, va en appeler aux sado-monétaristes de Bruxelles. Tout comme les ministres Grecs, Irlandais et Portugais l'ont fait après ces mêmes dénégations comiques.
La situation est loin d'être comique, puisque les conséquences de l'effondrement d'un système aussi insensé que celui de la monnaie unique touchera tout le monde, en particulier la classe ouvrière qui n'a aucune responsabilité dans la construction de ce château de cartes.
Un panel de 17 économistes éminents de l'Institut new-yorkais New Economic Thinking a rendu un rapport mettant en garde: « l'Europe avance, tel un somnambule, vers une catastrophe aux proportions incommensurables.
Le dernier domino, l'Espagne, est à quelques jours d'une crise de liquidité, selon son propre ministre des Finances. Cette situation dramatique est la conséquence d'un système de la zone euro qui, tel qu'il est construit actuellement, est totalement bancal », selon le rapport.
Cependant, la raison fondamentale derrière cette crise qui n'en finit pas, un domino tombant après l'autre, ce n'est pas un problème de liquidité – c'est juste un symptôme d'un problème bien plus important.
Enfermés dans la chambre des tortures néo-libérale qu'est cette zone Euro, les pays les plus faibles ne peuvent tout simplement pas rentrer en concurrence avec les pays les gros, au cœur de l'Empire, précisément la France et l'Allemagne.
Des pays dans le dur comme la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et l'Italie, que l'on connaît tous sous le nom de PIIGS, ont des déficits de la balance des paiements colossaux qui ébranlent leurs économies, tout en accroissant leurs besoins en liquidités.
La vraie réponse est la dévaluation qui est impossible dans le cadre de la monnaie unique. La seule option disponible afin de rester dans l'euro est de se retourner contre sa propre population, en détruisant l’État social et en s'attaquant à des millions de travailleurs, ce que l'on connaît comme une dévaluation interne.
Les attaques contre les mineurs Espagnols et les métallurgistes Grecs ne sont qu'une partie infime de la guerre économique qui a été déclenchée sur demande d'institutions européennes non-élues et très largement méconnues.
Partisans de l'UE, les Conservateurs et les Démocrates soutiennent l'austérité à perpétuité de l'UE à la fois ici et dans toute la zone euro. Tout en étant en dehors de la zone euro, la classe dirigeante Britannique soutient tous les efforts pour maintenir l'euro en vie.
Le gouvernement offre même de nouveaux prêts et de nouvelles garanties de plusieurs milliards de livre tout en prétendant que sa priorité est de réduire la dette.
Cameron n'a pas – comme il l'a affirmé – mis son « veto » au pacte fiscal, connu comme le traité d'austérité à perpétuité, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2013. Le Grande-Bretagne ne l'a tout simplement pas signé – ce n'est pas un « veto ».
Au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro, le pacte exige que les budgets soient équilibrés ou à l'équilibre et que la Cour européenne de justice (CEJ) puisse imposer des amendes allant jusqu'à 0,1% du PIB, si cela n'est pas effectif un an après la ratification.
Désormais, la commission tente de passer en force avec un traité sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), avec le moins de débat possible, et presse les gouvernements nationaux à le ratifier aussi vite que possible, sans passer par des référendums.
Le MES est nécessaire car les mécanismes de sauvetage précédents, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF), n'avaient aucun fondement juridique dans les traités européens ratifiés jusqu'alors.
Le Traité de Lisbonne affirme même clairement qu'il ne peut y avoir de plan de sauvetage de quelque État que ce soit parmi les 17 que compte la zone euro.
Le MES proposé est une solution fondamentalement non-démocratique au dilemme légal actuel, et destiné à financer ce qui est en réalité une caisse noire.
Il serait basé à Luxembourg, avec un conseil d'administration nommé par les 17 Etats-membres de l'euro et opérerait en marge de l'UE.
Cette approche de plus en plus anarchique, et même hystérique, révèle à quel point le projet de la zone euro est bancal. C'est parce que la monnaie unique est un projet fondamentalement politique, non économique. C'est un moyen en vue d'une fin. La fin étant un contrôle total des mécanismes d'ajustement structurel à l'échelle européenne, où toute activité humaine serait transférée du domaine public au secteur privé, au capitalisme monopoliste.
