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jeudi 22 novembre 2012

Perte du triple A : la France est-elle sanctionnée?, par Bruno Bertez



IRIB-La dégradation de la note de crédit de la France ne nous semble pas très négative dans la mesure où elle était attendue. 

Les motifs de la dégradation, en revanche, sont intéressants. Ils mettent le doigt sur les causes de la mauvaise situation française. Il apparaît clairement que la France est victime,  d’abord de la politique choisie par ses dirigeants, et ensuite de ses choix régulièrement anticapitalistes. Le récent débat sur la compétitivité illustre parfaitement les vices du système français, ses contradictions et ses perversions.

La France perd son triple A et devient AA1. La perspective reste négative car les prévisions économiques sont négatives. Cependant, Moody’s ajoute que la note de la France reste plus élevée qu’elle ne devrait l’être, ce qui veut dire qu’elle est encore surcotée, car elle a une économie large et diversifiée. 
L’Agence relève aussi ses promesses de consolidation budgétaire et de réformes structurelles.

Moody’s  trouve que la capacité de la France à résister à de futurs chocs européens se réduit et que les risques qui pèsent sur la croissance s’amplifient. C’est sur ce dernier point que Moody’s insiste. Le driver premier de la révision en baisse, c’est le risque sur la croissance. Traduisez, en clair, cela veut dire: la politique de ponction sur le pouvoir d’achat, l’austérité. Ou encore, présenté autrement, la politique de « Gauche » qui préfère tondre les citoyens. Spolier et décourager les actifs, pour maintenir les dépenses en faveur des inactifs. On a fait le choix de pénaliser ceux qui produisent pour maintenir le niveau de vie de ceux qui ne font rien.

L’exposition de la France à l’Europe périphérique par ses échanges commerciaux, par son système bancaire, est disproportionnée. Les obligations qu’elle a contractées pour soutenir les autres membres européens en difficulté ne cessent d’augmenter.

Cela rejoint ce que nous avons diagnostiqué dès les choix de Sarkozy, à savoir que la France aurait dû se préoccuper de sa propre situation, mettre de l’ordre dans ses propres affaires, et non pas engager son propre crédit pour sauver les pestiférés. La bonne politique européenne en 2010 aurait du être de circonscrire l’incendie, d’isoler par un cordon sanitaire les malades et surtout pas de se mettre en position d’être, soi-même, victime de la contagion. En venant au secours des pestiférés, les pays encore à peu près valides se sont mis en position de se faire drainer des ressources, de se faire saigner, d’augmenter leurs dettes et, ainsi, de devenir eux-mêmes une proie pour la grande peste. Du temps de la vraie Grande Peste, le pape a survécu en se tenant isolé, cloîtré  sans contact avec l’extérieur, protégé de la contagion. Et il a été plus utile vivant que mort.

Le problème français, c’est d’abord une soumission aux diktats des kleptos bancaires comme le relève Moody’s, les banques sont exposées de façon disproportionnée, indécente, au risque des pestiférés, et ensuite, le choix politique qui a consisté à se mettre en situation de recevoir le virus en aidant les pestiférés. Il eut suffi, dès le début, de refuser la soi-disant solidarité suicidaire,  d’accepter la restructuration des créances détenues par le secteur bancaire et d’adosser les banques aux Etats, le temps qu’elles se recapitalisent, et la crise serait terminée. C’est, de toutes façons, ce vers quoi on s’achemine, mais avec des ardoises multipliées par dix, avec des économies affaiblies par l’imbécile austérité, avec des citoyens furieux et récalcitrants d’être tondus. Avec des dissensions, voire des haines grandissantes, au sein de l’Europe au point que le « vivre ensemble » est compromis.

jeudi 19 janvier 2012

AAA = AFFAIRISME, ARNAQUE et ALIENATION


Pourquoi depuis quelques mois, noie-t-on l’actualité et les esprits avec cette affaire de « AAA » ? Pourquoi les agences de notation dont la naissance remonte au début des années 1900, deviennent-elles, soudain, le nombril du monde ?

UN MASQUE POUR L’AFFAIRISME

Les agences, à la base, sont des officines rémunérées par les détenteurs de capitaux, pour s’assurer de la rentabilité des titres qu’ils convoitent.

