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mercredi 15 mai 2013

Sa politique fiscale met la France en récession, Bercy cherche un pilote



Douze mois après son arrivée à Bercy, Pierre Moscovici a alourdi la facture fiscale des ménages de 20 milliards d’euros en plongeant l’économie française dans la récession ainsi que l’Insee l’a confirmé ce mercredi 15 mai.

Même si son fils est embringué dans une vilaine affaire,  Laurent Fabius est un des rares poids lourds de l’équipe gouvernementale sur lesquels François Hollande peut s’appuyer. Il a profité d’un passage sur RTL pour spécifier que Bercy a « besoin d’un patron » et qu’il le fournira, si d’aventure, il était appelé à Matignon.

Ces déclarations font suite aux commentaires de Ségolène Royal sur les tiraillements récurrents à Bercy.

Sept ministres s’y bousculent : Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg chargé du Redressement productif, Bernard Cazeneuve au Budget, Nicole Bricq ministre du Commerce extérieur, Fleur Pellerin à l’Economie numérique, Sylvia Pinel (Artisanat, Commerce et Tourisme) et Benoît Hamon (Economie sociale et solidaire, Consommation).

Dans un tel sérail, les confrontations d’égo sont inévitables.

Moscovici sur un siège éjectable

L’idée que Pierre Moscovici soit assis sur un siège éjectable n’est plus un tabou. Y compris pour l’intéressé. Certains de ses collaborateurs estiment que son cuir n’est pas assez épais pour résister aux salves qui le frappent depuis des semaines.

Surnommé « dormeur » par certains négociateurs européens qui l’auraient vu piquer du nez lors d’une discussion marathon sur Chypre, il a été désigné « salopard » officiel du gouvernement par le secrétaire national du Front de gauche.

Puis mis en cause par Jean-Luc Mélenchon avant d’être malaxé par les conséquences de l’affaire Cahuzac qu’il fréquentait aussi en maçonnerie. On le dit aujourd’hui fatigué.

Avec Pierre Moscovici c’est tout le bilan économique d’une année de politique économique qui vacille. Et quel bilan !

La France officiellement en récession

Lors de sa première conférence de presse à Bercy, voici un an, l’ancien directeur de campagne du chef de l’Etat cognait fort sur le gouvernement Fillon en épinglant son bilan en matière d’emploi, d’alourdissement du déficit public et de perte de crédibilité européenne.

Un an plus tard, le nouveau locataire de Bercy, n’a amélioré aucun de ces paramètres. Sans doute en raison d’une crise dont il n’était plus possible de sous-estimer les effets. Mais aussi, parce qu’avec 30 milliards d’euros d’impôts en plus, dont 20 milliards à la charge des ménages, le gouvernement a sabré la reprise.

La France est entrée en récession « officielle » le mercredi 15 mai avec un recul de 0,2% du produit intérieur brut au premier trimestre 2013.

Ce tassement  suit  la contraction d’ampleur équivalente du dernier trimestre 2012. Ecorné par la fiscalité et la crise, le pouvoir d’achat des ménages a fléchi de 0,9% en 2012 et la hausse de la TVA provoquera de nouveaux dégâts en 2014 !

- Chômage : les incantations sur l’inflexion de la courbe du chômage se multiplient pendant qu’il continue à monter. Il atteint désormais 10,6 % de la population active et devrait culminer 10,9 % en 2014, selon les dernières prévisions de la Commission européenne, publiées en mai.

Pendant ce temps les plans sociaux se multiplient. Quelques dossiers défendus ont été saisis au vol par Arnaud Montebourg. Florange, Mittal, Dailymotion, les empoignades ont défrayé la chronique.

Pour parer aux coups, Pierre Moscovici affirme que son bilan économique s’améliorera avec le temps grâce aux effets du pacte national pour la croissance, et du crédit d’impôt pour la compétitivité.

Il promet aussi une amélioration liée aux interventions de la Banque Publique d’Investissement.

En attendant, les salariés français vont pouvoir débloquer les fonds acquis au titre de la participation et de l’intéressement dès juillet 2013. On pouvait rêver mieux en matière de hausse du pouvoir d’achat !