Avec ce projet, si une crise se produit sur le parcours, on peut la retourner à son avantage – avec plus de centralisation européenne et la remise en cause des pouvoirs démocratiques des Etats-membres.
Il est clair que nous traversons la pire crise capitaliste depuis une génération, donc les enjeux ne peuvent qu'être très élevés.
La direction actuelle du Parti travailliste pourrait affirmer que le soutien du gouvernement au projet de la zone euro est une erreur et que l'euro est mort.
Hélas, elle ne fera pas car le Parti travailliste est pieds et poings liés avec le projet de l'Euro même s'ils adopteront sans doute une ligne plus critique envers l'UE lors de la prochaine élection.
Ce qui est triste, c'est qu'une bonne partie de la gauche a soutenu la monnaie unique ou est restée muette à cause des promesses foireuses de « modèle social européen » dues au président de la Commission européenne Jacques Delors en 1988, qui nous mènerait au socialisme par la bande.
Des partisans grassement payés de la monnaie unique, comme Lord Monks, continuent même à lancer des appels pour l'entrée de la Grande-Bretagne dans l'euro moribond – même si comme il l'admet ses avis « peuvent sembler très excentriques ».
L'extrême-gauche a aussi soutenu dans une large mesure l'UE, essentiellement par une incompréhension totale de l'internationalisme comme de conceptions économiques de base.
Aujourd'hui, il est évident que la disparition de la monnaie unique serait dans les intérêts de tout le monde.
Injecter toujours plus d'argent dans une monnaie moribonde, mal-aimée ne serait que prolonger l'agonie pour tout le monde.
Mais nous ne devons pas oublier comment les dirigeants syndicaux et les leaders travaillistes ont vendu le projet européen à la classe ouvrière, sur la base des promesses malhonnêtes du type de celle de Delors.
Qu'ils aient été naïfs ou cyniques, ils nous l'ont vendu en en appelant à la foi de la population plutôt qu'aux faits – c'est impardonnable.
Brian Denny, syndicaliste cheminot britannique (RMT) et militant de la campagne « No2EU/Non à l'union européenne »
Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
mercredi 22 août 2012
L’inflation dans la zone euro est contenue par la stagnation
Une subite hausse des prix de l’essence en Allemagne a suscité des suppositions que cela pouvait indiquer un développement de l’inflation en RFA. Notre observateur a demandé à des experts d’expliquer où en sont les choses avec l’inflation à la consommation en Allemagne, mais aussi dans le reste de la zone euro.
Il s’est avéré que les Européens ne devaient pas craindre une inflation considérable dans un avenir immédiat, étant donné qu’elle-même était devenue victime d’un phénomène autrement plus dangereux.
Le week-end dernier les stations de service allemandes ont battu le record d’avril – le litre de l’essence de la marque « Super » dépassaient à certaines d’entre elles 1,70 euros. Le club automobile fédéral (ADAC) attribue en partie cette hausse injustifiée des prix du carburant à des compagnies pétrolières, ainsi qu’à la montée générale des prix du pétrole et aux fluctuations du cours de change euro/dollar.
Le chef du département des experts du Groupe financier BKS Dmitri Chichov rappelle que le taux maximal d’inflation dans la zone euro était de 3 % à la fin de 2011, et se maintient actuellement au niveau de 2,4 %. Voici comment il l’explique dans une interview à La Voix de la Russie :
« Sur fond de crise économique on constate une stagnation de la demande dans la zone euro. Même la planche à billets actionnée par la Banque Centrale Européenne (BCE) n’influe pas trop sur le taux d’inflation. Nous n’attendons pas un fort développement de l’inflation, étant donné que chaque jour la situation économique dégrade dans la zone euro. En conséquence, l’inertie de la demande dans les pays à problèmes va exercer d’une façon ou d’une autre une pression sur la consommation. Dans ce cas je vois l’inflation dans la zone euro à un certain niveau d’équilibre, qui reflète en principe un état de choses réel. Cela veut dire que sans être bonne, la situation n’est pas en somme si mauvaise, ce qui permet de la maintenir à un niveau acceptable ».
Il est vrai que ce taux stable d’inflation met une nouvelle fois en relief que les activités des régulateurs européens, dont la BCE, n’ont aucun effet positif, remarque M. Chichov.