Dans un article très instructif, publié sur le site « investig’action », Xavier DUPRET nous rappelle que « Jusque vers la moitié des années 70, quiconque voulait investir une partie de son capital dans des titres financiers était libre d’avoir recours à une agence de notation afin d’évaluer les actifs sur lesquels il avait jeté son dévolu. Passé cette époque, ce sont les émetteurs de titres qui vont rémunérer directement leurs évaluateurs au prix de nombreux conflits d’intérêt. Au risque de nombreuses dérives. »
L’auteur nous indique également que «Avec le temps, le champ d’investigation des agences de notation, jusque là limité au seul secteur privé, a de plus en plus englobé la notation des dettes publiques. »

Depuis peu, on insiste dans les médias, sur le fait que les collectivités locales et les entreprises publiques (telle la SNCF) sont, elles aussi, évaluées par les dites agences. Au bout du compte, c’est à partir des notations obtenues que les banques déterminent à qui prêter et à quel taux !

En clair, les agences de notations sont strictement au service des spéculateurs. Aujourd’hui, on entend soumettre tous les acteurs économiques et politiques à leur seule notation.

Quand on sait que les trois agences contrôlant l’essentiel du marché de la notation (Standard and Poors, Fitch et Moody’s) sont basées aux Etats-Unis et qu’elles sont sous contrôle de la SEC (Securities and exchange Commission, autorité qui supervise les marchés financiers dans ce pays), il devient manifeste que ceux qui font dépendre les politiques gouvernementales de la notation de ces agences (et ce dans tous les domaines) ne sont que des agents au service de la spéculation internationale.

UNE VASTE ENTREPRISE D’ALIENATION

On sait que dans ce monde dit moderne, la « communication » supplante l’information.

La « communication » dont il s’agit, ici, ne signifie pas échange de messages entre interlocuteurs. Non ! C’est plutôt une mixture associant matraquage publicitaire, propagande, intoxication et conditionnement, servie par ceux qui veulent capter une clientèle, (au plan commercial ou politique) ou maintenir l’emprise d’un système sur un public et plus largement sur la société. Le pire, c’est que les victimes se font inconsciemment relais de l’offensive et que l’aliénation s’auto-reproduit dans l’opinion.

Pour tel journaliste, parlant d’un réalisateur de film qui a reçu un prix aux USA, « Au moins, là, la France a son AAA ! » Pour tel dirigeant de club de foot, « si nous gagnons ce match nous aurons notre AAA ! » Tout moun adan !

Là, réside l’entreprise d’aliénation qui « prive l’homme de lui-même au profit d’une fin qu’il n’a pas librement choisie ».

Dès lors, quand gouvernants et économistes autorisés déclarent que, « Les marchés financiers ont bien réagi ! » à leurs mesures, beaucoup de ceux qui se sont laissés conditionner acceptent, bon gré mal gré, de s’y conformer. Dénonçons, au passage, la
confusion abusivement entretenue entre « le marché » et les spéculateurs.

Les banques centrales, les institutions financières internationales, FMI ou autres, les émetteurs institutionnels d’obligations, ne sont-ils pas des acteurs du marché financiers ?

Leur politique ne serait-elle que réactions aux notations et aux fluctuations de la bourse ?

LES DESSOUS DE L’ARNAQUE

C’est ici qu’il faut exposer les dessous de l’arnaque:

-Le premier objectif de la campagne autour des notations est d’escamoter toute réflexion sur l’échec du système lui-même.

Si tel pays mérite de voir sa note baissée, c’est parce qu’il « n’a pas fait assez d’efforts ! » 

Les gouvernements, bras politiques du libéralisme, peuvent désormais utiliser autant leurs bonnes que leurs mauvaises notes pour justifier leur politique ! Ils font miroiter l’espoir qu’en conservant ou regagnant un « triple A » - ce qui exige, disent-
ils, «de la rigueur et des sacrifices» - ils garantiront la fin du chômage, des licenciements, des faillites, bref de toutes les difficultés !

Non, mille fois non ! Le triple A ne sert qu’à signifier aux spéculateurs qu’ils peuvent espérer une rentabilité maximum pour leurs capitaux dans le pays concerné, quitte pour le gouvernement de celui-ci à provoquer la paupérisation de franges de plus en plus larges des populations.

