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vendredi 28 décembre 2012

Inde: Des ouvriers brûlent leur patron



Un millier de travailleurs d'une plantation de thé dans le nord-est de l'Inde ont brûlé leur patron et son épouse à l'intérieur de leur maison dans la nuit de mercredi.
L'incident a eu lieu après deux semaines de conflit entre les ouvriers et le patron de cette plantation de Kunapathar, dans l'État d'Assam.
Selon la police locale, les ouvriers ont incendié la résidence et deux véhicules après que le patron eut demandé à 10 travailleurs de quitter leur logement.
Les corps calcinés de Mridul Kumar Bhattacharyya et de son épouse ont été retrouvés par les policiers après l'extinction de l'incendie.
La police détient trois travailleurs qui auraient été impliqués dans l'incendie.
Une ouvrière de la plantation interrogée par une chaîne de télévision locale a déclaré que le patron « méritait d'être tué, car il nous exploitait depuis longtemps et nous torturait pour rien ».
Il y a deux ans M. Bhattacharyya a fait face à une manifestation d'ouvriers en colère dans une autre plantation.
À l'époque, les ouvriers ont allumé un feu près de l'usine. Ils alléguaient que le patron avait tiré sur des ouvriers qui protestaient devant sa maison, l'accusant d'avoir agressé une femme.
De nombreux incidents ont eu lieu ces dernières années dans les plantations de thé dans l'État d'Assam. Les 800 plantations de thé de l'État d'Assam produisent 55 % du thé en Inde.

Source: Radio-Canada

jeudi 2 août 2012

L'Inde accepte d'assurer les convois pétroliers iraniens!



Les sociétés d'assurance en Inde ont accepté d'assurer les camions citernes iraniens qui transportent du pétrole.

Selon Bloomberg, l'Inde est le troisième client du pétrole iranien et il est décidé à offrir une couverture d'assurence aux convois pétroliers de l'Iran qui ne peuvent bénéficier de l'assurance européenne en raison des sanctions. "100 millions de dollars pour chaque envoie, c'est le montant que les firmes indiennes propose à l'Iran " Ainsi la raffinerie Manglor , la plus grande de l'Inde pourra reprendre ses importations du pétrole iranien. 

samedi 14 avril 2012

Inde, le plus grand importateur du pétrole iranien


L'Inde a été au premier trimestre de 2012, le plus grand importateur du brut iranien, selon les statistiques d'un institut de recherche, Petrologistics, à Genève.

L'Inde importe 433 mille de barils de brut iranien par jour. Les importations indiennes durant cette période ont enregistré une hausse de 23% par rapport à la même période de l'année précédente. Durant le premier trimestre 2011, l'Inde a importé 351 mille de barils de pétrole iranien par jour.

jeudi 2 février 2012

Pétrole: l’Iran accepte d’être payé par l’Inde à hauteur de 45% en roupies



L'Iran a accepté de recevoir 45% des versements pétroliers de l'Inde en roupies, qui seront transférés via une banque indienne hors de portée des sanctions américaines et européennes, a rapporté jeudi le quotidien The Indian Express.

Les deux pays ont choisi la banque UCO Bank, dont le siège est à Calcutta (est), pour le versement d'une partie de la facture annuelle de l'Inde estimée à 12,68 milliards de dollars, selon le quotidien qui ne cite pas de sources.

L'Inde paie actuellement 20% de ses importations iraniennes de brut en roupies. Les 80% restants sont versés en euros via une banque turque, la Turkiye Halk Bankasi.

Mais New Delhi, qui a annoncé son intention de continuer à acheter du pétrole à l'Iran, a dit craindre que ce canal turc ne puisse plus être utilisé pour payer le pétrole iranien en raison des nouvelles sanctions européennes liées au programme nucléaire de Téhéran.

Les pays de l'Union européenne se sont mis d'accord le 23 janvier pour imposer un embargo pétrolier graduel sans précédent contre l'Iran ainsi que pour sanctionner sa banque centrale afin d'assécher le financement de son programme nucléaire.