Un autre expert, en charge de l’analyse stratégique à la compagnie de consultation FBK Igor Nikolaïev admet qu’en espace de l’automne l’inflation en Europe pourrait dépasser ses significations actuelles pour atteindre 3 %. Voici ce qu’il a dit à notre correspondant.
« Il n’y a à présent qu’un seul facteur qui joue en faveur de l’inflation – c’est l’enchérissement des denrées alimentaires, dû aux conditions défavorables pour l’agriculture. Les Etats-Unis n’étaient pas les seuls à être frappés par la sècheresse - nous voyons une canicule anomale en Europe méridionale. Mais d’autre part, il y a un facteur qui agit et s’accentue, en diminuant au contraire le taux d’inflation. C’est la baisse de la demande à la consommation. L’économie fait plus que stagner, elle est en fait entrée en récession, et dans des économies évoluées cela va toujours de pair avec un ralentissement de l’inflation. La consommation chute, et pour écouler ne serait-ce que quelque chose, les fabricants et les vendeurs sont obligés de réduire les prix sur le marché concurrentiel ».
On obtient qu’il est tôt pour les Européens de se réjouir - un mal cède la place à un autre. Une baisse de la production conduit inévitablement à une réduction des rémunérations – et avec un taux bas d’inflation il peut s’avérer qu’on n’aura pas suffisamment d’argent pour faire du shopping.
Nikita Sorokine
lundi 13 août 2012
Des marchés qui prêtent à des taux d’intérêt négatifs : pour quel profit ?
C’est à n’y plus rien comprendre : alors que l’Italie et l’Espagne empruntent à des taux de plus en plus élevés voilà que l’Allemagne et d’autres pays ont pu emprunter à des taux négatifs !
Oui il n’ y a pas erreur, L’Allemagne – et même la France – ont pu emprunter à des taux négatifs. Et ce n’est pas la Banque Centrale qui prête mais bien les marchés financiers. Ces marchés responsables des crises de tout genre (crise bancaire, immobilière, financière, économique) ont, il y a quelques jours, prêté des milliards pour une période allant jusqu’à deux années. Tout cela ne semble absolument pas rationnel car mettre à disposition du capital – prêter, donc –, c’est attendre en retour une rémunération ; c’est-à-dire des intérêts en fonction d’un prix que l’on appelle, justement, le taux d’intérêt. C’est que l’on nomme en économie « le revenu de la renonciation à la liquidité » (c’est-à-dire à la monnaie).
Nous savons que les acteurs économiques ne sont pas des philanthropes. Ils sont rationnels et, en sus, ils recherchent le plus grand profit possible ; la dimension morale a peu de place ici. Quel intérêt (et l’expression prend là tous son sens) les marchés auraient-il à prêter pour, au bout du compte, être remboursés d’un montant inférieur à celui accordé au départ ? Quel bénéfice y a-t-il à rémunérer l’emprunteur au lieu du prêteur ? Aucun a priori.
Connaissant l’avidité des marchés et leur volonté d’anticipation pour remporter la mise en faisant des paris risqués, on peut avancer le raisonnement suivant : et si ces investisseurs institutionnels faisaient le pari de la fin de l’Euro ? Car la disparition de l’Euro ne signifie pas la fin d’une créance et celle-ci peut prendre une valeur plus importante si elle est libellée dans une monnaie forte comme le Deutsch Mark.
L’Euro est une monnaie dont la valeur, à l’origine, repose sur la valeur pondérée des monnaies de l’union européenne. Pour faire simple, c’est un “panier” de monnaies nationales. Par conséquent, le retour aux monnaies nationales verrait le retour de certaines devises avec une valeur supérieure à l’Euro, tandis que d’autres auraient, elles, une valeur inférieure. D’où l’on comprend que, acheter de la dette allemande, c’est à coup sûr bénéficier d’une plus-value sur cette créance. Cette nouvelle créance ne sera plus libellée en Euro mais en Deutsch Mark.
Ce qui importe ici ce n’est pas la monnaie (dont on anticipe la disparition), mais bien le débiteur et sa solvabilité.
En conclusion, la possibilité d’emprunter à des taux d’intérêt négatifs ne doit pas être interprétée comme une sortie de crise de l’Euro mais… comme son approfondissement !
Djilali
dimanche 12 août 2012
L’euro aura bien joué son rôle, pour la régression sociale!
