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jeudi 25 avril 2013

Plus de six millions de chômeurs en Espagne, nouveau seuil historique de 27,16%


MADRID (Espagne) - Le chômage en Espagne a encore progressé au premier trimestre 2013, atteignant le nouveau seuil historique de 27,16% avec plus de six millions de sans-emploi, alors que le pays reste plongé dans la récession.

A la fin mars, l'Espagne, quatrième économie de la zone euro soumise à un effort de rigueur sans précédent, comptait 6.202.700 chômeurs, soit 237.400 personnes de plus qu'au trimestre précédent, selon les chiffres publiés jeudi par l'Institut national de la statistique.

mardi 13 novembre 2012

L'Espagne en train de se transformer en un pays du Tiers monde (médias)

Le fait que les Espagnols aient vécu dans la prospérité au cours des 40-50 dernières années – est une exception à la règle, écrit dans les pages du quotidien El Pais le journaliste Ramon Munoz. Cet extrait fait partie de son livre España, destino tercer mundo (Espagne : destination - Tiers-monde). C’est une opinion pessimiste, mais assez lucide sur l’état des choses, estime la rédaction du journal.

En analysant la crise, la plupart des experts commettent une double erreur, précise Munoz. Ils croient en l'irréversibilité du progrès et considèrent que la nouvelle crise se terminera par une période de croissance. C’est une erreur car la crise en Espagne est liée à l’absence d’unités de production dans le pays. Tout ce que consomment les Espagnols vient de Chine, d'Inde, ou d'Egypte.

S'appuyant sur la force de l’euro, les Espagnols voyagent à l’étranger, achètent des smartphones, et des voitures 4x4. Et il s’est avéré que l'Espagne s’est transformée en un pays de chômeurs avec des revenus misérables, un système de santé appauvri et un système éducatif déficient. Les générations suivantes vont émigrer, et non pas voyager, conclut l’auteur. /L


mardi 4 septembre 2012

La résistance se forme en Espagne!



Tous les acquis sociaux sont menacés en Espagne...

Après les réductions des salaires des fonctionnaires, après la réduction drastique des subventions versées pour la préservation des mines, après de nombreuses autres attaques, le gouvernement s'en prend au système de santé des sans papier.Avant le décret scélérat qui s'applique à partir du 1er septembre 2012, le système de santé espagnol était l'un des plus solidaires de l'Europe !« Lorsque l’on vit en Espagne, la santépublique est gratuite, que l’on soit travailleur ou chomeur. On ne paye rien*, qu'il s'agisse d'une consultation pour une otite ou un accouchement à l'hôpital. »
Tout ceci est du passé....

Les sans papier sont exclus de ce système ;Voici les enjeux de ce retour en arrière, expliqué par les résistants en colère :
« Le plus grave dans cette réforme du système de santé, c’est précisément qu’elle passe d’un système universel de droits des personnes, basé sur des valeurs comme la solidarité sociale (« Je peux rester au chômage », « Je peux tomber malade alors que je suis au chômage », « Aujourd’hui pour toi, demain pour moi ») et de justice sociale (« Toute personne a le droit à l’éducation et à la santé », « Garantir des droits à tous est le meilleur moyen pour créer une société meilleure ») à un soi-disant système dans lequel chacun reçoit ce qu’il paie, et doit justifier de sa qualité d’« asssuré(e) », qu’il possède une assurance qui le couvre face à la possibilité de tomber malade ou de recourir à des soins de santé. Le recul des droits des citoyens est manifeste, sans pour autant permettre de réaliser d’économies significatives.

Alors qu'un décret va limiter l'accès gratuit au système de santé publique pour les immigrés en situation irrégulière, ces objecteurs de conscience s'engagent.  »

Face à ce recul social sans précédent, des professionnels de santé ont décidé de signer et de diffuser une plateforme de désobéissance citoyenne. Plus de 1000 professionnels de santé continueront à soigner sans faire de distinction en fonction des origines nationales des patients. Des régions comme le Pays Basque et l'Andalousie entrent en résistance en refusant de faire appliquer la réforme de santé.... Pour le gouvernement central espagnol, la désobéissance des personnels de santé est illégale... Il s'apprête à poursuivre en justice les défenseurs de la santé gratuite. Qui gagnera le bras de fer ? Ce gouvernement qui obéit aux diktats de l'Union européenne imposant la réduction des déficits publics ou celles et ceux qui ne veulent pas que leur pays fasse un bond en arrière ?

