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vendredi 3 mai 2013

Non, la Chine ne pille pas l’Afrique !



Une base de données a récemment révélé les détails de l’aide financière de la Chine à l’Afrique, contredisant l’hypothèse selon laquelle l’Empire céleste tirerait profit sans donner de contreparties à ses partenaires de l’extraction des ressources et des projets liés aux travaux d’infrastructures. 
  
La base de données en question a été rendue publique par le Center for global Development and Aid Data de Washington. Elle recense pas moins de 1.673 projets financiers chinois dans une cinquantaine de pays africains pour la période allant de 2000 à 2011, le tout pour un montant avoisinant les 75 milliards de dollars. Le centre a également produit différents documents comportant même une carte interactive apportant toutes les informations sur les différents projets chinois en Afrique.  
  
« La Chine affirme que ses activités relèvent du secret d’État, et ce projet est une tentative de lever un peu le voile sur ce qui se passe réellement », a déclaré le créateur de la base de données, Andreas Fuchs, sur Reuters
  
Pékin a souvent été l’objet de critiques de la part de l’opinion publique mondiale et a plus d’une fois été accusé d’exploiter l’Afrique en raison de ses ressources naturelles tout en apportant son soutien aux régimes corrompus… des tactiques que l’Occident a du reste utilisées à maintes reprises aux cours des dernières décennies. Mais la Chine a répondu à ses détracteurs en mettant en avant que ses relations avec l’Afrique étaient systématiquement basées sur des rapports d’égal à égal. La base de données du Center for global Development and AidData apporte un nouvel éclairage sur l’aide économique chinoise : la Chine a largement contribué à développer sur le continent africain le secteur de la santé ou celui de la société civile. On dénombre ainsi 149 projets dans le secteur sanitaire pour un montant de 674 millions de dollars et 133 projets d’aides directes au développement pour un montant de 70 millions de dollars. 
  
La coopération économique entre la Chine et l’Afrique a contribué à plus de 20 % de la croissance des pays africains au cours des treize dernières années, a annoncé le 19 avril 2013 la porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, madame Hua Chunying
  
M. Yang Jiechi, ministre chinois des affaires étrangères, a appelé quant à lui le 9 mars 2013 à davantage d’échanges et moins de soupçons et d’accusations vis-à-vis de la coopération entre la Chine et les pays africains. « Si tu veux marcher vite, marche seul ; si tu veux marcher loin, marchons ensemble », a cité M. Yang Jiechi en rappelant un proverbe africain pour souligner l’importance de la coopération avec l’Afrique. 
  
Capitaine Martin 
  

mercredi 20 mars 2013

La Chine est en train de conquérir le marché d’armes mondial




Le dragon chinois a fait un nouveau saut sur les marchés mondiaux et fait pour la première fois partie des cinq exportateurs d’armes les plus importants. C’est ce que communique le nouveau rapport sur la vente d’armes en 2012 établi par l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. C’est le premier changement dans les cinq premières places depuis la fin de la guerre froide. La Chine est devenue également le premier pays asiatique à faire partie des cinq premiers exportateurs d’armes du monde.

Selon le centre analytique, dans les années 2008-2012, la Chine a signé 5 % des accords sur les armements conventionnels. Lors des cinq dernières années, l’exportation d’armes de la Chine ne représentait que 2 %. L’Empire du Milieu a évincé la Grande-Bretagne de la cinquième position et a montré des taux de croissance d’exportation d’armes sans précédent : 162 %. C’est 13 fois plus que le résultat moyen de l’ancien top mondial, soit les États-Unis, la Russie, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. L’expert de l’Institut d’Extrême-Orient, Alexandre Larine, parle d’autres facteurs qui ont provoqué le bond de la Chine :

« Pékin a un avantage : il vend moins cher que les autres. La coopération technique et militaire avec la Russie l’a aidé également, on lui vendait des armes et fournissait des licences pour leur fabrication. Grâce à la Russie, la Chine fabrique des armes d’artillerie modernes, des missiles tactiques et des pièces pour des avions. La vente des licences se faisait sous certaines conditions : la Chine devait les utiliser uniquement pour vendre sa production au tiers-monde. Toutefois, elle modifiait légèrement le calibre des canons automoteurs pour sortir sur les marchés extérieurs. Cette tendance s’observe depuis longtemps ».

Parmi les plus grands acheteurs d’armement chinois, on retrouve le Pakistan, l’Égypte, le Bangladesh, la Namibie et le Sri Lanka. Rien que ces dernières années, le Pakistan a acheté à la chine 50 chasseurs JF-17 et 203 tanks MBT-2000. La Chine est le deuxième exportateur de tanks au monde, après la Russie et devant l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. Les principaux acheteurs des tanks chinois sont les pays africains. C’est pour cela que l’Occident, qui a laissé sa place à la Chine sur ce marché, l’accuse constamment de renflouer en armes les régimes africains violant les droits de l’homme. La Chine n’accepte pas ces critiques, invoquant la transparence des transactions et le strict respect des normes internationales en termes de vente d’armes.

Le nouveau bond du dragon chinois sur le marché mondial de l’armement pourrait de nouveau irriter les États-Unis et l’Union européenne. Afin de punir les violations des droits de l’homme, ils maintiennent un embargo sur l’exportation vers la Chine de technologie à double usage et d’armement moderne. L’Union européenne prétexte qu’elle soutient ces mesures discriminatoires parce que la Chine pourrait copier les technologies et armes occidentales et les réexporter. Cela lui apporterait un avantage concurrentiel sur le marché mondial.

Il est tout à fait possible que, pour cette raison, l’Allemagne et la France, qui devancent de peu l’Empire du Milieu dans le classement des exportateurs d’armes, renforcent leurs positions concernant l’embargo de l’Union européenne sur la livraison d’armement moderne à la Chine.
Cela est peut-être dû à des pressions des États-Unis et de leurs alliées en Asie. Le Japon, par exemple, a de nombreuses fois appelé Bruxelles à ne pas lever l’embargo. Le 18 mars, le gouvernement nippon a exprimé sa préoccupation à Paris en ce qui concerne le contrat entre le constructeur naval de défense français DCNS et la Chine. Cet accord prévoit la vente à Pékin d’installation facilitant l’atterrissage des hélicoptères sur les ponts des navires en cas de mauvaise météo.

