mercredi 20 juin 2012

Les banquiers suisses renoncent à leurs vacances, par peur d'être arrêtés


IRIB- Partir à l'étranger pour les vacances d'été serait trop risqué pour plusieurs banquiers qui pourraient être impliqués dans le contentieux fiscal qui oppose la Suisse aux Etats-Unis et à d'autres pays. Onze banques suisses sont impliquées dans ce litige, accusées d'avoir encouragé des clients américains à frauder le fisc. Des banques comme HSBC ou le Crédit suisse ont, déjà, communiqué le nom d'environ 10.000 employés aux autorités américaines, afin d'éviter le sort de la banque privée Wegelin, qui a sombré, en janvier, suite à la menace d'une inculpation, selon ses employés et avocats. La menace est à prendre au sérieux, plusieurs banquiers suisses ayant conseillé des clients américains ont, déjà, été inculpés, aux Etats-Unis. Certains risqueraient même l'extradition.

 "Si les banquiers se rendent aux Etats-Unis, il y a un risque réel d'arrestation. Je leur conseillerais de ne pas quitter la Suisse", a déclaré Rudolf Wyss, ancien directeur adjoint du Département fédéral suisse de la justice. "S'il y a un mandat d'arrêt international, vous pourriez être arrêtés, par exemple, en France, en Italie et, ensuite, extradés aux Etats-Unis", a-t-il ajouté. La Suisse espère que l'élection présidentielle américaine de novembre prochain permettra de trouver un compromis sur ce litige entre les deux pays. Pour les banquiers suisses, qui souhaitent, coûte que coûte, partir au soleil, il leur reste la possibilité de choisir des destinations, qui n'ont pas d'accord d'extradition avec les Etats-Unis, comme la Tunisie, par exemple.

lundi 18 juin 2012

Alerte: escroquerie sur les fausses pièces d’or!



Un article proposé par Robin F. par e-mail qui relate sa mésaventure, assez catastrophique, à faire circuler donc!!!

Bonjour, je voulais vous raconter une mésaventure qui m’est arrivée récemment à Paris. C’est super grave et il m’a paru nécessaire de vous la faire partager afin d’éviter que d’autres vivent le même cauchemar.

Tout a commencé par la lecture des 2 derniers livres de Pierre Jovanovic. Ses analyses me parurent d’une pertinence remarquable, et pas mal de mes certitudes sur l’ordre apparent du monde vacillèrent. Ce fut comme un réveil brutal : des choses que je n’avais jamais envisagées me sautaient à la figure, et je voyais le monde d’une autre façon. Je fis alors des recherches sur Internet et découvris moult sites ou blogs traitant de sujets analogues, et des aspects économiques ou géopolitiques et de l’évolution actuelle de notre monde. Finalement tout ceci m’amena à décider d’investir dans des pièces d’or.

SAUVER MES ECONOMIES

Alors comment acheter de l’or sans risquer de me faire avoir, car je n’y connaissais rien du tout. Comme j’avais trouvé plein d’articles parlant de fausses pièces et qui m’avaient plutôt inquiété, j’approfondis mes recherches, rassemblai de multiples documents et photos, appris les trucs pour tester les pièces, et achetai tout le matériel : livres, balance de précision, pierre de touche et réactifs, loupe, etc. Me sentant désormais prêt, je furetai sur les sites de vente en ligne et de petites annonces. Renonçant à la vente à distance trop risquée, je retenus quelques petites annonces me paraissant sérieuses. Finalement, je fis des achats à hauteur de mon budget auprès de 3 vendeurs. Toutes mes économies y étaient passées, et j’étais paré pour affronter l’effondrement financier inéluctable.
Quelques jours plus tard, au cours d’une conversation avec des amis sur ce sujet, je leur montrai mes pièces, tout fier. Mais une amie qui travaille dans une banque émit de forts doutes sur un des 3 lots. Cela représentait les 2/3 de mes économies et mon sang se glaça suite à sa remarque ! Et si je m’étais fait arnaquer malgré toutes mes précautions ? Elle me conseilla de faire expertiser mes pièces et me recommanda une officine spécialisée sur Paris.