- Déficit : Tous comptes faits, le déficit de la France devrait se situer à 3,9% en 2013. Il est à des lieux de l’objectif de 3% du PIB qui devait normalement justifier les 20 milliards d’impôts supplémentaires imposés aux ménages.

Toute cette saignée fiscale n’aura finalement servi qu’à tuer le pouvoir d’achat des classes moyennes.

Le choc a été tel que près d’un Français sur deux estime légitime de frauder le fisc pour préserver sa famille ou son entreprise. selon un sondage publié par Economiematin.fr.

« L’austérité, c’est fini, le sérieux continue » a assuré Pierre Moscovici en apprenant que la Commission européenne accordait 2 ans de plus à la France pour ramener son déficit dans les clous.

Ces 2 ans ont été gagnés moyennant des promesses d’économies. La réforme des retraites va être menée au pas de course pour rassurer Bruxelles. Et il faudra bientôt boucler un budget 2014 bâtit sur une hypothèse de croissance de + 0,8%, hors de portée selon l’avis d’une majorité d’économistes.

- Europe : En installant son équipe, Pierre Moscovici affirmait qu’il allait creuser le sillon européen. En fait de sillon, Pierre Moscovici a creusé une tranchée entre Paris et Berlin.

La guéguerre atteint un tel acmé que la presse italienne a estimé que la rencontre du 3 mai 2013 entre François Hollande et Enrico Letta, nouveau président du Conseil, n’avait d’autre but que de comploter contre l’Allemagne !

La pression est assez forte que Berlin ait été forcé de calmer le jeu. La « relation franco-allemande est essentielle pour nous » a rappelé Angela Merkel en début de semaine.

Creuser le sillon européen ? Dans sa dernière étude, le PewResearch Center estime qu’aucun pays n’est aussi démotivé et désillusionné que la France quant à la construction européenne.

Près de 8 Français sur 10 interrogés (77%) affirment même que l’intégration économique européenne a détérioré la conjoncture. Aujourd’hui les Français tournent le dos à l’Allemagne pour s’identifier à l’Italie, Espagne, et Grèce, des pays faillis !

D’un côté, on trouve l’Europe du Nord (Allemagne, Finlande, Hollande…) et de l’autre, une Europe du Sud préférant la fuite en avant à la nécessité de se réformer.

L’Europe est-elle en train de devenir un vaisseau sans capitaine ? La moitié des Britanniques se prononceraient pour une sortie de l’Union européenne si un référendum sur ce sujet était organisé dès maintenant, selon un sondage publié lundi par le Financial Times en février dernier.

Les Français sont aussi de cet avis. Encourageant, non ?

DL

vendredi 21 décembre 2012

France : tes investisseurs US fichent le camp !


Voici  une nouvelle  qui ne devrait pas faire la une des journaux français … et pourtant  l’information a son importance.

Selon un sondage publié jeudi par la Chambre de commerce américaine en France  (Amcham), l’attractivité de la France pour les investisseurs américains a brutalement chuté en 2012.

En effet,seuls 22%  des  sondés  considèrent  que l’Hexagone  demeure attractif. Une   des raisons invoquées : la crise de l’euro et  l’arrivée   d’un gouvernement socialiste  suite à l’élection de François Hollande. Une  alternance politique  qui a un « impact négatif » pour 65% des décideurs interrogés.

L’étude fait  également  apparaître une nette dégradation de l’attractivité de la France,  56% des réponses de l’année  2011  mettant  en avant une bonne image de la France.  54%  des sondés estiment par ailleurs que la situation dans leur secteur s’est dégradée, contre 35% l’année précédente.

Désormais,   39% des personnes interrogées  considèrent  que leur siège implanté aux Etats-Unis a une perception négative de la France, contre 15% 
en 2011 et 9% en 2010.

Selon  les  sondés, les  décisions du nouveau gouvernement auront un impact négatif  en matière de fiscalité des entreprises pour 85%  d’entre eux et en matière de fiscalité des particuliers pour 73% d’entre  eux. Les mesures pour l’emploi n’auront aucun effet pour 63% des votes  exprimés.