Natalia Kacho


Le Dragon chinois et l'Ours russe ont taillé les griffes de l'Aigle américain


Au moment actuel les Etats-Unis ont déployé au Japon 35 000 militaires du Commandement du Pacifique (USPACOM), deux porte-avions nucléaires, cinq destroyers, quatre frégates et se sont dotés d'une base dans le port de Yokosuka. Quelque 17 000 Marines se trouvent sur l'île d'Okinawa. Quant à la flotte japonaise, elle dispose de trois porte-hélicoptères, de huit destroyers lanceurs de missiles, de vingt frégates et de seize sous-marins.
En plus, la Deuxième division d'infanterie et des brigades de commandos comptants 19 700 militaires sont installées en Corée du Sud. Les entrepôts USPACOM de matériel, de munitions, de combustibles et de vivres pour le reste de la 8e Armée se trouvent au Japon. La Flotte américaine du Pacifique (USPACFLT) basée à Pearl Harbor et à San Diego est composée de 3 porte-avions, de 4 porte-hélicoptères, de 9 croiseurs, de 25 destroyers et de 26 sous-marins préparés aux opérations en Asie du Sud-Est.

D'autre part, les forces navales chinoises ont sensiblement évolué ces dix dernières années. Elles disposent actuellement de bâtiments modernes construits entre 2004 et 2012 et capables de mener les opérations offensives, voire de détruire n'importe quelle cible au Japon et en Corée. Le Vietnam possède lui aussi une flotte efficace composée de 7 destroyers, de 18 frégates et de 2 sous-marins.
Se référant à des sources proches du Pentagone, l'agence Reuters affirme que le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel se propose d'accroitre l'efficacité de la base de Fort Greely (Alaska) pour faire face à la Corée du Nord.

La mesure est propagandiste car la trajectoire des missiles balistiques intercontinentaux tirés par la Corée du Nord passe au-delà de la zone d'action des intercepteurs américains.

Pour ce qui est de l'invasion de la Corée du Nord par les Etats-Unis, ceux-ci ne tomberont pas dans ce piège habilement tendu par les Chinois, en dépit de toutes les provocations de Pyongyang. Cela demanderait aux Etats-Unis de redéployer sur la péninsule coréenne leurs forces basées au Japon et à Hawaïï. Pendant ce temps, la Chine aurait accès aux eaux japonaises et les Russes enverraient leurs 36 bombardiers supersoniques Tu-22M3 capables d'abattre les bombardiers B-52 de la base d'Andersen à Guam.

L'administration américaine fait marcher la planche à billets pour financer des guerres civiles et des invasions militaires américaines. L'accaparement des ressources des pays entiers permettait à la Maison Blanche de couvrir le déficit provoqué par l'émission incontrôlée, le reste étant réparti entre les complices au sein de l'administration. Cette règle, en vigueur depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a changé après l'arrivée de George Bush en 2000. Son avarice a entraîné la situation dans laquelle le déficit n'était comblé que pour l'enrichissement de sa famille et des commissaires politiques du FMI. Une dette immense a résulté de l'invasion en Irak et en Afghanistan.

En 2001, Jiang Zemin et Vladimir Poutine ont signé un Accord de bon voisinage et de coopération fraternelle. Ayant décidé d'agir en commun, la Russie et la Chine ont augmenté leurs chances de faire face aux trois centres de force (Etats-Unis, Japon, UE). La Russie et la Chine ont réalisé conjointement la méthode économique de « gouttes chinoises », en mesure de détruire dans les années à venir l'immense force militaire américaine.

La dette des Etats-Unis dépasse 16 000 milliards de dollars, soit plus de 100 % du PIB. La Chine détient la majeure partie de la dette américaine (quelque 2 000 milliards) ce qui équivaut aux trois budgets militaires annuels des Etats-Unis. Si la Chine avait retiré les emprunts, l'économie des Etats-Unis aurait écroulé.

En 2005, Vladimir Poutine a introduit une nouvelle stratégie d'augmentation des réserves d'or de Russie. Celle-ci est devenu le principal acheteur de l'or sur le marché mondial ayant doublé ses réserves en cinq ans. La Russie se trouve actuellement à la cinquième place achetant mensuellement pour 500 millions de dollars d'or.

Les Chinois ont braqué les yeux sur 8 133 tonnes d'or déposées dans les banques américaines et constituant 74,5 % du montant total des réserves de change. La Chine demande cet or aux Etats-Unis en échange de leur dette. La Chine veut émettre une nouvelle monnaie assurée par l'or qui serait une alternative au dollar. A cette fin, elle a commencé le rapatriement de son or de Suisse, de Londres et de New York.

Pékin a signé un accord avec plus de 20 pays (Argentine, Australie, Brésil, EAU, Japon, etc.) qui reconnaissent le yuan comme monnaie officielle des transactions internationales au détriment du dollar. Pour la monnaie américaine cela signifie l'abandon d'une partie du marché financier international.

Les Etats-Unis n'ont plus d'échappatoire. L'unique chose qu'ils peuvent faire, c'est d'ajourner le résultat prévisible. Il leur est nécessaire maintenant de renforcer leur présence en Asie du Sud-Est malgré la réduction du budget. C'est pourquoi le Pentagone se voit obligé de déployer dans cette zone les ressources des commandements autres que le commandement du Pacifique.


Valentin Vasilescu
source

mardi 5 mars 2013

Chine : les réserves de change dépassent deux fois les réserves d’or mondiales


Les réserves de change de la Chine, les plus importantes au monde, ont atteint 3,3 trillions de dollars fin 2012, ayant dépassé ainsi les réserves d'or mondiales de deux fois, a annoncé l’agence Bloomberg.

Le taux d’or ne constitue que constituent 2% des réserves chinoises, tandis que cet indice atteint près de 70% aux Etats-Unis et en Allemagne.
La Chine se classe première d’après le volume de réserves de charge au monde. Suivent ensuite le Japon, l’Arabie saoudite, la Russie et la Suisse.

jeudi 14 février 2013

Une possible revanche de la Chine ?



Dominée dans le passé par les puissances étrangères, grâce au développement économique, l’Empire du Milieu est en train de devenir la première puissance militaire mondiale.

L’image de la Chine est régie par une série de stéréotypes à l’étranger, mais aussi à l’intérieur du pays. Il est souvent dit que les Chinois ne savent pas et ne veulent pas mener les guerres, et que traditionnellement la culture chinoise défend le pacifisme en restant passive sur la scène internationale. Ces stéréotypes sont basés sur la période semi-coloniale de l’histoire chinoise qui date de l’époque de la Première guerre de l’opium (1839-1842).

La littérature politique chinoise est remplie de références concernant les canons confucéens qui expliquent la tendance des Chinois à faire des compromis et éviter les conflits. Si la culture chinoise est fondamentalement confucéenne, la culture européenne est fondamentalement chrétienne. En faisant le sermon de la paix, de l'amour fraternel, en pardonnant les ennemis, le christianisme va beaucoup plus loin que toute autre religion. Mais cela n'a pas empêché l'Europe de devenir à une certaine époque l’une des régions les plus militarisées du monde pour conquérir et asservir de nombreux peuples qui se trouvaient dans le voisinage. La théorie et la pratique historiques peuvent souvent diverger.