La spirale infernale de l'austérité, de la pauvreté et de la faillite se met doucement en place, dans cette Europe dite développée socialement. On va dans le mur, à vitesse constante, sans freins, et en klaxonnant, comme si on avait gagné avec les plans d'austérité.
Les plus fragiles sont touchés, en premier : Grèce, Portugal, Espagne, Italie, Irlande, Chypre... Ils n'ont aucune chance de rembourser leur dette. Puis, viendront la France, l'Allemagne, très dépendantes de ces pays, pour leurs exportations…
L'Euro et la crise sont une construction machiavélique des financiers et des gouvernements néolibéraux, pour "la revanche sociale" et la captation de l'argent des peuples. Par la dérégulation et la mondialisation, délocaliser, chez les pauvres, pour faire augmenter chômage et pauvreté chez nous. Puis, baisser l'impôt des riches, pour organiser des déficits, emprunter, pour augmenter la dette et les intérêts qui seront payés par l'augmentation de la fiscalité sur les populations, puis, la baisse des revenus et de la protection sociale.
Mais cette austérité appauvrit le peuple. Il y aura moins de rentrées fiscales (impôts, TVA…), car il consomme moins. Et c'est ainsi que les plans d'austérité provoquent l'inverse de l'effet recherché : le déficit se creuse, la dette augmente et les intérêts gonflent encore ( 52 Milliards cette année pour la France, pour 1.800 Milliards de dette ! ). Il faut donc encore plus d'austérité et vendre les "bijoux de famille" (privatisations), pour plus de pauvreté …et peut être mourir guéri. Les peuples grecs et espagnols sont, actuellement, dans cette tourmente.
Et comme l'Euro interdit à chaque gouvernement de financer ses déficits, par sa banque centrale, ou de dévaluer, pour redevenir compétitif à l'export, dette et récession agissent comme un garrot qui étrangle, petit à petit, le pays et son peuple.
L'Euro, monnaie forte, faite pour l'économie allemande, mais aussi, pour les rentiers, financiers et spéculateurs, a, progressivement, tué la croissance et l'économie de l'Europe développée, grâce à la mondialisation et aux paradis fiscaux. La monnaie unique aura épuisé et appauvri ses peuples, au grand bénéfice des financiers et des multinationales, qui eux, commencent à quitter le navire Euro, avant sa mort programmée, suite à une lente agonie.
La torture économique imposée par l'Euro et la mondialisation auront eu le résultat espéré, par 30 ans de vague néolibérale : arrêter tout développement social et humain, dans le monde, et provoquer une récession sociale de grande ampleur, dans sa partie la plus développée, l'Europe de l'Ouest.
Pour le moment, les privilégiés de la planète ont gagné. Grâce à la dérégulation de l'économie, aux délocalisations et à une mondialisation néocolonialiste et néo-esclavagiste, qui interdit tout développement social, dans les pays pauvres, l'internationale des spéculateurs et des multinationales a réussi à capter tous les bénéfices du travail humain, ne laissant aux populations que les miettes nécessaires, pour consommer les produits à grand profit, fabriqués par les pauvres.
On sait que l'humanité avance, très lentement, vers la liberté et le progrès social, de trois pas en avant, suivis de deux en arrière. Et que dans les phases de recul, comme en Europe, depuis les années 80, les révoltes populaires généreuses et désordonnées ne suffisent pas à rétablir cette marche en avant de l'homme, si elles ne sont pas porteuses d'un projet démocratique, réellement, alternatif et cohérent, c'est-à-dire, progressiste et humaniste.
"Los indignados" et les mouvements altermondialistes nous en apportent la preuve. Et en France, l'arrivée de la Gauche au pouvoir n'est qu'une alternance néolibérale de plus, pour une austérité "partagée" …,avant que les riches ne fuient.
En tous cas, dans le grand casino mondial de la manipulation monétaire, l'Euro aura bien joué son rôle : casser le développement social et humain de l'Europe de l'Ouest, sans avoir recours à la guerre.
mercredi 8 août 2012
Le défaut de paiement peut sauver la Grèce, mais perdre la zone euro
Les pronostics sur l'échec attendu de la zone euro sont liés directement au défaut de paiement possible de la Grèce. S’il y a un défaut de paiement ce sera un échec. Mais le monde a connu bien des fois des dettes souveraines. Les économistes trouvent que la faillite est un facteur inaliénable de l'économie de marché, douloureux certes, mais un outil efficace de l'élimination des disproportions. Pourquoi le défaut de paiement hypothétique de la Grèce fait-il si peur aux fonctionnaires européens?