Cette décision gouvernementale espagnole est inique et dangereuse car comme l'expliquent des résistants : la fin de la santé publique gratuite c'est le risque de voir revenir des épidémies qui ne font pas de différences entre les sans papier et les nationaux !

Jean-François Chalot

samedi 25 août 2012

Le royaume d’Espagne saigne sa population, pour sauver ses banques privées!



Le sauvetage de BFA-Bankia, via la nationalisation de ses pertes et actifs toxiques, suivie d’une demande d’aide publique historique de 19 milliards d’euros (23,5 milliards en tout avec les aides déjà reçues), a précipité l’Espagne dans une hystérie politique rythmée par un pouls sous l’hypertension financière des échéances fixées par les créanciers. L’annonce- le 9 juin 2012- par le gouvernement Rajoy – qui s’y était pourtant refusé – d’un plan de sauvetage pouvant atteindre 100 milliards d’euros (environ 10% du PIB) destiné à assainir l’ensemble du secteur financier espagnol met les marchés et les institutions financières internationales sous tension. Les réunions de l’euro groupe, du G-20 ou les visioconférences se succèdent depuis Rome, Washington, Paris ou Bruxelles sans pour autant calmer la fureur des spéculateurs qui se déchaînent sur le marché de la dette. Pendant ce temps, la population pâtit de nouvelles mesures antisociales la plongeant dans une précarité d’une sévérité toujours plus extrême.

Bankia se crée sur la montagne d’actifs immobiliers des caisses d’épargne

Au cœur de cette crise, BFA-Bankia, quatrième banque du pays en termes de capitalisation boursière avec ses plus de 10 millions de clients et ses quelque 380 000 actionnaires. Elle représente 10% du système financier espagnol. Sans doute la plus exposée aux crédits immobiliers à risque, elle est considérée comme une banque ’systémique’ : sa faillite serait susceptible d’entraîner l’ensemble du secteur bancaire à sa perte et, au-delà, l’économie tout entière du pays. Bankia, ou plus exactement BFA-Bankia, né fin 2010, est le fruit d’un savant mélange qui permet d’isoler les actifs immobiliers problématiques des sept caisses d’épargne regroupées au sein de la maison mère BFA (Banco Financiero y de Ahorros). Celle-ci, aidée par l’Etat, opère comme la « bad bank » de Bankia. L’Etat se porte garant de la montagne d’actifs immobiliers douteux au sein de BFA pendant que sa filiale Bankia, débarrassée de ces actifs encombrants, tente d’attirer le capital des petits investisseurs par sa sortie en bourse. L’objectif est clair : transférer les risques, issus de la bulle immobilière, du secteur privé au public. Les contribuables, clients lésés et petits actionnaires fortement incités à le devenir par les recommandations irresponsables de la banque, seront directement touchés ; mais plus largement, la population espagnole dans son ensemble subira une nouvelle fois le fardeau d’une dette privée devenue publique. Il s’agit à nouveau d’une belle opportunité laissée aux banquiers, pourtant responsables d’investissements à haut risque débouchant sur des pertes astronomiques, de sauver leurs mises indécentes. Les gouvernements successifs de Zapatero (PSOE, gauche libérale) puis Rajoy (PP, droite libérale créée par le franquiste Manuel Fraga) choisissent de leur porter secours en les débarrassant du risque insoutenable découlant de la bulle immobilière et en injectant de l’argent ponctionné directement sur le budget de l’Etat, au détriment des secteurs vitaux tels la protection sociale, l’éducation, la santé ou encore la lutte contre les incendies. Puisque l’Etat s’endette pour assainir la banque, les coupes budgétaires qui affectent l’Etat providence sont décrétées incontournables pour combler le déficit occasionné. Voilà le piège de la dette que nous voulons dénoncer.

BFA-Bankia, par ailleurs, critiqué pour avoir d’anciens membres actifs du Parti Populaire dans ses organes de direction |1|, notamment depuis l’ancienne Caja Madrid maintenant engloutie dans BFA, représente un cas d’école qui mêle politiciens et banquiers au service de la finance.