Tout au long de l’histoire, l’expansion territoriale de la Chine était limitée par des facteurs culturels, idéologiques, religieux, mais aussi naturels et militaro-techniques. Dès la dynastie Han (206 av. J-C. – 220), l’Empire chinois a déjà atteint ses frontières naturelles. Et la progression au-delà de ces frontières s’est avérée difficile. Les steppes, les déserts, mais aussi les montagnes et les forêts denses représentaient des obstacles sérieux pour les armées des empires agricoles de la période préindustrielle. Même si les guerriers arrivaient à outrepasser ces obstacles, il leur était difficile de superviser de ces zones à cause des difficultés d'approvisionnement et de contrôle territorial. 

Et pourtant, au cours de nombreux siècles de son histoire, l’Empire chinois qui n’avait pas d’objectif d’expansion, a essayé cependant d’élargir ses frontières au-delà des limites imposées par la nature. Toutefois, ces missions militaires difficiles et coûteuses en Corée, en Indochine, en Asie Centrale et au Tibet se soldaient régulièrement par des échecs, malgré des victoires ponctuelles de l’armée chinoise dans ces régions.

Ces limites naturelles de l'expansion territoriale chinoise ont été outrepassées pour la première fois au 17e siècle, lors du règne de la dynastie manchoue Qing (1644-1911), sous laquelle de nombreuses campagnes militaires de la cavalerie ont été organisées dans des conditions climatiques des steppes de la Mandchourie et de la Mongolie. Bien que le règne de la dynastie Qing soit associé avec la stagnation, le déclin et la défaite de l’Empire, au tout début, la dynastie mandchoue a connu un siècle de prospérité sans précédent et un expansion territoriale importante.

Malheureusement, la force de la Chine s'est transformée en sa faiblesse. 

L’hégémonie, garantie par la situation géographique a conduit à la stagnation de l'organisation militaire de l’empire. La Chine est passée à côté de la révolution qu’a connue l’Europe au cours des 15e -17e siècles. Il s’agissait d’une révolution militaire, avec notamment le développement des armes à feu, mais aussi d’une révolution tactique, avec un changement du système de recrutement et de commandement de l’armée. Cette période de faiblesse militaire de la Chine face aux puissances occidentales et le Japon, devenue évidente au 18e siècle, n’est pas liée aux particularités culturelles ou historiques de la Chine.

Les échecs que l’Empire du Milieu a connus au cours des guerres de la fin 19e - début 20e siècle et le stéréotype des mauvais soldats chinois n’est rien d’autre qu’une conséquence des facteurs politiques, économiques et institutionnels. Si l'on prend en compte les qualités moraux et psychologiques individuels des soldats chinois, il ne faut pas creuser longtemps pour trouver des exemples illustrant ce fait. Des milliers de Chinois ont participé à la guerre civile des années 1917-1923 en Russie. En se retrouvant dans une organisation militaire moderne et efficace, ils ont fait preuve des qualités individuelles exceptionnelles.

L’attitude de la Chine par rapport à la guerre et l’expansion territoriale – c’est un problème de la politique mondiale, mais aussi de la politique intérieure du pays. Suite à la transformation de la Chine en une superpuissance économique, c’est inévitable que l’Empire du Milieu devienne également la première puissance militaire du monde. Les théories sur une éventuelle « menace chinoise » commencent à émerger actuellement. D'autre part, des sentiments en faveur de la défense de ses propres intérêts par la voie militaire commence à être plus répandue. Le gouvernement de la RPC est souvent critiqué pour sa faiblesse et son indécision.

La politique de la Chine – c’est un ensemble complexe de facteurs politiques, économiques et de leur évaluation par le gouvernement de la RPC. Et comme dans n'importe quel autre pays, sous l'influence de ces facteurs, la politique peut changer dans n’importe quelle direction.

Vassili Kachine

mercredi 13 février 2013

Chine : la plus grande puissance commerciale



Selon le bilan de l’année dernière, la Chine a pris la tête du commerce international. Pour la première fois de son histoire, elle a réussi à détrôner les États-Unis. Qui plus est, elle l’a fait avant terme. Les analystes ne prévoyaient pas un tel scénario avant 2016. Désormais, ils estiment que d’ici quatre ans la Chine deviendra également le leader mondial en termes de PIB.

Le miracle économique chinois est passe de se réaliser. La Chine a dépassé les États-Unis en termes de volume des ventes. L’année dernière, Pékin a devancé Washington au niveau de ses importations et exportations de 100 mille milliards de dollars pour atteindre le chiffre total de 4 milliards de milliards de dollars. Selon Andreï Lousnikov, expert en chef de la société Finmarket, la raison réside dans la répartition de la demande intérieure des deux pays.

« La Chine est impliquée activement dans le commerce international. Toutefois, ces dernières années, on observe un ralentissement des exportations chinoises. Par contre, les importations des États-Unis ont, elles aussi, diminué. Ce pays a fait beaucoup de progrès au niveau de l’importation des hydrocarbures. Les États-Unis vont s’orienter sur leurs sources intérieures, ce qui fera pencher la balance vers la Chine. »

Si cette tendance se maintient, Pékin deviendra non seulement un leader dans la sphère commerciale, mais il se placera également en première position en termes de PIB. Cette tendance est clairement manifeste, mais il faut prendre en compte le fait que l’économie de la Chine dépend de la demande sur les marchés internationaux. Aujourd’hui, l’Europe et les États-Unis continuent de lutter contre les conséquences de la crise mondiale. Par conséquent, la Chine ne deviendra le leader international en termes de PIB qu’au moment où les pays développés se remettront définitivement de la récession économique.

« La Chine va accroître sa production et va consommer beaucoup plus de produits locaux. Sa population va s’enrichir, ce qui entrainera l'augmentation du pouvoir d’achat. Grâce à sa grande population, la Chine pourra atteindre un rythme de croissance soutenu, c’est-à-dire augmenter le rythme de croissance de son PIB de 9-10 %. Par conséquent, cela pourra permettre à la Chine de se placer en tête de liste en matière de PIB, mais on ne sait pas encore dire si cela aura effectivement lieu en 2017. À mon avis, il s’agit de projections très optimistes », explique Andreï Schenk, analyste de la société Investcafé.