L'Iran est le deuxième plus important fournisseur de pétrole à l'Inde après l'Arabie saoudite, assurant environ 12% des besoins de ce pays en plein développement. L'Inde est aussi l'un des principaux clients du pétrole iranien avec environ 400.000 de barils de pétrole achetés par jour.

mardi 10 janvier 2012

Comment la Chine et l'Inde développent leurs marchés financiers


Dans une note publiée en mars, Patrick Artus, directeur de la recherche chez Natixis, rappelait que la croissance économique précédait toujours celle du secteur financier. Il citait à l'appui des chiffres édifiants : les marchés obligataires sont dix fois plus importants dans les pays de l'OCDE que dans les pays émergents, les marchés d'action trois fois plus grands.

Deuxième économie mondiale, la Chine est effectivement encore très loin des pays occidentaux en matière de système financier. De même pour l'Inde, qui cherche à faire grossir ses flux d'argent frais en ouvrant la porte de ses Bourses aux investisseurs étrangers.

Ce "retard" s'explique par un choix relativement similaire pour les deux géants asiatiques : celui d'avoir refusé de se plier aux injonctions du FMI dans les années 90, qui plaidait pour une libéralisation totale des marchés. Un choix judicieux, quand on sait les ravages que la crise financière de 1997-1998 a fait en Amérique latine.

Des marchés fermés dans une économie planifiée

Les marchés financiers chinois restent à l'heure actuelle très peu ouverts aux investisseurs, qu'ils soient nationaux ou étrangers, et pour cause : "Jusque dans les années 80, le gouvernement distribuait directement aux ménages la somme d'argent exacte qu'il souhaitait que les Chinois dépensent", explique Anne-Laure Delatte, professeur d'économie à la Rouen Business School et spécialiste des marchés émergents. Lorsque ce carcan s'est brisé et que les Chinois ont pu disposer de plus d'argent que ce qu'ils pouvaient dépenser, ils se sont mis à investir.

"Mais à cette époque, l'économie est encore extrêmement planifiée, le gouvernement dit aux banques combien prêter et à qui prêter", précise-t-elle. Inefficient, ce système ne permet pas une affectation optimale des ressources, "c'est à ce moment qu'on voit apparaître les 'bad loans' en Chine, des prêts non performants (prêts qui n'ont pas été remboursés trois mois ou plus après la dernière échéance)".

Une libéralisation plus profonde serait nécessaire pour renforcer l'efficience des marchés, mais les gouvernements indien et chinois, malgré des initiatives, restent timides : la crise de 1997-1998, et plus récemment celle des subprimes, ne plaide pas en faveur d'une plus grande ouverture.

De fait, la taille réduite des secteurs financiers chinois et indien, ainsi que leur sévère réglementation, font que les indices boursiers sont de pâles reflets de la situation économique dans ces pays.

Le financement du développement économique en question

Faute de secteur financier performant, l'investissement en Chine se fait principalement à travers du cash prélevé sur les profits des entreprises, et non par le recours au crédit et à la dette. "Les taux d'intérêt, imposés par le gouvernement, sont très bas, explique Anne-Laure Delatte. Si vous défalquez l'inflation, ils sont négatifs, les Chinois n'ont donc aucun intérêt à placer leur argent sur les marchés."

Mieux vaut investir directement dans l'économie chinoise qui, avec un taux de croissance qui a frôlé les 10 % pendant plusieurs années, reste très rentable. Tout le contraire des pays occidentaux, où les rendements sur les produits financiers peuvent très largement surpasser les taux de croissance.

Cela dit, le financement de l'économie par le biais des marchés financiers présente l'avantage d'optimiser l'affectation des ressources entre acheteurs et vendeurs, afin que les investissements soient satisfaisants pour tout le monde. "Cela favoriserait un développement économique plus équilibré et les rendements seraient plus intéressants", estime Anne-Laure Delatte.