L’EXPERTISE NECESSAIRE

Cette nuit-là, impossible de dormir ! Et si j’avais tout perdu ? Je repensais sans cesse l’achat du lot en question (des 20 francs or Napoléon tête laurée) dans un café proche de la Bourse, je revoyais la tête du vendeur qui m’avait paru fort sympathique : un gars avec l’accent du sud, vers la soixantaine et qui ressemblait à un acteur américain. Un type très avenant et à qui on aurait fait toute confiance.
Dès le lendemain, j’amenai mes 3 lots à l’officine. Mon inquiétude grandissait au fur à mesure que l’expert examinait les pièces, et quand à la fin il m’annonça que tout le lot suspect était bien faux, je me décomposais sur place. Pourtant, j’avais fait tous les tests ; je ne comprenais pas. Il me dit que c’étaient des contrefaçons de très bonne facture, et que n’importe quel débutant s’y serait laissé prendre. J’étais totalement effondré ! Anéanti !
Heureusement, les petits lots achetés aux 2 autres vendeurs étaient bons. Ouf, un tiers de mes économies était sauvé. Puis nous discutâmes un long moment et il m’expliqua plein de choses, que je vais vous résumer.

UNE CONJONCTURE QUI CREE L’AUBAINE

Depuis quelques années, la conjoncture de crise financière a engendré une certaine inquiétude chez le grand public, et la demande pour les investissements en métaux précieux a fortement augmenté. Parallèlement, le phénomène a été renforcé par la blogosphère où certains blogueurs hyperactifs ont attisé les braises sous le vent de la crise. Or, lorsque la demande explose, la clientèle s’élargit : il arrive donc sur le marché plein d’acheteurs potentiels qui n’y connaissent souvent rien. Et pour payer moins cher et éviter les taxes et les formalités, le marché parallèle est très attrayant. Pourtant, il est fort risqué de s’y aventurer sans expérience, car c’est une aubaine pour les faussaires qui profitent de ce juteux marché en expansion, face à tous ceux qui arrivent sans avoir les moyens de détecter les arnaques.

En fait, depuis toujours les pièces d’or ont attiré les faussaires, et quasiment toutes les pièces françaises ont été contrefaites. Il y eut des faux plus ou moins réussis selon les époques, mais aujourd’hui les techniques modernes sont très performantes et permettent de produire des contrefaçons d’une excellente facture. Et alors qu’il y a peu de chance d’en retrouver chez les revendeurs officiels, elles sont très fréquentes sur le marché parallèle.

LES CONTREFAÇONS ET LES REMEDES

On trouve 4 types principaux de contrefaçons, et les plus souvent détectées ces dernières années appartiennent aux 2 dernières catégories :
1. Pièces en métal quelconque plaqué or. Faux souvent anciens, faciles à identifier au poids.
2. Pièces en or au bon titre, mais qui ne sont pas d’origine. La gravure ou la frappe sont imparfaites ou ont des erreurs. Faux souvent anciens, au bon poids, mais faciles à identifier à l’observation.
3. Pièces en or avec un titre inférieur. Faux anciens et modernes, au bon poids, mais relativement faciles à détecter à l’observation et la touche.
4. Pièces fourrées au tungstène, comme pour les lingots. Faux modernes, au bon poids et bon titre : les plus difficiles à détecter.
Pour mémoire, les titres officiels de l’or sont : 24 carats = 999/1000 d’or pur … 22 carats = 917/1000 … 20 carats = 833/1000 … 18 carats = 750/1000. Il existe le titre 800/1000 (19,2 carats) au Portugal, et 900/1000 correspond à 21,6 carats.