Cependant, selon de nombreux experts, la Chine devra encore attendre sa suprématie économique. Le fait est que le dollar américain est solidement ancré dans les réserves de change de nombreux pays. S’en défaire rapidement équivaudrait à faire plusieurs pas en arrière sur le chemin du développement économique. La politique économique de la Chine est encore un frein qui l’empêche de détrôner les États-Unis prochainement. Le cours du yuan est toujours fixé par les autorités du pays. Andreï Zaostrovtsev, économiste indépendant, estime que tant qu’il en est ainsi, le statu quo va se maintenir sur la carte économique du monde.

« Lorsque le cours de la monnaie n’est pas régulé par le marché, elle ne peut pas remplir la fonction de monnaie d'échange dans les relations économiques. Il faut donc cesser de la réguler soi-même et laisser le marché s’occuper de cela. S’il en est ainsi, le cours du yuan pourra doubler par rapport à son cours actuel. Et dans ce cas, les produits chinois perdront brusquement leur compétitivité. »

Cela représenterait pour la Chine un vrai suicide économique. L’augmentation des prix du loyer, des salaires et, par conséquent, des prix de revient des produits vont rediriger le capital étranger vers le Vietnam, l’Indonésie ou le Bangladesh. Des dizaines de millions de Chinois perdraient leur emploi. Les conséquences d’une telle action seraient catastrophiques pour le pays. Mais vu que Pékin n’a pas encore élaboré un nouveau modèle économique, la Chine va garder son statut d'usine du monde. 

Pavel Orlov

samedi 10 novembre 2012

La Chine va rattraper et dépasser l'Etats-Unis



L'Organisation de coopération et de développement économiques prévoit un changement fondamental dans l'équilibre de l'économie mondiale au cours du prochain demi-siècle.

Selon le rapport de ses experts, la Chine rattrapera les Etats-Unis en 2016, et en moins de 50 ans, la Chine et l'Inde dépasseront par leur puissance économique tous les autres pays développés.

Le rapport indique également que la part de la production mondiale des pays en développement va continuer à croître. Même dans les pays les plus pauvres, le revenu par habitant au cours du prochain demi-siècle sera multiplié par quatre. L'Organisation de coopération et de développement économiques se compose de 34 grandes nations du monde.

jeudi 27 septembre 2012

Les conséquences éventuelles du conflit sino-japonais


Le conflit territorial entre la Chine et le Japon gagne en intensité. Les experts se demandent à quoi cette crise pourrait aboutir. Les gouvernements des deux pays jouent avec le feu, mais se rendent compte que leurs déclarations sévères risquent de provoquer des événements tragiques.

La plupart des experts estiment que les différends entre la Chine et le Japon n'entraîneront pas de conflit armé. Il risque d’avoir pour conséquence un nouveau rapprochement du Japon avec les Etats-Unis et le gel des contrats économiques et des programmes culturels avec la Chine. Une telle situation ne sera pas à l’avantage du pays du Soleil levant, car au cours de la dernière décennie, les autorités japonaises ont déployé beaucoup d’efforts pour diversifier leur politique étrangère en Asie et essayer de se débarrasser de l'influence américaine.

« Nous assistons à une reconstruction des relations internationales dans cette région », commente  Alexandre Panov, docteur en histoire et ex-Ambassadeur de la Russie au Japon. « Cela est dû principalement à l’armement accéléré de la Chine. La Corée du Sud occupe également une position forte en Asie. C’est pourquoi observons actuellement une montée du nationalisme en Chine, en Corée du Sud, mais aussi dans d’autres pays d’Asie. Ce processus est assorti de l'affaiblissement du Japon. Pékin veut faire comprendre à Tokyo que c’est la Chine qui va dominer désormais dans la région. L’époque pendant laquelle le Japon était considéré comme le leader incontesté, sur lequel les autres pays prenaient exemple, est désormais révolue. La question territoriale n’est donc que la partie visible de l’iceberg des processus qui se déroulent en Asie de l'Est ».

Le différend territorial entre le Japon et la Chine risque d’empêcher la relance de l'économie mondiale. Dans le contexte de ce conflit, les analystes de Morgan Stanley ont abaissé la prévision de croissance du PIB mondial pour les années 2012 et 2013. Toutefois, les conséquences économiques des relations commerciales et économiques risquent d’avoir des conséquences plus sérieuses pour le Japon, que pour la Chine. L’Empire du Milieu est le principal marché d’écoulement pour les produits japonais, et il sera difficile de développer la coopération économique entre les deux pays dans le contexte d’un conflit territorial. Cependant, la Chine n’a pas l’air de dire « non » aux automobiles japonaises, alors que les entreprises nippones sont en train de calculer les pertes subies à la suite des dégâts causés par les manifestations antijaponaises en Chine et par l’arrêt des usines. Toute une série d’entreprises japonaises a été partiellement détruite par les émeutiers, alors que Panasonic et Canon ont arrêté leurs chaînes de production à cause des violentes attaques contre leurs sites industriels.

« Les relations sino-japonaises sont déterminantes non seulement pour cette région »,analyse le politologue Sergueï Kourginian. « Il ne faut pas perdre de vue que le Japon est un élément incontournable du marché mondial. Les Japonais fabriquent une part énorme des produits électroniques de haute précision. Et le ralentissement ou l'arrêt de ce secteur de l'économie pourrait provoquer une situation de pénurie, par exemple, pour les pièces automobiles, que d’autres pays ne fabriquent pas. Cette pénurie pourrait accélérer le mécanisme de la crise mondiale. Quant au Japon, pays fortement endetté, il devient de plus en plus dépendant du monde extérieur ».

La Russie ne s'immisce pas dans le conflit sino-japonais, considérant qu’il s’agit d’un problème entre Tokyo et Pékin. Toutefois, la Russie suit de près l’évolution de la situation dans la zonedes îles Senkaku (Diaoyu). T

Leon Sahakian,

jeudi 23 août 2012

Le yuan continue à gagner en popularité sur les marchés mondiaux



La monnaie nationale de la Chine s’internationalise. Cette expansion est visible sur les marchés notamment grâce à l’exemple de Hong Kong. Ce sont des crédits en yuans chinois, et non pas en dollars hongkongais, la monnaie en vigueur sur l’île, qui deviennent de plus en plus populaires parmi la population.

Ainsi, le volume de prêts en yuans de l’un des principaux joueurs du secteur financier hongkongais, la banque britannique Standard Chatered a doublé au premier semestre de cette année. Et ce n’est qu’un début, explique-t-on dans cette banque.