BFA, la bad bank de Bankia

Dans la foulée de l’éclatement de la bulle immobilière, la restructuration du secteur bancaire a fait passer le nombre de caisses d’épargne de 45 à une quinzaine début 2011. En conséquence, outre des fermetures de succursales et des licenciements, le capital s’est concentré entre les mains d’énormes entités se voulant «too big to fail» («trop grandes pour tomber»). Seules deux petites caisses échappent à la fusion : Caixa Ontinyent et Caixa Pollença.

BFA (Banco Financiero y de Ahorros) naît le 3 décembre 2010 et commence à opérer en janvier 2011. Cette nouvelle entité est le fruit de la fusion de sept caisses d’épargne régionales minées par une bulle immobilière qui n’en finit pas de dévoiler la profondeur de la crise : il s’agit de Caja Madrid et Bancaja qui détiennent la majorité de l’actionnariat (pour 52,06% et 37,70% respectivement), auxquelles se sont jointes La Caja de Canarias (2,45%), Caja de Ávila (2,33%), Caixa Laietana (2,11%), Caja Segovia (2,01%) et Caja Rioja (1,34%). Au-delà de la Banque d’Espagne et des hauts responsables de Bankia, le gouvernement social-libéral de Zapatero porte la responsabilité d’avoir autorisé et encouragé une telle fusion. Fin 2010, le FROB (Fondo de Reestructuración Ordenaria Bancaria) |2|, le Fonds public espagnol d’aide au secteur, octroie un prêt de 4,4 milliards d’euros (4 465 millions) à BFA, la maison mère de Bankia, et ouvre ainsi la voie à la nationalisation de la banque. Cette opération avait pour objectif d’assainir les comptes des caisses d’épargne regroupées au sein de la nouvelle entité. Cela se révélera insuffisant.

Signalons par ailleurs que BFA détient des participations dans Concesiones Aeroportuarias (7,86%), Deoleo (9,63%), Desarrollos de Palma (10,38%), Ejido Desarrollos Urbanos (7,34%) Grupo Inmobiliario Ferrocarril (10,17%), Haciendas Marqués de la Concordia (8,47%), IAG (12%) Mercavalor, Sociedad de Valores y Bolsa (10,48%), NH Hoteles (9,22%), Numzaan (7,41%), Mapfre (15%) et Iberdrola (5,27%). |3|

L’exposition des créanciers, principalement dans le secteur bancaire espagnol, accumulaient fin 2011, selon les dires de la Banque d’Espagne, entre 176 et 184 milliards d’euros d’actifs immobiliers problématiques. BFA, qui, à en juger par ses propres comptes, est la plus exposée au secteur immobilier, à hauteur de 37,5 milliards d’euros fin 2011, dont plus de 31 milliards (31 798 millions d’euros) d’actifs immobiliers problématiques (crédits risquant de ne pas être remboursés), clôture sa première année d’exercice avec les plus grosses pertes de l’histoire de la banque espagnole. Après avoir déclaré dégager des bénéfices de 309 millions d’euros en 2011 sous la gestion Rodrigo Rato, BFA a annoncé un solde négatif de 439 millions, avant de finalement reconnaître, une fois l’ex dirigeant du FMI parti, avoir cumulé 3,3 milliards d’euros de pertes en 2011 (3 318 millions). Si l’on ajoute les pertes occasionnées par la dépréciation du titre en bourse, cette somme dépasserait les 7 milliards d’euros (7 263 millions). |4| Le choc est d’autant plus important que Zapatero et la Banque d’Espagne avaient vivement incité de nombreuses entreprises de l’Ibex 35 à acheter ses actions pour près de 3 milliards d’investissement. |5|
Cette gestion désastreuse de la banque n’empêcha pas son président directeur, Rodrigo Rato, d’empocher 2,34 millions d’euros de salaire fixe, ni à Francisco Verdú, son conseiller délégué, d’être rémunéré 1,57 millions, en 2011 |6| (arrivé en cours d’année, il ne percevra pas la totalité de sa rétribution annuelle de 2,26 millions). Jose Luis Olivas, vice-président de Bankia avant de démissionner, et toujours président de Bancaja, a perçu 1,62 millions d’euros en 2011. Enfin, José Manuel Fernández Noriella, qui a remplacé Olivas, a quant à lui touché 725.000 euros, cette même année 2011. Ce ne sont là que les rémunérations fixes, qui ne tiennent donc pas compte d’éventuelles rémunérations variables ou de celles perçues, en tant qu’administrateurs d’autres entreprises.