-Le deuxième objectif de la campagne est plus pernicieux encore:

Après avoir institutionnalisé le pouvoir des multinationales sur le commerce mondial par le biais de l’OMC, après avoir usurpé la souveraineté des nations dans le cadre du Conseil de Sécurité de l’ONU, il s’agit pour les maître du système d’instaurer formellement le pouvoir des spéculateurs sur la finance mondiale à travers leurs agences de notations.

Alors, avec ou sans « AAA », ce système doit disparaitre ! Seules doivent justifier l’attribution de bonnes notes aux différents gouvernements et pays, le partage équitable des richesses, le développement massif des services publics, la priorité donnée à une protection sociale optimale et la possibilité de réel épanouissement pour tous.

Robert SAE

Martinique Caraïbe
18 /01 /2012

Qui sont les actionnaires des Agences de notation qui nous allument ?



Information qui vient d'être synthétisée par un forumeur de boursorama et qui semble tellement explosive qu'elle doit faire l'objet de la plus vaste et la plus rapide diffusion possible !
Je la reproduis telle quelle : un festival de participations croisées , entre majors financiers américains et leur presse .. 
A ce niveau , on ne peut plus parler de conflits d'intérêts et encore moins  d'entente .. Ce sont les mêmes qui actionnent toutes les ficelles   

Petit parcours dans les labyrinthes des 3 agences de notation et de qui les détient en réalité (pas simple de retouver les infos, il faut fouiller)...


*********1) MOODY's
http://fr.finance.yahoo.com/q/mh?s=MCO

Actionnaires principaux: Actions % valeur date
BERKSHIRE HATHAWAY, INC 28 415 250 12,42 1 089 724 837 30 juin 2011
Capital World Investors 27 555 000 12,05 1 056 734 250 30 juin 2011
VANGUARD GROUP, INC. (THE) 10 963 760 4,79 420 460 196 30 juin 2011
STATE STREET CORPORATION 7 540 966 3,30 289 196 046 30 juin 2011

BERKSHIRE HATHAWAY est la société de... Warren Buffett.
Capital World Investors est une entité de Capital Group Companies qui est le plus GRAND FOND d'INVESTISSEMENT MONDIAL (siège basé à Los Angeles). Je n'ai trouvé aucune info sur les principaux actionnaires de ce groupe.

http://en.wikipedia.org/wiki/Capital_Group_Companies

Pour la petite histoire de Moody's et de la Grèce:

"Dégradation de la note de la Grèce en 1931 (DEJA!)

En 1931, Moody's dégrade la note de la Grèce, et les taux d'intérêt grimpent. La drachme est dévaluée et le pays fait défaut en 1932. Les Grecs sont frappés par l'inflation et des émeutes éclatent. La monarchie est restaurée en 1935 et en 1936 a lieu un coup d'État par lequel le général Metaxas prend le pouvoir. La même année Moody's exprime ses regrets à propos de ces événements et annonce l'arrêt des notations des dettes publiques"

source http://fr.wikipedia.org/wiki/Moody's
Voir cet article 
TRES
INTERESSANT!

http://www.amb-grece.fr/articles_presse/2011/j-avril%202011/j-05 _04_2011.htm#2


*********2) FITCH Ratings
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fitch_Ratings

Fitch Ratings est contrôlée à hauteur de 60 % 3 par le groupe Holding Français Fimalac dirigé par Marc Ladreyt Delacharrière, dont la fortune personnelle est estimée à 1.6 
milliards
d'euros....

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Ladreit_de_Lacharri%C3%A8re

Le groupe de medias américain Hearst détient les 40% restant, ce groupe gigantesque est détenu par un Trust familial

As of 2009, the trustees are:

Frank A. Bennack Jr., vice chairman and chief executive of the corporation Anissa Bouadjakdji Balson, granddaughter of David Whitmire Hearst Sr.
John G. Conomikes, vice president of corporation, oversees broadcast interests Ronald J. Doerfler, chief financial officer, senior vice president and a board member of Hearst Corporation George Randolph Hearst Jr., chairman of Hearst Corporation and president of the Hearst Foundation John Randolph Hearst Jr., an officer and director of the corporation Virginia Hearst Randt, daughter of late former chairman Randolph Apperson Hearst William Randolph Hearst III, president of the William Randolph Hearst Foundation Harvey L. Lipton, lawyer and former vice president and secretary of the Corporation Gilbert C. Maurer, former head of Hearst Magazines, then executive vice president and chief operating officer under Bennack, now a consultant Mark F. Miller, former executive vice president of Hearst Magazines David J. Barrett, president and chief executive officer of Hearst Television, Inc.
James M. Asher, chief legal and development officer of Hearst

*********3) Standard & Poor's .

Le capital de cette société est détenu en intégralité par Mc Graw-Hill Companies INC.