Selon Marc-André Kamel, associé chez Bain et responsable de l’étude, « les responsables qui ont répondu à l’enquête sont très inquiets de l’impact des réformes annoncées, notamment celles qui alourdissent la fiscalité des entreprises et des particuliers. » L’obligation d’accepter des offres de reprise en cas de fermeture de site est également mal perçue.

Seul  point   considéré  comme positif :  les mesures de relance de la compétitivité,   et tout particulièrement  les 20 milliards d’euros de crédits d’impôts destinés aux entreprises.  73 % des investisseurs américains prévoient  en effet   que de telles  décisions  auront un impact positif ou très positif.

« Ce qui est important aujourd’hui, c’est de savoir comment la France va réagir pour mettre en valeur ses atoutsd’innovation et de compétitivité afin d’attirer à nouveau les investisseurs étrangers », tient toutefois  à préciser Marc-André Kamel.  Ce dernier  précisant que les  sondés « sont très favorables à toutes les mesures destinées à améliorer la compétitivité, et la flexibilité du marché du travail. »

Car  tout n’est  pas sombre  pour autant  puisque – fait notable – près d’un quart (24%) des  entreprises concernées  par le sondage ont augmenté leurs effectifs en 2012,  le même  type de progression  pouvant  être  enregistrée en 2013 et 2014. « Ceci est la preuve que la France a des atouts économiques qui, bien valorisés par des politiques publiques et privées, pourront être un levier important de développement économique », a tenu  à ajouter  M. Kamel.
Précisons  que cette étude annuelle a été réalisée par l’Amchan et la société Bain et Company en octobre 2012 auprès des filiales françaises d’entreprises américaines, représentant 39 000 employés et plus de 32 milliards d’euros de chiffre d’affaires.  Les chiffres obtenus  correspondent à la   synthèse de 52 de leurs décideurs.

Elisabeth Studer

jeudi 20 décembre 2012

SMIC : un Noël, à 3 centimes, d’Ayrault !,



«Le salaire minimum augmentera de 3 centimes, l'heure, au 1er janvier, à 9,43 euros (+0,3%),...

.. soit 1430,22 euros bruts mensuels, pour 35 heures, et ses critères vont être revus pour "garantir le pouvoir d'achat" de ses bénéficiaires, a annoncé le ministère du Travail. Cette revalorisation correspond à la stricte augmentation légale, après une hausse de 2% au 1er juillet, dont un coup de pouce de 0,6%.

Au total sur l'année, le Smic aura progressé de 2,3% et "compte-tenu de l'inflation de +1,3% constatée sur l'année, cette hausse globale correspond à un gain de pouvoir d'achat de 1%" pour les 2,6 millions de salariés rémunérés au Smic, précise le ministère dans un communiqué». (Tous les grands journaux d’information)

On peut triturer les chiffres dans tous les sens, calculer tous les pourcentages de l’espoir, additionner, soustraire, multiplier : on en arrive toujours au même résultat : 3 centimes de plus à l’heure, ça n’est même pas «minable», ça devient indécent !

Une aumône ? Surtout pas ! Vous vous voyez déposer délicatement, avec votre plus beau sourire en prime (ça ne coûte qu’aux zygomatiques), trois minuscules petites pièces de cuivre dans l’escarcelle de votre SDF préféré au sortir de la messe de Minuit ? Même pas dans vos pires cauchemars, je suppose…

Un cadeau ? Que nenni ! Vous avez appris, en même temps que l’imposture consumériste du Père Noël et avec moult sanglots à l’appui, que les présents n’existaient pas pour leur valeur intrinsèque mais seulement pour l’intention humanitaire qu’ils manifestaient. OK, mais faut quand même pas pousser Papa Noël dans les aiguilles acérées du Sapin (heu, pas Michel, il semble n’y être pour rien, admettons…) !!!