La plupart des États européens ont annoncé au moins une fois le défaut de paiement. On peut considérer comme champions l'Espagne et la France, la première a connu 14 défauts de paiement, la deuxième huit.
Du point de vue de l'économie de marché, les défauts de paiement arrivant périodiquement c’est une norme : pour la Grèce, cela pourrait devenir un médicament amer, mais utile, croit le directeur du fonds « Centre du développement du marché de fonds » Youri Danilov :
" C'est une situation normale pour l'économie de marché, elle arrive constamment. Le défaut de paiement, comme n'importe quelle crise, exerce une influence positive sur l'économie capitaliste, en éliminant une certaine disproportion structurale. Nous avons affaire à tout un ensemble de disproportions structurales, qui seront liquidés douloureusement par le défaut de paiement de la Grèce ".
Mais, comme le note le directeur de l'Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux Boris Kagarlitsky, ce qui est bon pour les Grecs, est mauvais pour leurs créanciers :
" Le défaut de paiement signifie que le préjudice sera porté non par le pays, mais par ses créanciers. Tout le problème est de ne pas permettre à la Grèce des actions, capables de la sauver des créanciers. Ne pas admettre le défaut de paiement, comme l’unique moyen du sauvetage dans le cas présent ".
L'Allemagne, le principal créancier grec, veut laisser le pays dans la zone de euro et lui faire éviter la faillite, ayant minimisé les frais liés à cela. Mais la perspective du défaut de paiement grec ne fait pas peur seulement aux Allemands. Même ceux à qui les Grecs ne doivent rien sont inquiets. Pourquoi ? La réponse est simple : le défaut de paiement de la Grèce deviendra le premier cas dans l'histoire, quand un pays en faillite se sert non de sa propre monnaie, mais de celle de toute une grande région, explique Youri Danilov :
" Ce sont là les particularités, tous les points négatifs de la situation. C'est pourquoi le défaut de paiement potentiel attire tant l’attention des investisseurs. Ce seront des pertes pour tous les membres de l'union monétaire, pour l'économie régionale tout entière ".
La sortie du pays de la zone euro deviendra une des conséquences inévitables de la faillite d'Athènes. Pour surmonter la crise, la Grèce devrait dévaloriser sa devise nationale. Mais ce truc ne passera pas avec l’euro et cela signifie qu’il faudra réintroduire sa propre monnaie. Les eurosceptiques craignent que l'exemple de la Grèce ne devienne le premier ruisseau qui amènera à la rupture de la digue. En effet, il y a déjà trop de débiteurs dans la zone euro.
Vlad Grinkevitch
vendredi 3 août 2012
Un euro inutile, mais irremplaçable
Les experts promettent à nouveau une fin proche de la monnaie unique.
L’économiste américain Nouriel Roubini, qui a prédit la crise de 2008, vient d’affirmer que la zone euro n’existera pas plus de six mois, et ensuite elle risque de s’effondrer complètement ou en partie.
Ce n’est pas la première fois que les spécialistes enterrent la zone euro et la monnaie unique, tandis que d’autres sont persuadés que la monnaie européenne ne pourra pas disparaître. Elle est devenue une alternative au dollar américain, dont les marchés ne peuvent pas se passer.
Les eurosceptiques ont fait part dès le début de leur pessimisme concernant le projet de la zone économique et monétaire commune. Selon eux, il s’agit plus d’une décision plutôt politique, et non pas économique. Pour le directeur du département analytique de la société d'audit FBK Igor Nikolaïev, l'introduction de l'euro n'a pas donné de nouvel élan au développement de l’économie de la région, comme cela était précu.
« La zone euro a été créée avant tout pour des raisons politiques. Nous avons suivi la dynamique, année par année, des exportations, des importations et du PIB des pays européens en 8-10 années avant et après la création de la zone euro. Il s’avère que la création de l’espace monétaire commun n’a aucun effet significatif sur les importations et les exportations. Il y a une baisse générale de tous les indicateurs ».
Lorsque l'euro était créé, peu nombreux étaient ceux qui y voyaient un contrepoids au dollar. La monnaie était plutôt perçue comme une tentative d’Allemagne de renforcer le contrôle sur les marchés de l'Union européenne. Par ailleurs, l’Allemagne, locomotive de l’économie européenne, devait répondre à la croissance rapide des économies de l’Asie et de l’Amérique latine.