Une gouvernance encore très insuffisante

Les marchés financiers chinois et indien cumulent deux défauts : d'une part ils sont très fermés et sous-dimensionnés par rapport à l'économie de ces pays, d'autre part leur gouvernance reste très insuffisante. Les scandales financiers et délits d'initiés ne sont pas rares, ce qui explique pourquoi le gouvernement chinois a choisi de libéraliser les capitaux petit à petit, et d'éviter ainsi un afflux d'argent propice aux détournements.

De fait, les acteurs financiers sont encore mal armés pour jouer sur les marchés internationaux. A l'inverse, les investissements étrangers comptent pour à peine 1 % des flux financiers en Chine. "Comme les émergents restent attractifs, les gouvernements mettent des barrières à l'entrée de capitaux étrangers pour éviter la spéculation et l'inflation", décrit Anne-Laure Delatte.

Face à ces écueils, il est plus facile pour les autorités de faire marche arrière et de ralentir le mouvement de libéralisation des marchés. Une pause qui se justifie également par le durcissement de la réglementation dans les pays occidentaux, et par le repli, lié à la crise, des investisseurs occidentaux sur leur marché national.

Pour autant, la Chine et l'Inde se sont engagées à se conformer aux règles de Bâle 3 sur la solvabilité des banques, un engagement facilité par le fait que ces deux pays n'ont été touchés ni par la crise des subprimes, ni par celle de la dette.

De timides réformes pour attirer les étrangers

La crise a provoqué le retrait de certains acteurs de la finance des pays émergents, notamment dans le "retail" : plus aucune banque étrangère n'officie dans la banque de détail en Russie, Goldman Sachs s'est retirée de Chine, et la pourtant très internationale HSBC a également réduit la voilure.

Pour compenser le tarissement de flux qui contribuent, dans une certaine mesure, à financer la croissance chinoise, Pékin a récemment donné la possibilité aux détenteurs de yuans "offshore" d'investir sur les marchés chinois, et a augmenté ses quotas sur les investissements étrangers. Autant de mesures destinées à faire oublier que la Bourse de Shanghaï a chuté de près de 22 % en 2011.

Audrey Fournier

lundi 9 janvier 2012

Quand l'Inde doute d'elle-même


Le chiffre ferait rêver l'Occident en crise. Mais en Inde, il effraie autant qu'un cauchemar. Le taux de croissance devrait se tasser cette année à 6 % "dans le pire des cas", prévoient la plupart des experts. Finie l'euphorie des 9 % ! Voilà le géant émergent d'Asie condamné à expier l'ivresse des hauteurs à laquelle il s'était accoutumé. "Au bord de l'abîme", vient de titrer l'hebdomadaire India Today dans un dossier de début d'année consacré au ralentissement indien. Un "abîme" à 6 %, beaucoup d'Européens et d'Américains achèteraient volontiers pareil purgatoire. Mais l'Inde au milliard cent millions d'habitants, encore frappée de pauvreté massive, a bien sûr d'autres exigences si elle veut maintenir un équilibre social précaire.