Un présent symbolique ? Imaginez les braves Melchior, Balthazar et Gaspard, sur leur trente et un de pourpre incarnat, suivre, les yeux lovés sur cette Vénus cuivrée (oui hélas, comme les centimes d’euro !), la route des élus conduisant à la reconnaissance divine pour déposer devant le berceau paillé du fils de Dieu trois minuscules sesterces ne valant même pas le sixième d’un p’tit Wrap chez Mc Do ? Impensable ! Le pape protesterait énergiquement de sa plume virtuelle tremblotante sur Twitter @ Les Rois Mages en Galilée : «Consultez la liste de naissance de «Jésus dans la Crèche», vous avez le choix entre l’or, la myrrhe et l’encens mais remballez illico votre menue monnaie».

Il ne reste donc qu’une supposition : ces 3 centimes d’euros sont une provocation ! Ayrault n’en peut plus de se faire descendre sur les réseaux sociaux (dans la presse papier, c’est plus rare !), il veut qu’enfin tout soit clair et qu’on comprenne une bonne fois pour toutes que son gouvernement n’est qu’un fantoche, un polichinelle de commedia del arte, une marionnette entre les mains des banksters, bref qu’il fait ce qu’il peut mais il peut peu, et qu’on lui fiche enfin la paix : Notre Dame des Landes, Florange, ces idiots de gays qui veulent convoler en stupides noces et Depardieu, qui en rajoute une énorme couche…Non, non, pas possible, pas pensable, pas vivable, il faut qu’il se sorte de ces bourbiers sordides où on l’a fourré à l’insu de son plein gré. Il avait pas demandé ça, il voulait juste promouvoir l’Allemand au pays des Ducs de Bretagne, alors que ça s’arrête par pitié !

Alors, voilà : vous êtes Smicard, je vous offre 3 piécettes pour passer les Fêtes, vous n’allez quand même pas accepter ça, révoltez-vous, hurlez-moi dessus que je puisse passer un p’tit réveillon tranquille loin des tracasseries du pouvoir Hollandais, OK, j’attends, faites un effort, que diable ?
Non ? Rien ne vient, et surtout pas l’insurrection que j’attends ? Mais c’est pas possible, faut que je continue encore et encore, pitié ! Pourtant « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » je croyais que ça avait une signification ésotérique ? Ah bon, c’est pas pour moi vous dites ???
Bon, j’ai compris. Joyeux Noël, bandes d’égoïstes ! Et faites tintinnabuler vos misérables piécettes pour accompagner le parcours du traineau mythique dans la Voie lactée…

P.S. Nous revenons tout juste de notre joyeuse escapade journalière au Supermarché du coin. Les produits qualifiés de «première nécessité» portant le logo «Top Budget» et ne dépassant habituellement pas un petit euro pièce ont bondi en deux mois jusqu’à 1 euro 10, soit 10 % d’augmentation. Si l’on part du principe alimentaire selon lequel nous avons besoin de 7 d’entre eux pour notre pitance quotidienne, où sommes-nous censés trouver les 7 centimes manquants ? Sous les sabots du p’tit renne au nez rouge, vedette incontestée de la nativité revue et corrigée par Coca-Cola ?

Caroline Courson

samedi 15 décembre 2012

Fitch accorde un sursis au triple A de la France



Contrairement aux deux autres agences de notation, Fitch a choisi de maintenir encore au moins quelques mois la note maximale de la France. Elle adresse des encouragements au gouvernement mais aussi une mise en garde.

Pour l'essentiel, Fitch répète son analyse de la situation française, d'ailleurs partagée par les deux autres agences: le pays reste l'un des grands émetteurs de dette "de référence", mais la crise de la zone euro et le déclin de sa compétitivité, par rapport à l'Allemagne notamment, le pénalisent. 

Elle adresse un satisfecit au gouvernement, saluant "son engagement à mener les réformes économiques" et les mesures déjà mises en oeuvre comme le crédit d'impôt censé doper la compétitivité des entreprises, mais enjoint l'exécutif d'aller plus loin. "D'autres mesures de consolidation seront probablement nécessaires" pour rétablir les comptes publics, et davantage de "réformes structurelles" doivent être mises en oeuvre, juge Fitch.

Pour autant, l'agence considère que "les enjeux de compétitivité (sont) peut-être exagérés dans le cas de la France", alors que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a fait de la lutte contre le décrochage des entreprises françaises l'une de ses priorités. Fitch note que les "performances macroéconomiques sont comparables à celles des autres grands pays +AAA+" et "le déficit courant actuel de 2% du PIB n'est pas excessif". 