* Pour la 3ème catégorie, prenons les pièces françaises à 900/1000. Tester la pièce avec un acide 20-24 k tout fait et une seule trace sur la pierre de touche, ne permet pas forcément de détecter les faux. Comme cet acide est calibré pour 833, une pièce de ce titre passera le test avec succès, mais elle contiendra en réalité moins d’or que la 900.
Pour contourner ce problème, il faut toujours faire une touche comparative : on réalise de 2 traces sur la pierre, une avec la pièce à tester, l’autre avec un touchau au titre choisi (900/1000, soit 22 k). Si le titre de la pièce testée est inférieur, l’acide dissoudra plus cette trace et la couleur disparaitra un peu plus que sur celle de référence.
 Un test complémentaire très utile est celui de la sonorité. Une pièce d’or authentique a un timbre spécifique, et le son d’une avec moins d’or (et plus de cuivre, tungstène, etc.) sera différent. Ainsi, en faisant sonner les pièces, on peut arriver par comparaison à détecter les contrefaçons. Cela demande néanmoins une grande habitude.

* Ensuite, celles de la 4ème catégorie sont techniquement très élaborées et si bien faites que les tests classiques ne sont pas suffisants. En effet, le titre est souvent bon, et comme le tungstène a la même densité que l’or, le poids est respecté.

Il y a quelques décennies, ce type de fraude ne concernait que les lingots. Puis, la technique s’est perfectionnée et apparut sur les grosses pièces de 20 à 24 carats comme les 100 FF. Mais aujourd’hui même les petites pièces comme les 20 FF sont concernées. Pour les lingots, un bloc de tungstène est enrobé de quelques mm d’or au bon titre : ces faux contiennent au final moins de 10 % d’or. Et dans les petits fourrés avec des barres de tungstène, la quantité d’or de dépasse pas 40 %. Pour les pièces, une fine pastille de tungstène de quelques dixièmes de mm d’épaisseur est insérée entre 2 couches d’or au bon titre : elles contiennent souvent moins de 50 % d’or. Un vrai jackpot pour les trafiquants !

Ici aussi, le test de la sonorité peut attirer l’attention, mais un seul test permet vraiment de détecter les faux : la résistivité électrique au moyen d’un micro-ohmmètre de précision. Cela fonctionne avec les lingots et les pièces de 20 à 24 K : comme chaque métal a une résistivité spécifique, on utilise des abaques selon les différents mélanges métalliques utilisés en fonderie. Et ce test est imparable. Ouf.

L’ARNAQUE

Pour revenir aux pièces qu’on m’a refilées (voir la photo), ces Napoléons tête laurée sont des contrefaçons récentes : elles ont l’apparence de pièces neuves avec un aspect très brillant, ont un son aigu, sont très rouges, et le poids est bon. Mais si on en observe plusieurs côte à côte à la loupe, on remarque que des traces d’usure et des marques se retrouvent à l’identique sur toutes les pièces : la pommette, l’arcade, la moustache, le bord des feuilles, les nœuds de la draperie, le haut des sceptres et la couronne. A l’évidence, la copie a été faite à partir d’une pièce usagée. Enfin, elles ont un titre inférieur, mais je ne sais pas si elles ont une pastille de tungstène, car il n’a pas fait le test.
Il faut savoir que le temps qui passe mate tout métal, et la pièce perd naturellement son brillant d’origine. En fait il n’existe que de rares exemplaires de ces pièces frappées il y a plusieurs décennies qui ont conservé un aspect d’origine exempt d’usure. Elles valent une fortune et ne se retrouvent pas sur le marché. Donc, que des pièces aussi anciennes soit si brillantes et que les traces d’usure soient identiques d’une pièce à l’autre, ça suffit pour immédiatement les identifier comme des contrefaçons. Selon ses dires, tous les modèles de pièces françaises en or de 20 à 100 FF ont été copiés dans cette fabrication moderne. On retrouve ainsi des Louis, Napoléons, Cérès, Génies, Mariannes, etc.