Des sommes colossales ont donc été distribuées avant que la banque ne demande des fonds publics pour se remettre à flot. En février 2012, une nouvelle loi |7| plafonne les salaires des cadres dirigeants d’entités ayant reçu de l’argent de l’Etat à 600.000 euros de rémunération fixe. Une mesure insuffisante et bien trop tardive si l’on considère que les membres du conseil d’administration de BFA, qui a reçu 4 465 millions d’aides publiques à travers le FROB, se sont réparti, entre janvier et novembre 2011, plus de 9 millions d’euros |8|. Il faut d’urgence privatiser les pertes en faisant payer les responsables qui en ont bien profité et non les socialiser comme le fait le gouvernement ; il est, en effet, plus que temps de replacer le secteur bancaire sous contrôle public sans pour autant que l’Etat ne prenne en charge le coût de l’opération. Ce sont les grands actionnaires qui doivent en assumer les frais et les dirigeants doivent être poursuivis en justice afin de déterminer leurs responsabilités dans la débâcle.

Rodrigo Rato s’offre un parachute doré avant le krach de Bankia

Bankia sort en bourse, le 20 juillet 2011. L’ex-ministre de l’économie et vice-président économique de José María Aznar lorsqu’il œuvrait au gonflement de la bulle immobilière, ancien directeur du FMI et président de Bankia, Rodrigo Rato, sonne alors fièrement la cloche à l’ouverture de la bourse de Madrid pour l’occasion. L’action vaut 3,75 euros et tout va pour le mieux dans le monde de la finance dérégulée qui jouit d’un nouveau produit sur lequel parier. Le 7 mai 2012, l’action s’échange à 2,37 euros (soit un plongeon de 37% en 10 mois) et, comme au FMI, en 2007, Rodrigo Rato présente sa démission avant la fin de son mandat. Il sera remplacé deux jours plus tard (le 9 mai) par José Ignacio Goirigolzarri sur les conseils de Rato lui-même, qui le signale comme «la meilleure personne, en ce moment, pour diriger ce projet». Arturo Fernández, vice-président de la CEOE (équivalent du MEDEF français) et conseiller de Bankia, affirmait alors que «le travail de Rodrigo Rato a été exemplaire» |9|.

Le scandale Goirigolzarri

Avant de reprendre le contrôle de Bankia, José Ignacio Goirigolzarri a, entre autres, occupé le poste de vice-président de Repsol (avril 2002- avril 2003) et Telefónica (avril 2000 - avril 2003) où il siégeait au conseil d’administration jusqu’en 2003, tout en poursuivant sa longue carrière (30 ans) au sein de la deuxième banque espagnole BBVA, où il percevait près de 4,6 millions d’euros par an (salaire fixe et rémunération variable). Il a aussi été conseiller de BBVA-Bancomer (Mexique), Citic Bank (Chine) et de CIFH (Hong Kong) durant cette période. En septembre 2009, en plein débat international sur la limitation des salaires et bonus, il quitte son poste auprès de BBVA avec une retraite anticipée de près de 3 millions d’euros bruts par an. Alors que la crise se répandait violemment en Europe, il encaissait d’un coup 68,7 millions d’euros ! |10| Malgré le scandale occasionné, rien ne change au sein de la banque : deux ans plus tard, en 2011, Francisco González, président de BBVA, et Ángel Cano, conseiller délégué, ont perçu une rémunération totale de 4,9 millions d’euros et 3,6 millions respectivement. Cette année-là, le comité de direction a reçu au total, 9,35 millions d’euros de rémunération fixe et 14,2 millions de rémunération variable. |11|

Nationalisation de la bad bank

A peine aux commandes de Bankia, Goirigolzarri propose la prise de contrôle de BFA par l’Etat. Le gouvernement répond aussitôt qu’il apportera le capital nécessaire à l’assainissement et contrôlera 100% de BFA. Cette entité détenant alors plus de 45% de participation dans Bankia, l’Etat en devient son actionnaire majoritaire et, par la même occasion, entre au capital des sociétés dont BFA est aussi actionnaire.