Quels sont les actionnaires de Mc Graw Hill?
On peut trouver ces infos sur Yahoo Finance (actionnaires principaux par nombre 
décroissant
d'actions)

http://finance.yahoo.com/q/mh?s=MHP+Major+Holders

McGraw-Hill

STATE STREET CORPORATION 13,219,460 VANGUARD GROUP, INC. (THE) 12,700,984 OPPENHEIMER FUNDS, INC. 11,583,534 PRICE (T.ROWE) ASSOCIATES INC
10,123,060 BlackRock Institutional Trust Company, N.A. 7,541,685 DODGE & COX INC 7,145,277 FIDUCIARY MANAGEMENT, INC. 6,241,434 Capital World Investors 37,498,950

Ce qui est assez surprenant, c'est qu'on retrouve par exemple Capital World Investors, le deuxième actionnaire de Moody's.

MAIS: par ailleurs si on fait une recherche sur Yahoo Finance de nouveau, on constate une surprenante constance des principaux actionnaires derrière les principales banques américaines, et on retrouve certains des actionnaires déjà vus derrière les agences de notation!

Les résultats (vous pouvez vérifier)

Citigroup

STATE STREET CORPORATION 109,336,377 VANGUARD GROUP, INC. (THE)
106,566,654 FMR LLC 94,647,036 BlackRock Institutional Trust Company, N.A.
69,300,847 JP MORGAN CHASE & COMPANY 54,420,770 Capital World Investors
51,039,134 PAULSON & COMPANY, INC. 41,272,220 Bank of New York Mellon Corporation 32,334,689

Wells Fargo Bank:

BERKSHIRE HATHAWAY, INC 342,623,925 6.48 STATE STREET CORPORATION
201,430,222 3.81 FMR LLC 199,105,601 3.76 VANGUARD GROUP, INC. (THE)
187,182,216 3.54 Capital World Investors 167,562,496 3.17 WELLINGTON MANAGEMENT COMPANY, LLP 152,451,637 2.88 BlackRock Institutional Trust Company, N.A. 127,846,678 2.42 DAVIS SELECTED ADVISERS, LP 93,493,190 1.77 DODGE & COX INC 90,998,349 1.72 JP MORGAN CHASE & COMPANY 88,094,321 1.67

Bank of America (BOA)

STATE STREET CORPORATION 459,140,568 VANGUARD GROUP, INC. (THE)
367,462,397 BlackRock Institutional Trust Company, N.A. 258,068,893 JP MORGAN CHASE & COMPANY 212,406,485 Capital Research Global Investors
139,198,856 JANUS CAPITAL MANAGEMENT, LLC 138,866,931 WELLINGTON MANAGEMENT COMPANY, LLP 128,084,369 Capital World Investors 125,333,396 PAULSON & COMPANY, INC. 123,634,429 FMR LLC 121,244,950

JP Morgan Chase

STATE STREET CORPORATION 163,393,908 VANGUARD GROUP, INC. (THE)
144,458,569 FMR LLC 129,731,859 PRICE (T.ROWE) ASSOCIATES INC 106,375,235 BlackRock Institutional Trust Company, N.A. 105,992,018 WELLINGTON MANAGEMENT COMPANY, LLP 89,651,480 Capital Research Global Investors
82,353,239 Capital World Investors 55,091,800 Bank of New York Mellon Corporation 54,615,722

Goldman Sachs

STATE STREET CORPORATION 20,744,311 Capital World Investors 19,599,110 VANGUARD GROUP, INC. (THE) 18,311,709 BlackRock Institutional Trust Company, N.A. 13,372,248 MASSACHUSETTS FINANCIAL SERVICES CO - OTHER
11,518,906 AllianceBernstein, L.P. 10,139,709 JP MORGAN CHASE & COMPANY
9,531,309 WELLINGTON MANAGEMENT COMPANY, LLP 8,374,730 FMR LLC 7,462,573 FAIRHOLME CAPITAL MANAGEMENT 6,702,300


EN RESUME: STATE STREET CORPORATION, FMR LLC (Fidelity), VANGUARD GROUP INC, BlackRock Institutional Trust Company, Capital World Investors, BERKSHIRE HATHAWAY INC, PAULSON & COMPANY INC, JP Morgan Chase Company constituent l'actionnariat principal derrière les banques US, et on retrouve certains de ces groupes de contrôle derrière deux des trois agences de notation...