A l’officine, en ce moment, la demande est très forte : les pièces d’or se vendent comme des petits pains. Il leur est difficile de tenir du stock, et il y a souvent des délais pour s’approvisionner. Il faut donc se méfier des revendeurs qui peuvent facilement fournir, ce qui pose tout de suite question sur la provenance des pièces.

Il semblerait que des réseaux soient structurés entre Paris et quelques grandes villes de province : les revendeurs écouleraient aussi bien des recels de cambriolages que des contrefaçons modernes provenant probablement de Chine. Ils s’appuieraient sur des sites Internet d’enchères et de petites annonces, et certains blogs serviraient de relais pour trouver le client. Puis la technique est connue : on rassure le chaland avec un 1er lot de pièces authentiques, puis une fois que la confiance s’est installée et que l’acheteur demande des quantités plus importantes, on fourgue les contrefaçons. Et si on n’est pas connaisseur ou si la méfiance se relâche, on peut facilement se faire avoir, que ça soit au 1er achat ou aux suivants.

LA FIN DE L’HISTOIRE

Dès que je suis sorti de l’officine, j’ai été faire ce qu’il fallait. J’espère que la Justice passera et que je pourrai récupérer mon argent un jour. Moi qui pensais m’être correctement informé avant d’acheter, je me suis bien fait avoir. D’ailleurs je ne m’en suis pas encore totalement remis. En tout cas, ça m’a servi de leçon, et la prochaine fois je n’achèterai que dans mon officine, même si c’est légèrement plus cher, surtout si ça m’évite de me faire arnaquer.

Pour conclure, je ne saurais trop recommander à cex qui ont acheté des pièces sur le marché parallèle ces derniers mois, de les faire examiner par un spécialiste. Et si par malheur vous vous êtes fait arnaquer, n’hésitez à pas à faire ce qu’il faut. Ça sera utile pour gêner le trafic et, espérons-le, empêcher les escrocs de nuire.

Robin F.

PS : N’hésitez pas à reproduire et diffuser mon article pour que le message passe rapidement.

dimanche 17 juin 2012

Grèce : les migrants, boucs émissaires de la crise



IRIB- Combien sont-ils ? Un million, deux millions ?

Personne ne le sait. Dans un pays de 11 millions d’habitants, ils sont visibles. Trop, selon les militants néonazis d’Aube dorée. Même les Grecs les plus modérés se plaignent. Leur pays est la porte d’entrée de toute la misère du monde. Une porte d’entrée qui aboutit le plus souvent sur une impasse.
Place Amerikis, en plein centre d’Athènes, comme tant d’autres bâtiments à l’abandon, celui-ci abrite un squat, occupé par des Africains francophones. Escalier branlant, électricité coupée, trois chambres délabrées, quinze matelas jetés à même le sol.

Ali Cissé, 29 ans, Guinéen, habite ici, depuis trois ans. Il a quitté son pays pour, dit-il, des raisons familiales. Mais, on devine, au cours de la conversation, que ses motivations sont d’abord économiques. L’espoir d’une vie meilleure a poussé cet étudiant en langues étrangères à abandonner amis, famille, femme et enfant. Pour atteindre la Turquie, ce fut facile. En avion, comme n’importe quel touriste. Le passage en Grèce fut plus compliqué. «J’ai payé 1.000 dollars à un passeur, pour traverser en canot pneumatique. Nous étions une trentaine. Trois amis sont morts noyés. La police turque nous a capturés».

Le passage par la case prison ne l’a pas découragé. Quelques semaines plus tard, avec quelques compagnons d’infortune, il tentait de nouveau la traversée en bateau gonflable. «Depuis la côte turque, nous voyions au loin briller les lumières de l’île de Samos. Nous avons mis deux heures pour y arriver», sourit-il. Vêtu d’un faux polo Lacoste, coiffé d’un bonnet rasta, il s’exprime doucement, paisiblement. La prison en Grèce ne l’a pas traumatisé. «On y mange bien. J’ai même grossi», plaisante-t-il. Depuis, il vend des babioles à la sauvette, sur le trottoir, avec comme seul papier d’identité sa carte rose de demandeur d’asile. «Parfois, les policiers confisquent le matériel, la recette de la journée est perdue, cinq euros, pas plus».