Ainsi, quelques jours après la démission de Rodrigo Rato, le FROB décide de transformer les 4,4 milliards d’euros injectés fin 2010 sous forme d’actions préférentielles convertibles à 5 ans (« participaciones preferentes convertibles ») en simples actions. En effet, comme nous explique Mikel Barba : «Ces actions préférentielles sont soumises à un intérêt et doivent être rachetées par [BFA] sur une période de cinq ans. Dans le cas où l’entité n’est pas en mesure de rendre l’argent apporté sur cinq ans, les actions préférentielles se transforment en actions, l’Etat devenant alors propriétaire de tout ou partie de la société. (...) Le FROB reconnaît qu’il ne récupérera pas les sommes placées dans BFA sous forme d’actions préférentielles convertibles sous cinq ans, et décide par conséquent de les convertir en capital. De créancier, il devient propriétaire de l’entreprise» .|12|

Le 25 mai, après que l’agence de notation Standard & Poor’s a annoncé la dégradation de la note de Bankia et de quatre autres banques espagnoles au rang d’investissement spéculatif, la cotation des titres de Bankia est suspendue alors que son conseil d’administration tente de déterminer le montant de la nouvelle aide nécessaire. BFA-Bankia, qui avait déjà reçu 4,4 milliards d’argent public du FROB, demande finalement 19 milliards d’euros supplémentaires à l’Etat. Cela marque de fait la plus grande opération de sauvetage du secteur financier de l’histoire espagnole. La nationalisation de la banque au bord de la faillite vient ainsi s’ajouter à la longue liste de celles déjà réalisées depuis le début de la crise, tant en Espagne (Catalunya Caixa, NovaGalicia, Banco de Valencia, sans compter les autres entités ayant perçu des injections d’argent telles Caja Castilla La Mancha, Cajasur, ou la CAM) qu’ailleurs. À titre d’exemple, la franco-belgo- luxembourgeoise Dexia a été sauvée de la faillite à deux reprises et l’opération a déjà coûté 18 milliards d’euros aux contribuables |13|.

Mariano Rajoy a assuré que le sauvetage de Bankia n’aurait ’aucun impact’ sur le déficit public du pays, qu’il s’était engagé à réduire de 8,9 % à 5,3 % du PIB cette année 2012 |14|. Pourtant rien n’est moins sûr et durant les 5 premiers mois de l’année 2012 (janvier à mai), le déficit de l’Etat a déjà atteint 3,4 %, en augmentation de 30,6% par rapport à la même période de l’année antérieure.

Pendant ce temps, la chute du titre Bankia se poursuit. Le 20 juin 2012, le cours s’est effondré à près de 80 centimes d’euros, soit une perte de 80% depuis sa sortie en bourse. Même l’annonce par l’Euro groupe, le 9 juin 2012, de l’injection pouvant aller jusqu’à 100 milliards d’euros - bien au-delà des 37 milliards d’euros estimés nécessaires par le FMI |15| et des 62 milliards des consultants Oliver Wyman et Roland Berger - n’a pas bénéficié à Bankia qui est la seule entité financière de l’Ibex 35 à avoir enregistré une chute de sa capitalisation boursière depuis cette date jusqu’au 30 juin. Le titre a perdu 9,80% durant cette courte période, alors que toutes les autres banques enregistraient des gains suite à l’euphorie provoquée par l’annonce du sauvetage. |16| Le 17 juillet, le titre tombait à 0,59 euros, son minimum, avant de remonter en août à l’approche d’une injection imminente de capital européen, dont Bankia serait le premier bénéficiaire. La sortie en bourse est un fiasco supporté par les petits investisseurs qui voient leurs placements réduits à néant – les plus gros, informés, ayant fuit la débâcle.

Dans un texte écrit en 2010 |17|, David Hall affirmait que la crise financière et économique est le résultat de prêts insoutenables et de la création de formes complexes de dettes par les banques. Depuis l’effondrement, en septembre 2008, de Lehman Brothers, les Etats-Unis et d’autres gouvernements ont décidé, après des décennies de privatisation, de sauver les banques en les nationalisant ou en injectant du capital pour les rendre solvables. Qu’on ne s’y méprenne, l’Etat reste, en général, en dehors de la gestion, qui reste aux mains des banquiers. Il ne s’agit pas d’une faiblesse du capitalisme, mais au contraire d’une manœuvre pour le renforcer en socialisant les pertes, avant de privatiser de nouveau l’établissement dès que l’assainissement l’aura rendu viable. Le FMI décrit cela comme «un transfert de risque sans précédent du privé au secteur public». |18|
Août 2012