L'agence table sur une croissance de 0,3% en France en 2013, contre une prévision gouvernementale de 0,8%, et de 1,1% en 2014, contre 2% pour l'exécutif.

mardi 13 novembre 2012

Plus de 60 000 emplois détruits en un an en France


La multiplication des plans sociaux de ces derniers mois ainsi que la hausse du chômage ne laissaient guère de doute quant à la situation du marché du travail en France.

Les chiffres publiés ce mardi par l'INSEE viennent confirmer la morosité ambiante. Sur un an, 63 800 postes ont disparu en France (-0,4%), portant à plus de 16 millions le nombre d'emplois dans les secteurs marchands (non agricoles). Au deuxième trimestre, l'économie française avait perdu 22 400 emplois, après une courte embellie les trois premiers mois.

Comme au trimestre précédent, la saignée concerne tous les secteurs et est tirée par la dégradation de l'emploi intérimaire, qui diminue plus fortement ce trimestre (-32 800 postes, -6%) qu'au deuxième trimestre (-18 900 postes). En un an, l'intérim a perdu 73 600 postes, soit 12,5% de ses effectifs, souligne l'INSEE. Au total, avec l'intérim, le tertiaire perd 36 700 postes. Même hors intérim, la France a continué à détruire des emplois au troisième trimestre (-17 600).

L'emploi salarié dans les secteurs marchands a perdu à lui seul 50 400 postes au troisième trimestre 2012 (-0,3% sur trois mois), dont les deux-tiers dans l'intérim (32 800).

Pour sa part, au troisième trimestre, l'industrie a perdu 9 800 poste et la construction 3 900.

dimanche 15 juillet 2012

Le grand incendie, en France: 317.000 emplois, menacés! par Hervé Lambel



A l'image d'une météo déplorable, en ce début d'été, et qui ne sera pas, sans incidence, sur l'activité, la douche froide continue sur l'économie française.
Ceux qui se voulaient rassurants depuis un an et demi au motif que les chiffres des défaillances semblaient montrer des signes de repli se sont trompés, notamment par manque d'analyse plus fine des données relatives aux entreprises en difficultés. Elles justifiaient pourtant les alertes du Cerf à la même époque sur l'augmentation du chômage qui devait suivre. Et elle suivit. En toute logique.

Las, la tendance de progression des défaillances se poursuit pour certains secteurs au 2ème trimestre : le transport (+5,0%) et l'hébergement-restauration (+3,1%) selon le Cabinet Altares. D'autres, qui semblaient stabilisés, vivent une véritable déflagration : la promotion immobilière (+55,8%), les agences immobilières (+20,9%) ou encore le conseil en systèmes et logiciels informatiques (+20,9%). De son côté, Euler Hermes prévoit une hausse de 3,5% des défaillances d'entreprises dans le BTP, en France, en 2012, en raison de la baisse du pouvoir d'achat des ménages et de la disparition d'aides publiques au secteur du bâtiment. L'assureur crédit estime ainsi qu'environ 15.000 petites entreprises du secteur pourraient se retrouver cette année en redressement ou en liquidation judiciaire, soit près du quart des 63.500 défaillances d'entreprises attendues, en France.

Toujours selon Euler Hermes, ce chiffre global représente une hausse de +4% tous secteurs confondus pour ces mêmes raisons et du fait de la dégradation des indicateurs de croissance et de la faiblesse du commerce extérieur. De ce point de vue, l'entrée en récession de la zone Euro aura nécessairement des répercussions sur les entreprises de l'Hexagone qui se traduira par des effets ricochets se combinant avec des effets dominos entre pays et secteurs d'activité, mais aussi par taille. Les défaillances des TPE ont impacté les plus grandes qui les impactent en retour du fait de la dégradation de leur propre situation.

Selon la banque de France, "pour la première fois, depuis août 2010, les défaillances  ne diminuent pas sur un an, pour  les microentreprises (+ 0,1 % après – 0,2 % fin mars 2012) et surtout pour les PME de plus grande taille (+ 0,7 % après – 1,2 %). Les défaillances continuent de croître pour les ETI et grandes entreprises (9 unités légales supplémentaires sur un an)".