La crise économique touche de plein fouet les plus faibles, comme lui. «Avant, des Grecs nous apportaient à manger. Maintenant, c’est fini. Quand il y a trop de bruit dans l’immeuble, ils appellent la police». Le racisme monte. Souvent, des passants lui lancent furtivement : «Rentre donc chez toi !». Jamais, heureusement pour lui, il n’a été confronté aux redoutables milices d’Aube dorée, décidées à «nettoyer» Athènes. Mais il a peur. Une fois, il a été frappé, sans raison, dans un commissariat. Il en garde une cicatrice à l’arcade sourcilière. Son rêve est toujours le même. «Aller en France, avoir des papiers, étudier». Le retour ? Pas une fois il ne l’évoque. Pas plus que ses camarades de galère.Certains sont à Athènes, depuis quinze ans.

A Athènes, Ludovic BASSAND.

jeudi 14 juin 2012

Dagong, l’agence de notation chinoise boudée par les Occidentaux



Par Marc Etcheverry

Standard and Poor’s a dégradé, vendredi 13 janvier 2012, la note de la dette souveraine française. Paris a perdu sont AAA. Pourtant, pour l’agence de notation chinoise Dagong, l’excellence française en matière de finance publique est déjà un lointain souvenir. Derrière les trois « historiques » que sont Moody’s, Fitch Ratings et Standard and Poor’s, la petite dernière assume un regard singulier et souhaite ardemment faire bouger les lignes au sein de la finance mondiale dominée par la vision occidentale.

A regarder le carnet de notes rempli par Dagong, on croirait ne pas avoir affaire à la même classe. Les élèves sont pourtant les mêmes. Pas les têtes de Turcs. La France ? Seulement un petit A+. La Chine ? C’est bien mieux : AA+. Les Etats-Unis ? A. Tout juste.
Dagong Global Credit Rating, apparu en Chine en 1994, a ainsi fait son entrée dans le club très fermé des agences de notation des dettes souveraines en juillet 2010, avec un rapport explosif sur une cinquantaine de pays. Là où Moody’s ou Fitch Ratings gratifiaient de la meilleure note possible les Etats moteurs de la zone euro, leur homologue chinois y trouvait à redire. Pour Dagong, par exemple, Paris n’a jamais perdu son AAA… puisqu’elle ne l’a jamais obtenu. Et son président, Guan Jianzhong, de tirer à cette même époque une salve de critiques à l’endroit de ses concurrents dans le Financial Times, pour remettre en cause leur indépendance vis-à-vis de leurs clients : « La crise financière a eu lieu parce que les agences de notation n’ont pas reflété correctement les risques ».


Culture de l’opacité


De fait, Dagong a bénéficié de la crise financière de 2008, et du discrédit jeté sur l’évaluation de nombreux actifs toxiques par les agences historiques. Mais son arrivée fut accueillie avec incrédulité par les acteurs du monde de la finance. Au moment où la Chine s’immisçait dans les économies européennes en difficulté, et s’opposait frontalement aux Etats-Unis sur la question de leur dette, les évaluations de Dagong, si elles ont attiré l’attention, ne lui ont pas apporté plus de crédit. « Dagong est perçue comme une agence sous influence politique », confirme Norbert Gaillard, consultant pour la Banque mondiale et auteur de l’ouvrage Les agences de notation (La Découverte). Ce spécialiste rappelle ainsi qu’en octobre 2010, la Security and Exchange Commission (SEC), l’organe de contrôle et de régulation des marchés financiers américains, lui a refusé son accréditation. Une décision qualifiée de « discriminatoire » par Guan Jianzhong, qui y a vu la volonté de Washington de garantir le monopole des « Trois » sur la marché de la notation internationale. Mais paradoxalement, le patron de Dagong a aussi avancé l’argument du droit de regard sur les investissements chinois aux Etats-Unis, ce qui donne à cette affaire un caractère autrement plus politique.
Il est vrai cependant que Dagong n’excelle pas dans la transparence. Hormis les déclarations tonitruantes de son PDG, et les notes assassines adressées aux pays développés, peu de choses sortent des murs de son siège, situé à Pékin. La société revendique 500 salariés, répartis dans 34 succursales éparpillées sur le sol chinois. En 2010, la société annonçait néanmoins, ambitieuse, l’embauche de 1000 employés sur deux ans.