« L’association des pays européens était nécessaire pour faire face à la croissance phénoménale des économies de l’Asie », explique l’experte en macroéconomie Elena Matrossova. « Malgré leur ampleur, les Allemands ont de plus en plus de mal à entrer en compétition avec les pays émergents, comme le Brésil, ou la Chine. L'unification de l'Europe – c’est un projet allemand. Et naturellement, l’Europe unie devrait avoir une monnaie unique ».
Cependant, les pays périphériques de l’Union européenne se sont retrouvés dans un piège économique à cause de ce projet. C’est l’euro, dont les cours se sont envolés, qui les a empêchés d’entrer en concurrence avec la Chine et l'Inde. Et ils ont du mal à entrer en compétition avec l’Allemagne à cause d’une différence dans les potentiels industriels. Le directeur de l’Institut de la globalisation et des mouvements sociaux Boris Kagarlitski estime que la désindustrialisation du Vieux Monde est la raison principale de la création de la zone euro.
Les partisans de l’Europe unie rappellent que l’euro est devenu le catalyseur au développement du commerce dans l'espace économique unique. La monnaie unique a permis de résoudre le problème de l’inflation en Grèce et en Italie. Les deux pays n’arrivaient pas à vaincre ce fléau depuis de nombreuses années. L’intégration à la monnaie unique avait aussi un coût, mais selon les experts, ce coût n’est pas associé au processus d'intégration, et les échecs de certains gouvernements. Enfin, la réalisation principale et indéniable de l'euro – c’est le fait qu’il s’agit d’une nouvelle monnaie de réserve, le seul concurrent réel au dollar dans l'économie mondiale. Mikhaïl Khazine, le président du cabinet de conseil « Neokon » est persuadé que les Etats-Unis déploient des efforts considérables pour affaiblir ce concurrent redoutable.
« Pour cette raison, les États-Unis tentent désespérément de forcer l'Allemagne à payer pour tout le monde. Pour que toutes les économies européennes soient faibles. L’objectif stratégique de l'Allemagne pourrait être le suivant : l’Allemagne ne paie pour rien, et ceux qui le veulent, viennent à Berlin, et reçoivent une aide directe pour conditions difficiles à réaliser ».
Nombreux sont les experts qui estiment que le retour des membres de la zone euro à leurs monnaies historiques sera la meilleure issue au drame européen. Le problème, c’est que le divorce « à l’amiable » n’est pas possible.
En se séparant, les pays devront détruire les liens économiques, qui se sont créés en 15 ans. Il s’agit des obligations en euros, des actions de sociétés européennes, et des transactions financières entre les pays. Il faudra du temps et beaucoup d’argent pour transformer tout cela en monnaies locales. Selon Mikhaïl Khazine, seule la monnaie allemande pourrait jouer ce rôle, et elle deviendra un analogue à l’euro.
En se séparant, les pays devront détruire les liens économiques, qui se sont créés en 15 ans. Il s’agit des obligations en euros, des actions de sociétés européennes, et des transactions financières entre les pays. Il faudra du temps et beaucoup d’argent pour transformer tout cela en monnaies locales. Selon Mikhaïl Khazine, seule la monnaie allemande pourrait jouer ce rôle, et elle deviendra un analogue à l’euro.
Un autre point important: la notion de «l'effondrement de la zone euro » est interprétée de manière trop large. Pour que la zone monétaire européenne cesse d’exister, il faut que les principales économies de la zone, la France et l’Allemagne, sortent de cet espace économique. On parle déjà de la sortie de plusieurs pays à problèmes. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour enterrer la monnaie européenne.
Vlad Grinkevitch
jeudi 2 août 2012
Effets de la crise de la zone euro sur la croissance économique mondiale
Le Président français, François Hollande, et le Président américain, Barack Obama, ont estimé, mercredi, lors d'une conversation téléphonique, que la stabilité de la zone euro était nécessaire à la reprise de la croissance mondiale, apprend-on, dans un communiqué de l'Elysée.