Jérôme Duval



Notes

|2| La constitution du FROB, approuvée par le Parlement le 8 juin 2009 et concrétisée par le décret royal du 26 juin de la même année (Real decreto-ley 9/2009), vise à venir en aide aux banques fragilisées par leur exposition au secteur immobilier et sinistrées depuis l’explosion de la bulle en 2008. Le Fonds public d’aide au secteur financier (FROB) contrôle aujourd’hui NovaGalicia, CatalunyaCaixa, Banco de Valencia et Bankia. Son capital de 9 milliards d’euros provenant du budget de l’Etat s’épuise fin 2011, d’où l’intérêt suscité par le « sauvetage » européen face à l’ampleur des sommes nécessaires.
|5| “Bankia y el fiasco de la política”, El País, 1er juillet 2012.
|7| Real Decreto-ley 2/2012, de 3 de febrero, de saneamiento del sector financiero. Titulo IV,http://www.boe.es/boe/dias/2012/02/04/pdfs/BOE-A-2012-1674.pdf
|9| « el trabajo de Rodrigo Rato ha sido ejemplar » Dans « La situación de Bankia no es tan desesperada », ABC Punto Radio, 08/05/2012, http://www.abc.es/20120507/economia/abci-bankia-situacion-desesperada-201205072233.html
|10| “Goirigolzarri, el ejecutivo de la pensión millonaria en el BBVA”, El País, 7 mai 2012,http://economia.elpais.com/economia/2012/05/07/actualidad/1336396158_000163.html ;http://elpais.com/diario/2009/10/01/economia/1254348005_850215.html
|12| Lire Mikel Barba, El caso Bankia o las cinco maniobras de una gran estafa,http://www.rebelion.org/noticia.php?id=149845
|13| Le CADTM Belgique et ATTAC ont introduit le 23 décembre 2011 un recours devant le Conseil d’État belge afin d’annuler l’arrêté royal du 18 octobre 2011 octroyant une garantie d’État de 54,45 milliards d’euros à certains emprunts de Dexia, soit l’équivalent de 15% du Produit Intérieur Brut (PIB) de la Belgique. Lire :http://cadtm.org/Resume-du-recours-Dexia-intente
|14| Ceci avant que Bruxelles, voyant cet objectif irréalisable, n’accorde une année de répit portant à 2014 au lieu de 2013 l’objectif d’un déficit sous les 3% du PIB. Reuters, 7 juillet 2012.
|15| « Le FMI appelle à un filet de sécurité crédible pour les banques espagnoles  », Les Echos, 9 juin 2012.
|16| “Todas las entidades financieras que cotizan en el Ibex 35, salvo Bankia, han registrado importantes ganancias en Bolsa desde que el pasado 9 de junio el Eurogrupo brindó a España hasta 100.000 millones para sanear el sector. (…) Bankia ha sido la única entidad que cotiza en el Ibex 35 que ha registrado pérdidas en este periodo, al caer un 9,80%.” Bankia, incapaz de sumarse a la euforia del rescate financiero, 30 juin 2012,http://www.intereconomia.com/noticias-negocios/claves/bankia-incapaz-sumarse-euforia-rescate-financiero-20120630
|17| David Hall, PSIRU, University of Greenwich, p.11, Why we need public spending, octobre 2010.
|18| Ibidem et FMI, Global Financial Stability Report, juillet 2009,http://www.imf.org/external/pubs/ft/fmu/eng/2009/02/index.htm

mardi 7 août 2012

Les compagnies espagnoles, en faillite


Environ, 2.272 compagnies espagnoles ont fait faillite.

L'Institut  des Statistiques de l'Espagne a annoncé, lundi, que 2.272 compagnies espagnoles ont annoncé, au deuxième trimestre de l'année, leur faillite. "Le taux de faillites des compagnies espagnoles, depuis avril, jusqu'en juin dernier, a augmenté de 28.6%; ce taux est sans précédent, depuis la crise économique, dans la zone euro", selon cet institut qui annonce que ces compagnies en faillite étaient actives, dans les secteurs de la construction. De même, le taux de chômage, en Europe, parmi les jeunes au-dessous de 25 ans, s'est élevé au chiffre, sans précédent, de 22.4%. En Espagne ce chiffre est estimé à 53%.

mardi 31 juillet 2012

Crise de l’euro : Le pied de nez,


Depuis le début de la crise de l’euro, il y a deux ans et quatre mois de cela,
tout ce que le Vieux Continent compte de dirigeants a participé à une vingtaine de sommets. À la faveur du dernier d’entre eux, ici et là, on avançait que le pire était chose du passé. Mais voilà que les péripéties que connaissent ces jours-ci la Grèce, l’Espagne et l’Italie viennent de glacer les espoirs, au point que de nouvelles rencontres ont été inscrites à l’agenda des politiciens.