Mais a-t-elle au moins l’oreille attentive de son propre pays, premier créancier au monde ? Rien n’est moins sûr. Ou du moins, Pékin utilise encore les indicateurs occidentaux pour faire valoir son droit de regard sur les économies qu’elle soutient : début août 2011, Dagong dégrade la note américaine, sans trop de remous. Quelques jours plus tard, Standard and Poor’s fait de même et retire son AAA à Washington. Les autorités chinoises se déchaînent. La Chine possède toujours près de 8% de la dette américaine.

L’agence des pays émergents
La méthode de calcul est au centre des interrogations. « Dagong surpondère les critères de dette publique et de croissance du PIB, c'est pourquoi elle note très bien les grands pays émergents, les BRIC - Brésil, Russie, Inde et Chine - ainsi que l'Arabie Saoudite, qui se sont désendettés au cours des années 2000 grâce à une forte croissance économique, explique Norbert Gaillard. En revanche, elle est beaucoup plus sévère à l'égard des pays industrialisés qui ont des ratings bien plus bas ». Lorsqu’elle dégrade la note française (de AA- à A+), au début du mois de décembre dernier, Dagong justifie sa décision par la perte de compétitivité internationale de l’économie française, en tablant sur une croissance très faible.
Mais alors, en dépit des soupçons de partialité qui pèsent sur elle, Dagong est-elle néanmoins dans le vrai ? Pour l’économiste Patrick Artus, directeur de la Recherche et des Etudes économiques chez Natixis et professeur à l’Ecole polytechnique, la méthode de calcul de Dagong n’est pas à railler. Dans une note rédigée en juin 2011, il conclut ainsi que les valeurs attribuées par l’agence chinoise à six pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Belgique, Italie et Espagne) sont plus proches de la réalité que celles de Moody’s, Fitch Ratings et Standard and Poor’s. Et de fait, si les notes ne sont pas les mêmes, plusieurs dégradations opérées par Dagong ont été imitées peu de temps après par ses concurrentes.

Les sorties d'argent s'accélèrent en Grèce




Les banques grecques ont enregistré une forte hausse des sorties d'argent à l'approche des élections législatives de dimanche, de nombreux Grecs craignant que le résultat du scrutin ne pousse leur pays hors de la zone euro, ont rapporté des banquiers.


Ces derniers jours, les retraits cumulés des principales banques grecques ont atteint 500 à 800 millions d'euros par jour, le rythme s'accélérant à l'approche du vote, en particulier mardi, ont dit mercredi deux banquiers.


Les sorties d'argent dans les petites et moyennes banques ont oscillé de leur côté entre 10 et 30 millions d'euros, ont-ils ajouté.


« Cela inclut les retraits de liquidités, les transferts bancaires et les investissements dans les fonds du marché monétaire comme les Bunds allemands, les emprunts du Trésor américain et les obligations de la BEI » (Banque européenne d'investissement), a précisé un banquier sous couvert de l'anonymat.


Au cours des deux dernières années, la crainte de voir la Grèce sortir de la zone euro a lentement réduit le montant des dépôts dans les banques grecques. La baisse a atteint l'an dernier 17 %, soit 35,4 milliards d'euros, et le montant des dépôts s'établissait fin avril à 165,9 milliards d'euros, selon les chiffres de la banque centrale.