Les Indiens broient donc du noir. Le poison du doute s'instille dans des esprits jusque-là abonnés à l'optimisme. La success story indienne "a déraillé", s'afflige le pessimiste India Today, qui anticipe un enchaînement d'horreurs pour 2012 : érosion de la roupie, gonflement des déficits budgétaires et commerciaux, inflation élevée, taux d'intérêt prohibitifs, chute des investissements...
India Inc., ainsi que l'on nomme la classe des entrepreneurs du type Tata ou Mittal, n'a-t-elle pas déjà voté avec ses pieds ? Il est sorti d'Inde en 2011 plus de capital qu'il n'en est rentré. La faute à qui ? "A la paralysie du gouvernement", dénonce l'hebdomadaire proche des milieux d'affaires et intraitable avec le Parti du Congrès au pouvoir à New Delhi, formation de centre gauche qui n'en finit pas d'hésiter entre réformes économiques et préoccupations sociales.
A chacun son doute. Si India Inc. et India Today doutent du réformisme du gouvernement, bien des groupes sociaux à travers le pays doutent tout simplement du bien-fondé de ce réformisme-là. Et l'on comprend mieux alors l'attentisme du pouvoir, assiégé par la marée montante de résistances qui sonnent comme un écho à l'internationale des indignés et autres occupiers (occupants). La rue a grondé en Inde ainsi qu'à Athènes, Madrid et ailleurs, relèvent tous les magazines indiens sacrifiant au rituel des bilans de fin d'année.
A la différence près que, vu les caractéristiques locales, cette rue indienne ressemble plus à des sentiers ou des pistes qu'à des boulevards. Tribus des forêts du centre s'insurgeant contre les dépossessions foncières - jusqu'à soutenir une rébellion armée maoïste -, villageois du Tamil Nadu ou du Maharashtra dressés contre des projets de centrales nucléaires russes ou françaises, ouvriers de l'automobile en grève dans l'Haryana... La liste est longue des révoltes locales interrogeant de facto la voie empruntée par la success story indienne.
Cette effervescence ramène en fait à une évidence lourde trop souvent occultée par la célébration glamour de la "shining India" (l'Inde brillante). "Il existe une forte inclination à l'anticapitalisme dans la culture politique indienne", rappelle dans l'hebdomadaire Outlook Pranab Bardhan, professeur d'économie à l'université de Berkeley (Californie). Le "populisme du small is beautiful" perpétué par l'héritage de Gandhi n'y est pas étranger, précise l'universitaire.
Dans ce fond de l'air électrique, même la bourgeoise urbaine a regimbé. Là est l'autre fait majeur de l'année écoulée. La classe moyenne des villes, qui cultivait jusqu'alors un dédain ostentatoire pour la chose publique, est sortie de sa réserve. Son mot d'ordre : "Halte à la corruption !" Son héros : Anna Hazare, un ancien chauffeur de l'armée devenu une sorte de pèlerin de la cause gandhienne. India Today l'a plébiscité "homme de l'année 2011" pour son "audace de guerrier moral".
Conservateur puritain, Anna Hazare (74 ans) a galvanisé les foules lors de ses grèves de la faim menées contre la corruption galopante qui gangrène le système politique indien. Depuis l'automne 2010, le public indien assistait ébahi, incrédule, écoeuré, à la révélation d'une série de scandales de haut vol impliquant des proches du Parti du Congrès. La colère n'a pas tardé à exploser. La silhouette patriarcale et têtue d'Anna Hazare, coiffé du traditionnel topi (calot) blanc, a donné un visage à cette fureur de l'opinion, relayée par des télévisions commerciales très agressives. Ses jeûnes publics tenaient autant de la méditation d'ashram que du show médiatique. Il n'est pas sûr que les jeunes gens éduqués qui l'ont aidé à structurer son mouvement partagent son intégrisme vertueux. N'a-t-il pas appelé à flageller les alcooliques ?
Qu'importe, Anna Hazare a fait trembler le Parti du Congrès. Ce fut le séisme politique de l'année. La démocratie élitiste à l'indienne, où le pouvoir a toujours été l'affaire d'un club fermé, est sous pression.
D'Anna Hazare aux paysans en révolte, c'est finalement une même faille qui s'ouvre. "Deux plaques tectoniques entrent en collision", résume dans OutlookPratap Bhanu Mehta, président du think tank Centre for Policy Research. La première est celle de "pratiques d'Etat" datant de l'âge bureaucratique précédant les réformes économiques de 1991. La seconde est celle de la "nouvelle dynamique des aspirations" de la société. Avec 6 % seulement de croissance, le choc menace d'être plus rude encore.
Entre "abîme" et "plaques tectoniques", il faut se faire géologue pour décoder la nouvelle Inde du doute.

Frédéric Bobin