Le énième acte d’un psychodrame qui provoque des ulcères jusqu’aux États-Unis et en Chine a débuté, une fois encore, sur les hauteurs d’Athènes, lorsqu’Antonis Samaras, premier ministre depuis le 20 juin dernier, a martelé que l’ampleur de la récession est telle qu’il fallait que l’Europe lui accorde un répit. Mais encore ? Samaras a réclamé deux années supplémentaires pour atteindre les cibles fixées en matière budgétaire et demandé une rallonge de 50 milliards, à moins que les créanciers ne tirent un trait sur une bonne partie de la dette.

Ensuite, mais cette fois en Espagne, deux régions ont lancé un appel au secours auprès de l’État central parce qu’elles sont tout simplement en faillite technique. Tout logiquement, ce pied de nez politico-économique a renforcé l’idée que le plan d’aide accordé aux banques espagnoles est largement insuffisant, car les défis budgétaires s’avèrent plus amples que prévu. Il n’en fallut pas moins pour que le premier ministre Mariano Rajoy exige, et avec raison, que la Banque centrale européenne (BCE) intervienne sur les marchés afin de réduire le taux d’intérêt imposé. À plus de 7 %, le pays est plongé dans la zone des grands risques.

En agissant de la sorte, le chef de l’exécutif espagnol faisait écho à la requête tout aussi justifiée du premier ministre italien Mario Monti, qui juge que les taux ne correspondent pas du tout aux réformes entreprises. Le hic ? La BCE ne peut toujours pas prêter directement aux États. Quant au Mécanisme européen de stabilité (MES) créé lors du sommet de juin, il ne sera pas opérationnel avant septembre, et encore faudra-t-il que la Cour constitutionnelle allemande donne son aval. On notera que face à des marchés qui impriment leur influence à la nanoseconde, nous avons des États qui fonctionnent à pas de tortue. Bref, l’inadéquation entre les deux est totale, absolue.

Au milieu de ces entrelacs économiques qui laissent envisager une sortie de crise beaucoup plus longue et pénible que prévu, Monti a laissé entendre que son pays n’accepterait pas de plan d’aide européen et qu’il refusera toute tutelle de la troïka. Autrement dit, si la situation italienne se dégrade au point qu’un choix cornélien s’impose, alors Monti sera plus enclin à sortir de l’euro qu’à y rester.

À la grande différence des autres membres de la zone euro, il faut savoir, c’est à retenir, que l’Italie serait la nation la moins touchée par une fin de la monnaie unique. Dans les milieux initiés aux trous noirs de l’économie, on chuchote même que l’Italie est le seul pays qui aurait avantage à voir imploser l’euro.

En effet, selon une étude effectuée par les économistes de Bank of America, l’Italie combinant une industrie touristique considérable à une industrie automobile importante et un tissu de PME très créatives et très portées vers l’exportation, elle aurait intérêt à quitter l’euro à cause, justement, de sa force. A contrario, les pays qui perdraient le plus seraient l’Allemagne et l’Autriche, soit précisément les deux nations qui ont tiré le plus d’avantages d’un euro fort.

Par une de ces ironies dont l’histoire a le secret, entre les divers faits évoqués, Moody’s s’est manifestée. Et pour annoncer quoi ? Que le Luxembourg, les Pays-Bas et… l’Allemagne étaient désormais sous perspective négative. Entre les avertissements servis par Monti, l’étude de la Bank of America et les agissements de Moody’s, il est évident que l’on a assisté à un ébranlement, mais pas encore un renversement, des rapports de forces qui lient les partisans de l’orthodoxie monétaire menés par Angela Merkel et ces nations dites du club Med que certains élus allemands, hollandais et autres nordistes aimeraient bouter hors de la zone. Chiche ?

Serge Truffaut

jeudi 26 juillet 2012

Crise de la zone euro : suicidaire orthodoxie



La politique complètement folle conduite par le gouvernement espagnol et qui pousse le peuple dans la rue devrait être immédiatement arrêtée.

