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samedi 15 décembre 2012

Fitch accorde un sursis au triple A de la France



Contrairement aux deux autres agences de notation, Fitch a choisi de maintenir encore au moins quelques mois la note maximale de la France. Elle adresse des encouragements au gouvernement mais aussi une mise en garde.

Pour l'essentiel, Fitch répète son analyse de la situation française, d'ailleurs partagée par les deux autres agences: le pays reste l'un des grands émetteurs de dette "de référence", mais la crise de la zone euro et le déclin de sa compétitivité, par rapport à l'Allemagne notamment, le pénalisent. 

Elle adresse un satisfecit au gouvernement, saluant "son engagement à mener les réformes économiques" et les mesures déjà mises en oeuvre comme le crédit d'impôt censé doper la compétitivité des entreprises, mais enjoint l'exécutif d'aller plus loin. "D'autres mesures de consolidation seront probablement nécessaires" pour rétablir les comptes publics, et davantage de "réformes structurelles" doivent être mises en oeuvre, juge Fitch.

Pour autant, l'agence considère que "les enjeux de compétitivité (sont) peut-être exagérés dans le cas de la France", alors que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a fait de la lutte contre le décrochage des entreprises françaises l'une de ses priorités. Fitch note que les "performances macroéconomiques sont comparables à celles des autres grands pays +AAA+" et "le déficit courant actuel de 2% du PIB n'est pas excessif". 

L'agence table sur une croissance de 0,3% en France en 2013, contre une prévision gouvernementale de 0,8%, et de 1,1% en 2014, contre 2% pour l'exécutif.

samedi 1 décembre 2012

Zone euro: Moody's retire son triple A au Mécanisme européen de stabilité



IRIB-L'agence de notation Moody's a dégradé d'un cran vendredi le Mécanisme européen de stabilité (MES), de Aaa à Aa1, avec une perspective négative, une décision jugée "difficile à comprendre" par le patron du fonds de secours de la zone euro, l'Allemand Klaus Regling.

Le geste de Moody's est "difficile à comprendre", a réagi vendredi soir M. Regling, dans un communiqué.
"Nous sommes en désaccord avec l'approche de l'agence de notation qui ne prend pas suffisamment en compte le cadre institutionnel particulièrement solide du MES, les engagements politiques et la structure de son capital", a-t-il ajouté.
"Les 17 Etats membres de la zone euro sont pleinement engagés sur le plan politique et financier auprès du MES et du FESF et soutiennent ces deux institutions", a renchéri Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, dans ce même communiqué.

Les agences de notation seront plus contrôlées en Europe



La Commission Européenne et le Parlement Européen imposent de nouvelles contraintes aux agences de notation qui devront respecter les demandes des régulateurs européens, certaines de leurs prestations seront interdites. Les représentants de Fitch, S&P et Moody’s se préparent à jouer selon les nouvelles règles.

Dès aujourd’hui, toutes les notes concernant l’UE seront publiées une heure avant l’ouverture des bourses européennes ou bien une heure après leur fermeture. Le trio de ces agences ne pourra publier de notes critiques que trois fois par an. En outre, Moody’s ne pourra pas publier certaines notes, par exemple, les titres de la société US Berkshire Hathaway qui possède plus de 10% des actions de l’agence.

Les nouvelles règles doivent liquider le chaos qui règne sur le marché après l’apparition de notes contradictoires, estime l’analyste de la société EFG Asset Management Guéorgui Voronkov.

Les notes les plus élevées ont été attribuées à des économies qui, par la suite, se sont effondrées, cela concernait aussi les cautions hypothécaires, et nous connaissons le résultat. Je pense qu’il faut durcir les règles concernant ces agences, pour qu’elles soient plus objectives. C’est vraiment nécessaire.

Mais en ce qui concerne les méthodes employées lors des cotations, il n’y a rien à leur reprocher. Les agences doivent cependant être plus rapides quand elles s’attaquent à l’analyse d'une situation, dit le directeur général de l’Agence nationale de notation Viktor Tchetverikov.

« Le régulateur européen dénonce avant tout le retard pris par les agences dans l’analyse d'une situation, ce qui modifie la note et, par conséquent, provoque des tendances négatives sur le marché.
Les experts estiment  que les agences ne sont pas responsables des évaluations, par contre elles doivent être plus responsables quant à l'attribution des notes. Les régulateurs européens imposent aux investisseurs plus de discipline.
A noter que dans l’avenir les trois agences les plus grandes auront un concurrent d’envergure : la Chine, la Russie de concert avec une société US ont entrepris de créer une agence de notation internationale indépendante.