Ces mêmes banques sont celles qui émettent les fameux CDS .. rapport de la Fed 

produits distribués par la  Société Markit , dont les actionnaires sont : GOldman Sachs et Bank of America . 

C'est dire, à minima, qu'il existe des intérêts concentrés dans ces milieux.

Et cerise sur le gateau :

Ca vaut bien un triple Ah Ah Ah !


SOURCE BANKSTER.TV

lundi 16 janvier 2012

L'agence Moody's maintient le triple A français



L'agence de notation Moody's a confirmé lundi 16 janvier le AAA de la France, soit la meilleure note possible, trois jours après la dégradation de la note française par Standard & Poor's. Moody's, qui avait menacé en novembre d'abaisser cette note, prolonge ainsi son examen de la perspective "stable" de la note de la France.
Cette annonce intervient trois jours après que Standard & Poor's ait abaissé d'un cran la note de la France, de AAA à AA+. Cette décision a provoqué un grand nombre de réactions. La gauche y a vu la preuve de l'échec de Nicolas Sarkozy ; la droite, la nécessité de poursuivre les réformes.
Pour Moody's, la France conserve des atouts, en particulier une "soutenabilité" de la dette qui reste "très confortable". L'agence de notation souligne également les efforts engagés par le gouvernement en matière de réduction des dépenses publiques, notamment le nouveau plan d'austérité adopté en novembre. Mais elle considère par ailleurs qu'un engagement à mettre en œuvre de réformes nécessaires, et des "progrès visibles" dans le redressement des finances publiques, "seront importants pour le maintien de la perspective stable".
Investir dans la dette française "ne comporte aucun risque", selon Baroin
En clair, la France devra encore amplifier ses efforts budgétaires si elle veut garder son triple A chez Moody's. L'agence de notation doit annoncer les résultats d'une nouvelle évaluation à la fin du premier trimestre 2012.
Interrogé dans le même temps sur la dégradation de Standard & Poor's subie par la France, François Baroin a une nouvelle fois minimisé le poids des agences de notation.  "C'est un message parmi d'autres", estime le ministre de l'économie, selon qui "il existe un investissement qui ne comporte aucun risque, c'est l'investissement sur la dette souveraine de notre pays". Il a également souligné que la France doit"converger" vers le "bon élève" et "l'élément de référence" de la zone euro, l'Allemagne. Un pays qui a conservé son AAA pour l'ensemble des agences de notation. 
FTVi avec AFP

samedi 14 janvier 2012

LA FARCE DU TRIPLE A


En Aout 2011 Alain Minc affirmait « le AAA est un trésor national » et Fillon surenchérissait, en déclarant « un atout que nous devons préserver à tout prix ». Le prix c’était d’amplifier les attaques contre les services publics, la protection sociale, les retraites et d’obéir aux recommandations des marchés financiers. Et retournement de situation, six mois plus tard, Sarkozy indique que la perte du AAA serait « une difficulté mais pas insurmontable » et Fillon relativise « ce n’est pas un totem »…

Rien n’est en effet insurmontable si l’on fait allégeance aux marchés et que l’on prend les bonnes décisions pour les rassurer : dans la foulée le gouvernement annonce 14 000 suppressions de postes dans l’Education Nationale pour la rentrée 2012, alors même que 36 000 élèves de plus sont attendus.

La récession est là, le chômage enfle chaque jour, et sous l’impulsion du duo «Merkozy», le dernier des sommets européens confirme cette fuite en avant en entérinant l’austérité, avec comme horizon indépassable la totale domination du financier sur le social, l’économie et le politique. Les peuples ne sont plus maitres de leur destin, ils peuvent dormir tranquilles, les banksters s’occupent de tout : les dépenses publiques, la protection sociale et les salaires coûtent trop chers, l’Europe ne peut pas continuer dans cette voie ! L’objectif est de saigner les populations, d’aspirer la richesse des pays et la distribuer aux familles oligarchiques.