Donner des crédits, vendre des instruments financiers, assurer, et tout cela en yuans chinois. Il n’y a pas si longtemps, les banquiers hongkongais ne croyaient pas que le yuan pourrait devenir la monnaie de toutes les transactions. Mais en 2010, ce phénomène est devenu bien réel. La Banque populaire de Chine et l'Autorité monétaire de Hong Kong ont signé un accord selon lequel les prêteurs de l’île ont obtenu le droit de fournir des services en renminbi, la monnaie nationale chinoise. Rien de surprenant que sur le fond d’une croissance stable de l’économie et la hausse non pas moins stable de la monnaie nationale, les habitants de Hong Kong les non-résidents aient décidé de profiter de cette nouvelle opportunité. Cet accord avec la Chine a permis à Hong Kong de renforcer sa position d’un des plus importants centres financiers mondiaux.

« La hausse de popularité du yuan dans le monde contribuera surtout à la croissance de Hong Kong », explique Sergueï Sanakoev, le directeur du Centre russo-chinois pour le Commerce et la Coopération économique. « Le monde perçoit Hong Kong comme une porte vers la Chine continentale. C’est pratique et confortable de travailler avec la Chine via Hong Kong non seulement dans la finance, mais aussi dans toutes les sphères de l’économie ».

En même temps, d’autres centres financiers mondiaux veulent priver Hong Kong son statut du centre des transactions en yuans à l’extérieur de la Chine. Ainsi, au début de cette année, les autorités financières britanniques ont affirmé sans l’ombre d’un doute que Londres devrait devenir le centre du commerce en monnaie chinoise. La Bourse de Singapour a également fait part au début de juillet de sa volonté de commencer à vendre des instruments financiers libellés en yuans. Cette popularité croissante du renminbi s’explique principalement par le fait que le taux de change de la monnaie chinoise est régulé par Pékin, qui ne lui permet pas de fortes fluctuations. A cela s’ajoute le rôle croissant de la Chine sur l’arène politique et économique internationale. Dans ce contexte, de nombreux experts anticipent déjà un repartage de la structure du marché des changes dans le monde.

« La Chine dicte déjà l’ambiance sur les principaux marchés des devises », analyse le professeur de la Haute école des Sciences économiques de Russie Iosif Diskine. « Ce sont déjà des signes de formation d’un nouvel ordre financier mondial. Ce nouvel ordre commence déjà à se former, et le dollar et l'euro cessent petit à petit de jouer un rôle dominant sur ce marché ».

La plupart des analystes estiment qu’au cours de la prochaine décennie, la monnaie chinoise ne deviendra pas une monnaie de réserve, la devise que les pays utiliseront pour stocker leurs réserves nationales. Les données statistiques plutôt défavorables confirment cette hypothèse. Selon la Banque des règlements internationaux, en 2011, la part des transactions de change avec le yuan atteignait à peine 1 %. La monnaie chinoise a donc un long chemin à parcourir avant d’atteindre au moins les positions actuelles du dollar ou de l’euro. 

Kirill Bezverkhi

mercredi 8 août 2012

En Afrique, "les groupes chinois profitent du retrait des Occidentaux"


Le 19 juillet, lors de la cinquième conférence ministérielle Chine-Afrique, Pékin a annoncé qu'il doublerait ses crédits alloués à l'Afrique. Mathieu Pellerin, chercheur à l'IFRI sur le programme Afrique, estime que la Chine est la puissance économique dominante en Afrique, qui favorise la croissance des pays du continent.

La présence chinoise a-t-elle un impact sur la croissance des pays africains ?

Les impacts sont indéniables, ils ont même été reconnus par le FMI, pour qui la présence chinoise a non seulement contribué à la croissance des PIB nationaux, mais a aussi été un facteur de résilience pour nombre d'Etats africains durant la crise financière. Les investissements chinois en Afrique sont assez diversifiés, ils s'orientent majoritairement vers le secteur manufacturier, et se développent dans le domaine bancaire.

La Chine a été un moteur pour la construction d'infrastructures. Elle fait également renaître des projets jugés insuffisamment rentables par les entreprises occidentales, comme des projets pétroliers au Niger. Mais, certaines industries africaines naissantes ont été touchées par la concurrence chinoise, et la population locale ne bénéficie pas toujours de l'effet d'aubaine de ces nouveaux projets, en raison d'un taux insuffisant de "local content", c'est-à-dire d'embauche et de sous-traitance locale.

Quels sont les autres pays du monde qui s'implantent en Afrique ? Sont-ils des concurrents sérieux pour la Chine ?

Les partenaires dits "traditionnels" (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon) perdent des parts de marché au profit des pays que l'on qualifie d'émergents, bien que certains aient déjà émergé, comme la Chine et l'Inde. Avec eux, la Corée du Sud et le Brésil sont parmi les acteurs les plus investis sur le continent. La Turquie y est également de plus en plus présente, de même que l'Iran, le Qatar et Dubaï.

Pour l'heure, l'Inde est le seul véritable Etat capable de concurrencer la Chine pour plusieurs raisons : elle dépend plus que la Chine de ses importations de pétrole et de minerai, sa croissance démographique préfigure un accroissement de ses besoins, les entreprises indiennes (Tata, Arcelor-Mittal...) sont de dimension mondiale. L'Inde, de part sa valeur ajoutée dans le domaine des NTIC [nouvelles technologies de l'information et de la communication], constitue un attrait certain pour nombre de pays africains. Reste à savoir si le pays honorera ses promesses en matière de transfert de technologies.

Les problèmes géopolitiques dans certains pays peuvent-ils être un frein à l'implantation chinoise ?

Bien au contraire, la Chine profite des désordres géopolitiques. Officiellement, le pays montre une réserve diplomatique dans les pays en crise, comme ce fut le cas au Soudan ou au Zimbabwe. Mais dans le même temps, les groupes chinois profitent du retrait des Occidentaux de ces pays pour pénétrer leurs marchés.

La Chine est de plus en plus soucieuse de préserver son image sur le plan international et de s'aligner sur la communauté internationale. Des actes de l'Etat chinois le prouvent, comme la participation à la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe d'Aden ou les pressions exercées par la Chine sur le régime d'Omar El Bechir au Soudan.

Le pays a conscience que la durabilité de sa présence ne pourra être assurée que par l'amélioration des conditions de ses implantations. Les entreprises chinoises sont donc désormais incitées par les autorités à s'engager en matière de responsabilité sociale, et ce, pour éviter les manifestations anti-chinoises, et dissuader les enlèvements de Chinois en Afrique.

Laure Beaulieu

mardi 24 juillet 2012

Comment la Chine rachète la Grèce!



Depuis la crise, la Chine investit massivement en Grèce.
Alors que le gouvernement Samaras va lancer dans les prochains mois une vague de privatisations, les Chinois veulent jouer les premiers rôles. Deux petits drapeaux grec et chinois trônent sur le bureau de Constantine Yannidis, à Athènes. Le jour est important : le président de la Chambre de commerce sino-hellénique reçoit la visite d’une dizaine d’entrepreneurs venus de la province chinoise de Jiang-Su. Ces dernières années, les Chinois montrent un intérêt croissant pour la Grèce, et les délégations investissent le bureau de M. Yannidis.