Le trompe l'œil de l'amélioration de la situation au 2ème trimestre vient du fort recul des défaillances des micro-entreprises sans salarié (-19%), Altarès y voyant des entreprises "qui semblent s'être habituées aux effets de la crise et se sont remises en ordre de marche", alors qu'il faut en fait y voir la gravité de l'impact précédemment subit par les entreprises de cette taille et l'écumage radical des unités les plus fragiles et exposées aux spécificités de la première phase de la crise.

Nous entrons depuis plusieurs mois dans une nouvelle phase où les problèmes de trésorerie viennent se conjuguer avec la faiblesse des carnets de commande, contribuant à assombrir les perspectives pour les entreprises qui avaient pu résister jusque-là. Pour nombre de petites entreprises, l’augmentation des défaillances des grandes PME, qui sont autant de clients et donneurs d’ordre, sonnent le glas quand elles sont trop dépendantes de ces locomotives. Celles qui ont de la trésorerie, des fonds propres ou encore des carnets commandes remplis s’en sortiront. Les autres…

Le nombre des emplois concernés pour le seul 2ème trimestre reste très élevé : 72.500 salariés devraient voir disparaître leur poste. 

"C'est une hausse de 25,6% sur un an et le niveau le plus élevé enregistré en cinq ans", souligne Altares. Si l’on retient le nombre de 63.500 défaillances, c’est un plan social de plus de 317 000 pour l’année 2012 auquel il faut s’attendre, soit 170.000 de plus qu’avant la crise.

C’est là malheureusement que l’on mesure l’échec d’une Grande Conférence Sociale qui a réuni des acteurs venus parler de nombreux sujets, mais qui n’ont jamais fait de la lutte contre les défaillances la priorité absolue de leur action. Et si c’était le commencement ?

Hervé Lambel

lundi 9 juillet 2012

La France emprunte pour la première fois à des taux négatifs


PARIS - Paris a emprunté lundi près de 6 milliards d'euros à court terme à des taux négatifs, une première qui illustre l'attrait de la dette française auprès des investisseurs, a annoncé l'Agence France Trésor dans un communiqué.

La France rejoint ainsi le club fermé des pays européens qui bénéficient de taux négatifs, avec l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Danemark. Cela signifie schématiquement que les investisseurs acceptent de payer pour prêter de l'argent à la France.

Source: Romandie

samedi 31 mars 2012

Onze millions de pauvres en France, la misère pour les uns l'opulence pour d'autres.


Onze millions de Français dans la pauvreté, à moins de 954 euros par mois, y compris parmi les personnes ayant un travail. C'est le constat inquiétant de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion. Peut-on continuer ainsi ?

La pauvreté concernerait plus de 11 millions de personnes en France révèle l'observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale en se basant sur une vingtaine d'indicateurs datant de 2009.

L'Onpes constate que le taux de pauvreté n'a cessé d'augmenter de 2004 à 2009, passant de 12,6% de la population à 13,5%.

La pauvreté est encore plus marquée chez les familles monoparentales et chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Le taux de pauvreté est de à 32% dans les zones urbaines sensibles (ZUS) et un jeune sur deux de moins de 25 ans habitant en zone urbaine sensible est pauvre.

Bien que le milieu rural soit moins touché, le taux de pauvreté y est de 14%, il s'agit principalement de néo-ruraux et de paysans paupérisés.

L'Onpes relève que 7% de la population travaille et se trouve néanmoins en dessous du seuil de 954 euros par mois. Ce phénomène ne fait que s'accentuer. Les plus touchées sont les femmes seules avec enfant, notamment dans les secteur du service à la personne, la restauration, l'agriculture.

Le secrétaire général de l'Onpes, Didier Gelot explique cette augmentation de la pauvreté par notamment la raréfaction des CDI au profit du travail à temps partiel et aux CDD depuis les années 2000. Didier Gelot estime que, sans aides sociales, le taux de pauvreté serait de 20%.