L’Europe se livre pieds et mains liés au pouvoir financier des marchés ! L’Europe s’interdit toute monétisation de la dette publique directement auprès de la Banque Centrale, et garantit aux banques, qu’elles ne seront pas mises à contribution. Cerise sur le gâteau l’Europe leur accorde un approvisionnement illimité en monnaie quasi-gratuite par la BCE pendant trois ans pour mieux faire des bénéfices en prêtant ensuite aux Etats à des taux élevés. L’Europe interdit aux nations d’emprunter directement à la BCE, juste pour que les banques puissent se gaver, en servant d’intermédiaire !

Depuis 35 ans la construction de L’Europe n’a été faite que pour satisfaire le capital et favoriser la mondialisation néolibérale. La Banque Centrale Européenne fut crée avec pour mission exclusive, garantir la stabilité des prix , et les critères des 3 % maximum de déficit budgétaire et 60 % d’endettement n’ont servi qu’à imposer un nivellement par le bas aux peuples européens. La BCE s’est avérée être un outil précieux pour orchestrer l’offensive antisociale dans tous les pays de l’Union. Le Parlement européen a des pouvoirs si limités qu’on est en droit de le caractériser comme un Parlement croupion. L’essentiel du pouvoir est concentré dans la Commission Européenne dirigée par Barroso, dont les membres sont nommés ! Belle idée de la démocratie !

Une Europe des travailleurs doit se construire à travers les mobilisations pour la défense des droits sociaux contre les politiques d’austérité, pour un nivellement par le haut. Par-delà les frontières, la conquête d’une véritable démocratie doit déboucher sur un processus constituant, garantissant aux populations le contrôle sur l’économie et la coopération entre les peuples pour œuvrer à la satisfaction de leurs propres besoins. Pour garder leur pouvoir et dresser les peuples les uns contre les autres, certains n’hésitent pas à utiliser l’arme du chauvinisme. Ce procédé réactionnaire ne sert qu’à tenter de masquer le véritable responsable de la situation, le capitalisme, qu’il soit allemand ou français !

Article sur Conscience Citoyenne Responsable

La perte du AAA, un obstacle sur la route de Nicolas Sarkozy


PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a perdu la bataille du triple A, la note souveraine de la France dégradée vendredi d'un cran par l'agence Standard & Poor's, un handicap de plus sur le chemin d'une éventuelle réélection le 6 mai.

Le président français a brandi des mois durant comme un épouvantail le spectre de cette dégradation, qui a permis à la France d'emprunter à relativement bon compte sur les marchés. Il a longtemps fait de sa préservation une ardente obligation.

Mais la perspective de la perte du précieux sésame se confirmant au fil des semaines, les dirigeants français ont changé de ton fin 2011 et se sont attachés à préparer l'opinion en affirmant que ce ne serait pas un cataclysme.

"Je ne sous-estime pas les conséquences que peuvent avoir sur notre économie les agences de notation et les emballements des marchés financiers", déclarait Nicolas Sarkozy dans ses voeux aux Français, le 31 décembre. "Mais je le dis pour que chacun l'entende : ce ne sont ni les marchés ni les agences qui feront la politique de la France."

Le ministre de l'Economie, François Baroin, a maintenu vendredi soir cette ligne de défense et assuré sur France 2 que la perte du triple A français n'était pas une "catastrophe".

Il a insisté sur le caractère collectif du jugement de S&P, qui concernerait d'autres pays de la zone euro. "Ça ne fait que conforter et confirmer ce que nous souhaitons, c'est-à-dire stabiliser la zone euro dans sa gouvernance", a-t-il déclaré.

Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, avait auparavant dit sur Canal + que la question n'était pas celle de l'économie française mais de la "responsabilité de tous les acteurs de la zone euro".

Le coup est cependant d'autant plus dur que l'Allemagne conserverait la note maximum, consacrant ainsi le décrochage de la France par rapport à son principal partenaire.

CLIMAT ANXIOGÈNE


Sur un plan technique, les marchés financiers avaient déjà largement anticipé la dégradation de la note française, si l'on en juge par l'écart des taux des obligations d'Etat françaises et allemandes sur les marchés, estiment les économistes

Sur le plan politique, la perte du triple A est un coup porté à l'image de "protecteur des Français" que Nicolas Sarkozy s'efforce de faire passer dans l'opinion.