Une hausse de 250% des exportations

« En 1972, nous échangions pour 1 million de dollars. En 2012, le commerce gréco-chinois représente plus de 4 milliards de dollars »,détaille Constantine Yannidis. En un an, les exportations de la Grèce vers la Chine ont flambé. Au premier trimestre 2012, on enregistre une hausse de 250% par rapport à la même période sur l’année précédente. Le coton, le marbre et le vin grecs sont les produits les plus prisés des Chinois. Preuve de l’appétit de l’Empire du milieu, entre 2006 et 2010, la Chine a multiplié ses investissements dans l’industrie en Grèce par 1.000!

Un plan Marshall Chinois

« La Grèce n’est pas seulement la porte d’entrée de l’Europe. C’est aussi une voie d’accès pour la mer Noire, le Moyen-Orient, les Balkans», analyse Spyros Kouvelis, ancien ministre délégué aux Affaires étrangères, chargé de la diplomatie économique,entre 2009 à 2011. De par cette position stratégique, la Chine veut investir davantage dans l’énergie et les transports.

Alors que le gouvernement grec, sous pression de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), qui débarque cette semaine à Athènes pour mener une nouvelle mission, s’apprête à lancer un plan massif de 28 privatisations dans les prochains mois, la Chine veut décrocher les premiers contrats. « Pour la compagnie publique ferroviaire, les Russes et les Chinois sont fortement intéressés. La Chine reste également très attachée aux entreprises touristiques, et à la construction où ils sont très bons », confie Areti Skafidaki, première secrétaire aux Affaires économiques du ministère des Affaires étrangères grec.


Cosco, symbole de l’ambition chinoise en Europe

Car l'intérêt chinois pour la Grèce ne date pas de la crise. Dès 2005, le gouvernement de droite de Kostas Karamanlis tend la main à la Chine. En 2006, l’entreprise chinoise de télécommunications, Huawei, s’allie avec le grec OTE. En octobre 2010, Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, et son homologue grec, Georges Papandreou, signent 13 contrats de coopération économique entre les deux pays.

Wen Jiabao qualifie alors la Grèce de « partenaire le plus crédible de l'Union européenne ». Le Premier ministre chinois est convaincu qu’«au cours des cinq prochaines années, le volume du commerce entre les deux pays doublera, à 8 milliards de dollars. » A côté des transports et de l’énergie, les investisseurs chinois sont issus des télécoms (Zhongxing Telecom Equipment) ou de la construction (BCEGI). Et d’après plusieurs sources, l’ambassade chinoise en Grèce encourage l’implantation de petits commerçants chinois, en coopération avec le gouvernement grec. « Nous avons facilité la législation entre les deux pays. Les visas sont accordés plus aisément », avoue Spyros Kouvelis.

Petits commerçants

En 2008, la Grèce concède deux des trois embarcadères du Pirée, le port d'Athènes, à l’entreprise chinoise Cosco, pour 35 ans. Le géant chinois s’installe officiellement en juin 2010, sous la bannière de sa filiale, Pireus Container Terminal (PCT). « Notre chiffre d’affaires a progressé de 73% en 2011 », se félicite Tassos Vamvakidis, directeur commercial de Cosco. Si en 2009, des partis politiques, à l’image du Pasok, et des syndicats, se sont opposés à la privatisation d’une partie du port par les Chinois, les avis sont aujourd’hui partagés. « Beaucoup de gens travaillent pour Cosco », commente un restaurateur de Perama, le village voisin. « Ils engendrent des bénéfices et offrent la garantie d’un travail. »Le géant chinois du transport maritime emploie 750 salariés, dont seulement 8 chinois. « Nous sommes une compagnie grecque», assure fièrement Tassos Vamvakidis.

Main d’œuvre européenne, management chinois

La Chine se tourne désormais vers le « made in Europe ». Une délocalisation d’une partie de sa production sur le Vieux continent, afin de réduire les coûts et s’ajuster aux normes européennes. « Les Chinois essayent de s’adapter. J’ai connu d’autres nationalités, comme les Russes ou les Arabes, qui imposent plus leurs idées que les Chinois », affirme Spyros Kouvelis. Ainsi de l’entreprise chinoise de produits chimiques CSCC, qui s’est alliée avec la compagnie de poids lourds allemande, MAN, afin d’utiliser la technologie germanique.

Mais en Grèce, si les « bras » sont Hellènes, la « tête » demeure chinoise. La gouvernance des entreprises chinoises reste centralisée depuis Pékin, et les méthodes de travail, tournées vers la productivité, sont parfois loin des standards européens de protection sociale des travailleurs. «Il n’y a pas de planning de travail », confie Dimitrios, qui a travaillé 9 mois comme docker chez Cosco. « Tu reçois un SMS et trois heures après, tu dois être au travail. Tu n’as pas le droit d’être absent, sinon tu es sur la liste noire.» Au Pirée, côté Chinois, le statut est intérimaire, les salaires restent inférieurs au côté grec, et la couverture sociale, moindre.

Accords collectifs inexistants

Alors que le chômage en Grèce atteint 22,5% au premier trimestre 2012, les entreprises chinoises profitent ainsi de la crainte de perdre son emploi face à la crise. Sur l’embarcadère numéro 2 du Pirée comme en Chine, les accords collectifs sont inexistants. « J’ai été licencié car j’ai essayé de créer un syndicat », déplore Dimitrios. « Les employés sont effrayés à l’idée de faire grève. » Nikos, docker à l’embarcadère numéro un, résume, amer : « La Grèce est la porte d’entrée en Europe pour les mauvaises conditions de travail des Chinois ».

Au-delà de la position stratégique de la Grèce, la Chine a compris sa chance d’investir dans un pays en proie à une administration instable et à la régulation plus souple. « Un pays en crise est un pays vulnérable », explique Spyros Kouvelis. Cosco a ainsi convaincu le puissant lobby des armateurs grecs de construire ses bateaux en Chine, à bas coût. « Les armateurs grecs sont internationaux. Ils construisent des bateaux avec un rapport qualité-prix », justifie Nikos Vernicos, président de la Chambre internationale grecque de commerce, et lui-même armateur. « C’est une concurrence déloyale pour les autres ports européens, qui ont d’autres normes », regrette Giorgios Gogos, Secrétaire général de l’Union des dockers du Pirée.


lundi 9 juillet 2012

Baisse record de l'inflation en Chine



En Chine, l'inflation continue de baisser sur fond de réduction par le gouvernement des taux d'intérêts. En juin les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 %, le taux le plus bas depuis le début de 2010.