«Ils ont eu un échange approfondi, sur la situation économique internationale, et ont exprimé leur intérêt commun à la croissance, en Europe, et à la stabilité de la zone euro, nécessaires à la reprise de l'activité économique mondiale», peut-on lire dans ce texte. «Le chef de l'Etat a insisté sur la volonté de la France de mettre en œuvre, avec ses partenaires de l'Union européenne, les décisions prises par le Conseil européen des 28 et 29 juin derniers. Les dispositifs et instruments prévus, à cette occasion, doivent pouvoir être utilisés, dans les meilleurs délais», ajoute le communiqué. Par ailleurs, le Président de la Banque centrale des États-Unis (Fed), Ben Bernanke, a reconnu que la croissance économique des États-Unis s’était encore affaiblie et que les perspectives d’amélioration n’étaient prévisibles, jusqu’à la fin 2014. Dans un communiqué, Bernanke a ajouté qu’un comité suivait de près les informations économiques et financières, pour les analyser et proposer des solutions.
mardi 31 juillet 2012
Le dollar ou l’euro : qui va l’emporter ?
L’une des principales intrigues de la crise économique qui mûrit est de savoir si les Etats-Unis savent rester première économie du monde, et si le dollar américain garde son statut de l’unique monnaie de réserve.
Une partie d’experts prédisent un affaiblissement du dollar et son remplacement par plusieurs monnaies régionales. D’autres sont persuadés que l’économie globale ne pourra pas se passer d’une monnaie de base.
Les analystes financiers sont unanimes à considérer que si le dollar US doit perdre l’importance qu’il a, ce ne sera pour demain. Ce processus ne sera pas révolutionnaire, mais évolutif et prendra des décennies.
« L’ère du dollar US » a commencé en 1944. En Europe la guerre faisait rage, lorsque les hommes politiques et les financiers de plus de quarante pays se sont réunis dans la petite ville américaine de Bretton Woods afin de déterminer pour des décennies le système financier mondial. C’était une conférence de l’ONU, qui a installé confortablement les Etats-Unis avec le statut particulier du dollar.
Les Américains et leurs alliés britanniques ont su persuader leurs collègues que seule une monnaie « principale », rattachée fermement à l’or, serait capable de garantir la stabilité de l’économie d’après-guerre. D’ailleurs, il n’y avait pas à l’époque d’autre monnaie capable de prétendre à ce rôle. Voici ce que dit l’économiste connu Mikhaïl Khazine :
« Au début des années 40 du siècle dernier l’économie des Etats-Unis d’Amérique représentait près de 50 % de celle du monde, pour la production et pour la consommation. Dans ce sens, le rôle du dollar US était parfaitement naturel ».
Ce statut spécial du dollar aidait durant de longues années les autorités nord-américaines à accumuler la part du lion des revenus mondiales, en s’en servant pour développer leur économie nationale. Or la situation a changé. Depuis longtemps le dollar n’est plus rattaché à l’étalon or, les centres de production mondiale se déplacent de l’Ouest à l’Est, la part des Etats-Unis dans l’économie mondiale chute. Dans ce contexte, l’influence disproportionnée du dollar US devient un facteur supplémentaire de crise. Kiril Trémassov, chef du département analytique de NOMOS-BANQUE explique :
« Il y a encore dix ans les positions du dollar en tant que monnaie de réserve étaient incontestables. En ces dix ans la portée du dollar dans le commerce et l’économie du monde a sensiblement diminué, l’importance de l’euro a considérablement augmenté. Le rôle du yuan a grandi. Ces processus vont se poursuivre ».
Le monde avait déjà vu quelque chose de semblable. Durant deux siècles la livre sterling anglaise assumait de facto le rôle de monnaie de réserve mondiale. Mais au milieu des années 40 du siècle passé la « reine des mers et des océans » décrépite a cédé sans résistance aux Etats-Unis et à leur « tout-terrain vert ». Et pourtant il ne faut pas s’attendre à un déclin rapide du dollar.
Les experts sont partagés sur l’avenir de la monnaie de réserve mondiale. Mikhaïl Khazine prédit la formation de plusieurs zones monétaires, par exemple, de la zone du dollar, du yuan, de l’euro. L’influence de chaque devise au-delà de sa zone ne sera pas grande. L’experte en macroéconomie Elena Matrossova, elle, insiste : tant que le monde se globalise, il aura besoin d’une monnaie de base. Le dollar est une monnaie de référence universelle, qu’il n’y pas de sens de changer.
vendredi 27 juillet 2012
Pour George Soros, l'Europe est menacée d'"un désastre aux proportions inimaginables"
Les conseils, pour sauver la zone euro, se multiplient.