Mais alors comment ne pas s'interroger quand on constate que pas un candidat ne met cette question sur la table. En effet est-il tolérable que des millions de travailleurs soient en état de précarité alors que la finance internationale exhibe sans aucune pudeur sa réussite.

Comment ne pas s'interroger quand on constate que pas un candidat ne fait le moindre lien entre la misère des uns et l'opulence affichée sans retenue par ceux qui nous demandent de faire des efforts et de se serrer la ceinture.
Combattre la misère, la précarité c'est combattre pour un droit fondamental : le droit au travail.

Car le droit au travail est le seul véritable droit sérieux que le travailleur ait dans une société fondée sur l'exploitation. Cependant, ce droit lui est enlevé à chaque instant.
Mais alors comment comprendre que la question des salaires et de l'emploi ne soient pas au centre de tous les débats.

Notes :
L'HEURE APPROCHE

jeudi 29 mars 2012

Avec la crise, les Français font la chasse au gaspillage


Les Français font de plus en plus le choix de la consommation durable. Avec la crise, leur nouveau credo est "consommer moins mais consommer mieux". L'année 2012 démarre d'ailleurs dans la morosité sur le front de la consommation. Les Français ont réduit leurs dépenses de 0,4% en janvier, a annoncé l'Insee mardi. Et ce, malgré les soldes. Selon un récent sondage Ifop², le relèvement des salaires et du pouvoir d'achat est une préoccupation prioritaire pour 58% des Français (+ 7 points par rapport à août 2011) dans le contexte de l'élection présidentielle. Outre ces inquiétudes, les idéaux de consommation aux accents écologiques trouvent un nouvel écho en ces temps de crise. Petit tour d'horizon des dernières tendances en matière de chasse au gaspillage.

Plus de 11 millions de Français en situation de pauvreté ou d'exclusion


Plus de 11 millions de Français sont touchés par la pauvreté ou l'exclusion, souligne un rapport publié jeudi, qui observe que la pauvreté sous toutes ses formes a augmenté en France depuis le milieu des années 2000.

Même si la France avait d'abord "plutôt bien résisté" à la crise 2008-2009, ses conséquences sont "lourdes, multiples et échelonnées dans le temps", souligne l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) dans son rapport 2011-2012, qui a compilé et commenté une vingtaine d'indicateurs.

En 2009 (dernière année disponible), 11,2 millions de personnes étaient touchées soit par la "pauvreté monétaire", soit par "des privations matérielles sévères" soit par une "très faible intensité de travail", trois critères définis et mesurés par la Commission européenne.

Parmi elles, 700.000 personnes cumulaient les trois indicateurs.

Si l'on considère les données de l'Insee, le taux de "pauvreté monétaire" 2009 retrouvait son niveau de 2000, à 13,5% de la population, après un "point bas à 12,6%" en 2004, rappelle le rapport.

8,2 millions de personnes vivaient ainsi en 2009 avec moins de 60% du niveau de vie médian, soit 954 euros.

L'Onpes insiste aussi sur "la grande pauvreté" (40% du revenu médian) dont la hausse est "lente et progressive (et) difficilement enrayée par notre système de protection sociale" : près de deux millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 640 euros par mois, soit 3,3% de la population.

Un taux "en nette progression (depuis) 2005, et sensiblement plus élevé qu'au cours de la première partie de la décennie" (2,7% en 2000; 2,5% en 2004; 3,2% en 2005).

Ce mouvement de remontée de la pauvreté, accentué par la crise de 2008, avait donc débuté dès le milieu des années 2000, "en lien, selon l'Onpes, avec la hausse généralisée des inégalités de revenus aux deux extrêmes de la distribution" des richesses.

L'Onpes attire l'attention sur des publics particulièrement vulnérables: les familles monoparentales (près de 30% de pauvres), les jeunes (22,5%) ou les femmes âgées (environ 15%).

L'instance officielle constate aussi que "disposer d'un emploi n'est plus une condition suffisante pour franchir le seuil de pauvreté", tant l'emploi s'est raréfié et précarisé (chômage, CDD, intérim, temps partiel).

Source: 20minutes