En juin, le gouvernement a baissé deux fois les taux d'intérêts s'efforçant de faire face au ralentissement le plus sérieux de la croissance économique depuis la crise financière mondiale de 2008.

jeudi 14 juin 2012

Dagong, l’agence de notation chinoise boudée par les Occidentaux



Par Marc Etcheverry

Standard and Poor’s a dégradé, vendredi 13 janvier 2012, la note de la dette souveraine française. Paris a perdu sont AAA. Pourtant, pour l’agence de notation chinoise Dagong, l’excellence française en matière de finance publique est déjà un lointain souvenir. Derrière les trois « historiques » que sont Moody’s, Fitch Ratings et Standard and Poor’s, la petite dernière assume un regard singulier et souhaite ardemment faire bouger les lignes au sein de la finance mondiale dominée par la vision occidentale.

A regarder le carnet de notes rempli par Dagong, on croirait ne pas avoir affaire à la même classe. Les élèves sont pourtant les mêmes. Pas les têtes de Turcs. La France ? Seulement un petit A+. La Chine ? C’est bien mieux : AA+. Les Etats-Unis ? A. Tout juste.
Dagong Global Credit Rating, apparu en Chine en 1994, a ainsi fait son entrée dans le club très fermé des agences de notation des dettes souveraines en juillet 2010, avec un rapport explosif sur une cinquantaine de pays. Là où Moody’s ou Fitch Ratings gratifiaient de la meilleure note possible les Etats moteurs de la zone euro, leur homologue chinois y trouvait à redire. Pour Dagong, par exemple, Paris n’a jamais perdu son AAA… puisqu’elle ne l’a jamais obtenu. Et son président, Guan Jianzhong, de tirer à cette même époque une salve de critiques à l’endroit de ses concurrents dans le Financial Times, pour remettre en cause leur indépendance vis-à-vis de leurs clients : « La crise financière a eu lieu parce que les agences de notation n’ont pas reflété correctement les risques ».


Culture de l’opacité


De fait, Dagong a bénéficié de la crise financière de 2008, et du discrédit jeté sur l’évaluation de nombreux actifs toxiques par les agences historiques. Mais son arrivée fut accueillie avec incrédulité par les acteurs du monde de la finance. Au moment où la Chine s’immisçait dans les économies européennes en difficulté, et s’opposait frontalement aux Etats-Unis sur la question de leur dette, les évaluations de Dagong, si elles ont attiré l’attention, ne lui ont pas apporté plus de crédit. « Dagong est perçue comme une agence sous influence politique », confirme Norbert Gaillard, consultant pour la Banque mondiale et auteur de l’ouvrage Les agences de notation (La Découverte). Ce spécialiste rappelle ainsi qu’en octobre 2010, la Security and Exchange Commission (SEC), l’organe de contrôle et de régulation des marchés financiers américains, lui a refusé son accréditation. Une décision qualifiée de « discriminatoire » par Guan Jianzhong, qui y a vu la volonté de Washington de garantir le monopole des « Trois » sur la marché de la notation internationale. Mais paradoxalement, le patron de Dagong a aussi avancé l’argument du droit de regard sur les investissements chinois aux Etats-Unis, ce qui donne à cette affaire un caractère autrement plus politique.
Il est vrai cependant que Dagong n’excelle pas dans la transparence. Hormis les déclarations tonitruantes de son PDG, et les notes assassines adressées aux pays développés, peu de choses sortent des murs de son siège, situé à Pékin. La société revendique 500 salariés, répartis dans 34 succursales éparpillées sur le sol chinois. En 2010, la société annonçait néanmoins, ambitieuse, l’embauche de 1000 employés sur deux ans.

Mais a-t-elle au moins l’oreille attentive de son propre pays, premier créancier au monde ? Rien n’est moins sûr. Ou du moins, Pékin utilise encore les indicateurs occidentaux pour faire valoir son droit de regard sur les économies qu’elle soutient : début août 2011, Dagong dégrade la note américaine, sans trop de remous. Quelques jours plus tard, Standard and Poor’s fait de même et retire son AAA à Washington. Les autorités chinoises se déchaînent. La Chine possède toujours près de 8% de la dette américaine.

L’agence des pays émergents
La méthode de calcul est au centre des interrogations. « Dagong surpondère les critères de dette publique et de croissance du PIB, c'est pourquoi elle note très bien les grands pays émergents, les BRIC - Brésil, Russie, Inde et Chine - ainsi que l'Arabie Saoudite, qui se sont désendettés au cours des années 2000 grâce à une forte croissance économique, explique Norbert Gaillard. En revanche, elle est beaucoup plus sévère à l'égard des pays industrialisés qui ont des ratings bien plus bas ». Lorsqu’elle dégrade la note française (de AA- à A+), au début du mois de décembre dernier, Dagong justifie sa décision par la perte de compétitivité internationale de l’économie française, en tablant sur une croissance très faible.
Mais alors, en dépit des soupçons de partialité qui pèsent sur elle, Dagong est-elle néanmoins dans le vrai ? Pour l’économiste Patrick Artus, directeur de la Recherche et des Etudes économiques chez Natixis et professeur à l’Ecole polytechnique, la méthode de calcul de Dagong n’est pas à railler. Dans une note rédigée en juin 2011, il conclut ainsi que les valeurs attribuées par l’agence chinoise à six pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Belgique, Italie et Espagne) sont plus proches de la réalité que celles de Moody’s, Fitch Ratings et Standard and Poor’s. Et de fait, si les notes ne sont pas les mêmes, plusieurs dégradations opérées par Dagong ont été imitées peu de temps après par ses concurrentes.

mardi 10 janvier 2012

Comment la Chine et l'Inde développent leurs marchés financiers


Dans une note publiée en mars, Patrick Artus, directeur de la recherche chez Natixis, rappelait que la croissance économique précédait toujours celle du secteur financier. Il citait à l'appui des chiffres édifiants : les marchés obligataires sont dix fois plus importants dans les pays de l'OCDE que dans les pays émergents, les marchés d'action trois fois plus grands.

Deuxième économie mondiale, la Chine est effectivement encore très loin des pays occidentaux en matière de système financier. De même pour l'Inde, qui cherche à faire grossir ses flux d'argent frais en ouvrant la porte de ses Bourses aux investisseurs étrangers.

Ce "retard" s'explique par un choix relativement similaire pour les deux géants asiatiques : celui d'avoir refusé de se plier aux injonctions du FMI dans les années 90, qui plaidait pour une libéralisation totale des marchés. Un choix judicieux, quand on sait les ravages que la crise financière de 1997-1998 a fait en Amérique latine.