Cette fois, c'est un rapport de l'Institute for New Economic Thinking Council on the Euro Zone Crisis (ICEC), qui comprend deux conseillers du gouvernement allemand, et qui est soutenu par le financier milliardaire américain, George Soros, qui s'y colle. Mais, d'abord, l'organisation sonne l'alarme, une fois de plus.
"Nous pensons que l'Europe avance tout droit vers un désastre aux proportions inimaginables. L'impression de crise qui n'en finit pas, avec les dominos tombant les uns après les autres, doit être inversée".
L'ICEC rappelle donc que deux problèmes doivent d'abord être régler : s'occuper des coûts hérités des "défauts originels de la conception même de la zone euro", mais aussi réparer la structure même du bloc.
Les dix-sept économistes qui ont signé le rapport appellent donc, comme beaucoup d'autres, à une mutualisation partielle de la dette, mais aussi à la création d'une sorte de gardien financier supranational qui pourrait donc passer outre les décisions des Etats.
Autres idées : que la Banque centrale européenne ne soit qu'un dernier recours pour les états qui font des demandes de prêts. Selon ce groupe d'économistes, le mécanisme européen de stabilité (MES) doit en effet jouer ce rôle, et non la BCE. Le dispositif de gestion des crises financières de la zone euro devrait donc avoir une licence bancaire conséquente, ce que refuse la BCE.
L'ICEC rappelle par ailleurs que les pays endettés et les autres doivent trouver au plus vite une solution, adopter un plan qui conviendra aussi bien aux marchés qu'aux populations. Pour cela, les états devraient se rappeler qu'il est de l'intérêt de tous de résoudre la crise. Selon eux, en l'absence d'un effort de tous les Etats européens, la zone euro se désintégrera rapidement. "Résoudre la crise actuelle, c'est du gagnant-gagnant pour les pays créditeurs et les pays en dettes. Mais le manque de confiance entre créditeurs et débiteurs entravent les pays européens qui n'arrivent pas à trouver des solutions qui bénéficieront à tout le monde".
Les économistes de l'ICEC estiment, en effet, que les décisions prises au sommet fin juin ne vont pas assez loin du tout, et recommandent donc de toute urgence des mesures à court-terme, notamment un soutien accru de la demande dans la zone euro par les pays qui connaissent un surplus fiscal. S'ils réclament des solutions à court-terme, les 17 économistes européens de premier plan n'oublient pas qu'il est impossible de s'attaquer aux problèmes traditionnels sans l'engagement véritable visant à repenser le système à long terme.
Des solutions déjà proposées par d'autres économistes, qui se heurtent toutefois toujours au gouvernement allemand, qui a pourtant beaucoup à perdre de cette crise.
Des instituts d'économie allemands estiment toutefois que si la Grèce quittait la zone euro, l'Allemagne devrait essuyer une perte de près de 82 milliards d'euros, 7 milliards de moins que si la Grèce restait au sein de cette zone économique, un scénario de moins en moins probable.
Les économistes de la banque américaine Citi ont, en effet, déclaré, ce jeudi, que la sortie de la Grèce de la zone euro aurait, désormais, 90% de chances d'arriver.
mercredi 11 juillet 2012
FESF: la Finlande bloque l'aide financière aux banques espagnoles
Le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos a déclaré mardi que la Finlande bloquait l'accord d'aide financière allant jusqu'à 100 milliards d'euros aux banques ibériques, en situation difficile en raison de la crise financière qui secoue le pays.
"L'accord est pratiquement prêt, mais la Finlande le bloque, en réclamant à l'Espagne des garanties en échange de l'octroi d'un prêt", a dit le ministre lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
Auparavant, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a annoncé que l'Espagne recevrait fin juillet un premier versement de 30 milliards d'euros pour recapitaliser ses banques.
Quoi qu'il en soit, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ne peut débloquer l'argent pour l'Espagne que si cette décision est adoptée à l'unanimité. La Finlande a toutefois déclaré plus d'une fois qu'elle refusait de payer les dettes des autres pays de la zone euro. Bien que les cotisations finlandaises ne dépassent pas 2% du FESF, ce pays nordique formule les mêmes revendications à l'égard de la Grèce.
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