La fédération de la distribution a quant à elle constaté une ruée des consommateurs sur des denrées non périssables comme les pâtes ou les boîtes de conserve.


Ce mouvement serait notamment entretenu par des rumeurs d'une victoire de la gauche radicale Syriza aux élections législatives, qui aboutirait selon certains à l'abandon de l'euro et au retour de la drachme en Grèce.


Alors qu'approche le scrutin, en l'absence de sondages dont la publication est interdite dans les deux semaines précédant le vote, des responsables des partis ébruitent des enquêtes « secrètes ». Une rumeur a ainsi prédit mardi une large victoire de Syriza, qui refuse la politique d'austérité imposée à Athènes en échange d'une aide financière vitale.


« C'est absurde », réagit un sondeur. « Nos sondages montrent que le paysage n'a guère changé depuis la diffusion des derniers sondages. Les partis sortent ces chiffres en espérant renforcer leur position. »


Les derniers sondages autorisés, publiés le 1er juin, placent Syriza à peu près au même niveau que Nouvelle Démocratie, le parti de droite conservatrice d'Antonis Samaras. Et pas plus que lors des précédentes législatives, le 6 mai dernier, un parti ne semble en mesure de former seul un gouvernement.


source

mercredi 13 juin 2012

Espagne: rejet des députés d'une demande d'enquête sur la crise financière


IRIB-Le congrès des députés espagnols a rejeté mardi soir, avec les voix de la majorité de droite au pouvoir, une commission d'enquête sur la crise financière et sur Bankia, dont le sauvetage historique a conduit à l'annonce d'un plan d'aide européen au secteur bancaire du pays. 

Le texte, présenté par des partis d'opposition de gauche, a recueilli 139 voix pour, dont celle du parti socialiste contre 175 voix du Parti populaire (PP), droite au pouvoir qui dispose de la majorité absolue au parlement. Le PP, par la voix de la députée María Arenales Serrano, a toutefois assuré qu'il était totalement d'accord avec l'esprit qui a inspiré l'initiative, qui est la transparence.

Iran : Le Japon contrecarre les restrictions US


IRIB-Dans une tentative de contrer le boycott d'assurance mené par les Etats-Unis et l'UE contre l'Iran, le cabinet ministériel japonais a soumis une loi au parlement pour autoriser le gouvernement à donner une couverture d'assurance aux pétroliers important du pétrole brut iranien au lieu d'aller chercher ce type de couverture vers l'Union européenne. Cette loi autoriserait le gouvernement japonais à offrir une couverture d'assurance allant jusqu'à 7 milliards 600 millions de dollars US aux pétroliers transportant du pétrole brut iranien lorsque le boycott de l'UE sur le pétrole et sur l'assurance des cargaisons iraniennes prendra effet au 1er Juillet, a dit le ministère des transports japonais dans un communiqué Lundi. Le 23 Janvier, sous la pression des Etats-Unis, les ministres des affaires étrangères européens ont approuvé de nouvelles sanctions contre Téhéran, interdisant l'importation de pétrole iranien en UE, ce qui inclut également la couverture d'assurance des pétroliers transportant le brut iranien. En Mars, les Etats-Unis ont exempté le Japon des sanctions financières contre l'Iran. Faisant fi des sanctions des Etats-Unis et de l'UE contre le pétrole iranien, bon nombre de clients d'Asie orientale de l'Iran pour son pétrole brut, incluant la Chine, la Corée du Sud et le Japon désirent maintenir leurs importations d'Iran afin de remplir leur carnet de demande domestique. Les Etats-Unis, Israël et quelques uns de leurs alliés accusent Téhéran de poursuivre des objectifs militaires dans son programme d'énergie nucléaire. L'Iran rejette toutes ces accusations, argumentant qu'elle a pris part au traité de Non Prolifération Nucléaire et qu'en tant que membre de l'AIEA, elle a le droit de développer une technologie nucléaire à des fins pacifiques.