Des marchés fermés dans une économie planifiée

Les marchés financiers chinois restent à l'heure actuelle très peu ouverts aux investisseurs, qu'ils soient nationaux ou étrangers, et pour cause : "Jusque dans les années 80, le gouvernement distribuait directement aux ménages la somme d'argent exacte qu'il souhaitait que les Chinois dépensent", explique Anne-Laure Delatte, professeur d'économie à la Rouen Business School et spécialiste des marchés émergents. Lorsque ce carcan s'est brisé et que les Chinois ont pu disposer de plus d'argent que ce qu'ils pouvaient dépenser, ils se sont mis à investir.

"Mais à cette époque, l'économie est encore extrêmement planifiée, le gouvernement dit aux banques combien prêter et à qui prêter", précise-t-elle. Inefficient, ce système ne permet pas une affectation optimale des ressources, "c'est à ce moment qu'on voit apparaître les 'bad loans' en Chine, des prêts non performants (prêts qui n'ont pas été remboursés trois mois ou plus après la dernière échéance)".

Une libéralisation plus profonde serait nécessaire pour renforcer l'efficience des marchés, mais les gouvernements indien et chinois, malgré des initiatives, restent timides : la crise de 1997-1998, et plus récemment celle des subprimes, ne plaide pas en faveur d'une plus grande ouverture.

De fait, la taille réduite des secteurs financiers chinois et indien, ainsi que leur sévère réglementation, font que les indices boursiers sont de pâles reflets de la situation économique dans ces pays.

Le financement du développement économique en question

Faute de secteur financier performant, l'investissement en Chine se fait principalement à travers du cash prélevé sur les profits des entreprises, et non par le recours au crédit et à la dette. "Les taux d'intérêt, imposés par le gouvernement, sont très bas, explique Anne-Laure Delatte. Si vous défalquez l'inflation, ils sont négatifs, les Chinois n'ont donc aucun intérêt à placer leur argent sur les marchés."

Mieux vaut investir directement dans l'économie chinoise qui, avec un taux de croissance qui a frôlé les 10 % pendant plusieurs années, reste très rentable. Tout le contraire des pays occidentaux, où les rendements sur les produits financiers peuvent très largement surpasser les taux de croissance.

Cela dit, le financement de l'économie par le biais des marchés financiers présente l'avantage d'optimiser l'affectation des ressources entre acheteurs et vendeurs, afin que les investissements soient satisfaisants pour tout le monde. "Cela favoriserait un développement économique plus équilibré et les rendements seraient plus intéressants", estime Anne-Laure Delatte.

Une gouvernance encore très insuffisante

Les marchés financiers chinois et indien cumulent deux défauts : d'une part ils sont très fermés et sous-dimensionnés par rapport à l'économie de ces pays, d'autre part leur gouvernance reste très insuffisante. Les scandales financiers et délits d'initiés ne sont pas rares, ce qui explique pourquoi le gouvernement chinois a choisi de libéraliser les capitaux petit à petit, et d'éviter ainsi un afflux d'argent propice aux détournements.

De fait, les acteurs financiers sont encore mal armés pour jouer sur les marchés internationaux. A l'inverse, les investissements étrangers comptent pour à peine 1 % des flux financiers en Chine. "Comme les émergents restent attractifs, les gouvernements mettent des barrières à l'entrée de capitaux étrangers pour éviter la spéculation et l'inflation", décrit Anne-Laure Delatte.

Face à ces écueils, il est plus facile pour les autorités de faire marche arrière et de ralentir le mouvement de libéralisation des marchés. Une pause qui se justifie également par le durcissement de la réglementation dans les pays occidentaux, et par le repli, lié à la crise, des investisseurs occidentaux sur leur marché national.

Pour autant, la Chine et l'Inde se sont engagées à se conformer aux règles de Bâle 3 sur la solvabilité des banques, un engagement facilité par le fait que ces deux pays n'ont été touchés ni par la crise des subprimes, ni par celle de la dette.

De timides réformes pour attirer les étrangers

La crise a provoqué le retrait de certains acteurs de la finance des pays émergents, notamment dans le "retail" : plus aucune banque étrangère n'officie dans la banque de détail en Russie, Goldman Sachs s'est retirée de Chine, et la pourtant très internationale HSBC a également réduit la voilure.

Pour compenser le tarissement de flux qui contribuent, dans une certaine mesure, à financer la croissance chinoise, Pékin a récemment donné la possibilité aux détenteurs de yuans "offshore" d'investir sur les marchés chinois, et a augmenté ses quotas sur les investissements étrangers. Autant de mesures destinées à faire oublier que la Bourse de Shanghaï a chuté de près de 22 % en 2011.

Audrey Fournier

samedi 7 janvier 2012

L'Afrique est une «mine d'or» pour les investissements, selon Pékin



Le ministre chinois des affaires étrangères Yang Jiechi a comparé jeudi l'Afrique à une "mine d'or" pour les investissements étrangers, et a promis de sensibiliser les entreprises chinoises au respect du droit du travail en Afrique, lors d'une visite en Namibie.
"L'Afrique est une terre fertile pour les investisseurs étrangers, et c'est une mine d'or pour attirer les investisseurs étrangers, spécialement pour (construire) les infrastructures, qui sont le sang et les muscles d'un pays", a déclaré M. Yang après une rencontre avec son homologue namibien Utoni Nujoma, au terme de la dernière étape d'une tournée qui l'a conduit au Niger et en Côte d'Ivoire.
La Chine est omniprésente sur le sol africain
A ceux qui reprochent aux entreprises chinoises de maltraiter le droit du travail, le ministre a répondu: "Je ne dis pas que toutes les entreprises chinoises se sont conduites parfaitement", a admis M. Yang, "mais nous avons dit à nos entreprises de se conformer au droit local".
Les deux ministres ont signé un accord de coopération, qui prévoit notamment un prêt à la Namibie de 2,5 millions d'euros.
Selon les chiffres de la chambre namibienne de commerce et d'industrie, 27 sociétés chinoises sont actuellement actives en Namibie dans les domaines des travaux publics, des mines, de l'ingéniérie, de la technologie de l'information et dans les services financiers.
Selon un rapport de la Banque mondiale daté de décembre, quelque 35.000 Chinois vivent en Namibie, un pays de deux millions d'habitants.
La Chine est omniprésente en Afrique, tant dans les entreprises d'exploitation des ressources minières que dans les investissements d'infrastructures, routes, trains, énergie. En Namibie, la Chine a apporté ces dernières années une aide directe en construisant des routes, des écoles et des hôpitaux dans des régions reculées.
AFP