Mais il se trouve que cette politique folle est voulue par Bruxelles.

Comme je l’écrivais, déjà, il y a deux ans, dans Rue89, et encore, en septembre dernier, sur le blog Fusionnisme, il est grand temps que la banque centrale européenne change de politique. Au besoin, il serait bon que chacun soit prêt à descendre dans la rue pour y contraindre la BCE.

Les choses allant de mal en pis à mesure que les mois et les années passent, il faut d'urgence que la BCE verse, en trois tranches, 2.000 à 3.000 milliards d’euros (sans contrepartie, c’est-à-dire sans bons du trésor en échange, contrairement à la pratique habituelle - cf. nos précédents articles) afin de relancer les économies grecque, espagnole et portugaise, ainsi que tous les pays de la zone euro. Car même l’Allemagne a besoin d’une politique de relance, quand on sait les millions de travailleurs pauvres que compte ce pays pourtant régulièrement cité en modèle.

La première tranche permettra :
- de nationaliser les banques en difficulté
- de nationaliser certaines unités de production industrielle stratégique (acier, automobile, savoir-faire dans tous les domaines)
- d’aider les états à rembourser une partie de leurs dettes
- de faire de l’euro un outil de relance de l’activité, notamment par la facilitation du crédit en particulier auprès des petites et moyennes entreprises.

Mécaniquement, un tel recours à la planche à billets devrait conduire l’euro à connaître une légère érosion face aux autres devises, ce qui accroîtra la compétitivité des entreprises de la zone euro.

La seconde tranche, débloquée dans les deux ans, permettra d’accompagner le processus, en poursuivant sur les mêmes lignes, mais aussi en lançant de grand travaux et finançant la recherche et surtout dans le lancement de partenariats étroits (en particulier dans le domaine de la scolarisation, la santé, l’économie) proposés aux Etats africains, l’Afrique étant le partenaire principal et incontournable de l’Europe pour les prochaines décennies.

La troisième tranche, débloquée dans les cinq ans, permettra de prolonger ces différentes actions.

Evidemment, si ces plans se révèlent efficaces, rien n’empêchera de procéder au versement de nouvelles tranches, pour poursuivre l’aide au développement général…

Ceux qui nous dirigent seront-ils assez fous pour refuser cette solution, au nom d’un dogmatisme monétariste absurde, jusqu’à détruire l’euro plutôt que de s’en servir «hors des clous» ? Quitte à basculer ainsi nos économies, une fois, l’euro disparu, dans le désastre…

Alexandre Gerbi


mercredi 11 juillet 2012

FESF: la Finlande bloque l'aide financière aux banques espagnoles



Le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos a déclaré mardi que la Finlande bloquait l'accord d'aide financière allant jusqu'à 100 milliards d'euros aux banques ibériques, en situation difficile en raison de la crise financière qui secoue le pays.     


"L'accord est pratiquement prêt, mais la Finlande le bloque, en réclamant à l'Espagne des garanties en échange de l'octroi d'un prêt", a dit le ministre lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Auparavant, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a annoncé que l'Espagne recevrait fin juillet un premier versement de 30 milliards d'euros pour recapitaliser ses banques.

Quoi qu'il en soit, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ne peut débloquer l'argent pour l'Espagne que si cette décision est adoptée à l'unanimité. La Finlande a toutefois déclaré plus d'une fois qu'elle refusait de payer les dettes des autres pays de la zone euro. Bien que les cotisations finlandaises ne dépassent pas 2% du FESF, ce pays nordique formule les mêmes revendications à l'égard de la Grèce.


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mercredi 13 juin 2012

Espagne: rejet des députés d'une demande d'enquête sur la crise financière


IRIB-Le congrès des députés espagnols a rejeté mardi soir, avec les voix de la majorité de droite au pouvoir, une commission d'enquête sur la crise financière et sur Bankia, dont le sauvetage historique a conduit à l'annonce d'un plan d'aide européen au secteur bancaire du pays. 

Le texte, présenté par des partis d'opposition de gauche, a recueilli 139 voix pour, dont celle du parti socialiste contre 175 voix du Parti populaire (PP), droite au pouvoir qui dispose de la majorité absolue au parlement. Le PP, par la voix de la députée María Arenales Serrano, a toutefois assuré qu'il était totalement d'accord avec l'esprit qui a inspiré l'initiative, qui est la transparence.