"Le triple A n'est pas la préoccupation première de tout un chacun et il y a un an on ignorait son existence", souligne le président de l'institut Viavoice, François Miquet-Marty.

"En revanche, ça contribue à un climat général d'inquiétude et de pessimisme sur l'avenir de la France et, au fond, ça joue sur la crédibilité de Nicolas Sarkozy", ajoute-t-il.

Pour cet analyste, il n'est cependant pas certain que cela profite mécaniquement à la gauche et en particulier au candidat socialiste, François Hollande.

Un avis partagé par le politologue Dominique Reynié, pour qui la décision de S&P met en réalité les principaux candidats à la présidentielle en difficulté et risque de favoriser des "candidats populistes" comme celui du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, ou la présidente du Front national, Marine Le Pen.

Pour lui, Nicolas Sarkozy va certes devoir "s'expliquer sur comment on en est arrivé là", et ses adversaires ne manqueront pas de mettre en cause sa responsabilité.

La dégradation de la note de la France a déclenché un déluge de réactions avant même son officialisation, avec une dominante dans l'opposition : haro sur Nicolas Sarkozy.

Le président et candidat du MoDem, François Bayrou, a ainsi estimé que cette dégradation signait l'échec de la stratégie de Nicolas Sarkozy - en substance, "avec moi on garde le triple A avec les autres on le perd."

Mais pour Dominique Reynié, "on sous-estime la façon dont l'ensemble des joueurs sera affecté".

"La perte du triple A va resserrer la possibilité de faire des propositions qui auront pour effet d'accroître les dépenses publiques", explique-t-il. "La campagne présidentielle sera placée sous le signe de la rigueur."

"François Hollande devra faire une campagne de gauche dans une France plus que jamais sous surveillance, un exercice très compliqué alors qu'il est déjà très prudent, avec sur sa gauche Jean-Luc Mélenchon, que ça n'arrêtera pas", ajoute-t-il.

vendredi 13 janvier 2012

La France perdrait son triple A



Des sources font état que l'agence de notation Standard & Poor's a dégradé la note de la France.

jeudi 29 décembre 2011

Oui, l'éventuelle perte du triple A de la France serait une catastrophe

L'agence Standard and Poor's a placé il y a une semaine les notes de quinze Etats de la zone euro sous surveillance avec implication négative. Le délai entre un placement sous surveillance et une décision sur la note est généralement de trois mois environ, mais, dans le cas de la zone euro, et tout particulièrement de la France, S & P a laissé entendre qu'il pourrait être beaucoup plus court.

La majorité tente de banaliser l'impact d'une perte du triple A. En réalité, une telle dégradation de la note souveraine de notre pays en pleine tempête sur les marchés contre la zone euro constituerait un événement politique majeur à quatre mois de l'élection présidentielle. Et la fin d'une époque pour notre pays, habitué depuis la création de la zone euro à bénéficier de taux d'emprunt très bas pour financer la dérive de ses déficits.
1. Sur le plan financier, tout d'abord, les implications d'une perte du triple A seraient réelles sur les charges annuelles de la dette, dans les prochains budgets de l'Etat.
Certes, les taux d'intérêt servis à l'émission de la dette française se sont déjà dégradés : le spread OAT-Bund, qui mesure l'écart de taux d'intérêt entre les emprunts d'Etat français à dix ans (les obligations assimilables du Trésor) et les emprunts d'Etat allemands de même durée et qui indique donc la différence de solidité financière que les grands créanciers internationaux établissent entre les deux pays, s'établit déjà à 125 points de base (1,25 %), contre 30 points en mai : les marchés nous notent donc déjà en BBB +. C'est aujourd'hui la prime réclamée par les investisseurs pour acheter de la dette française plutôt qu'allemande.
Toutefois, une dégradation "officielle" de la note de la France, qui plus est de deux crans comme il est possible, constituerait une étape décisive d'un mouvement de réajustement à la hausse du risque français. Ce réajustement pourrait atteindrerapidement jusqu'à 1 % d'intérêt supplémentaire (100 points de base). Dans cette hypothèse, réaliste, les taux français à 10 ans, actuellement de 3,1 %, quitteraient la proximité des rives des taux allemands (aujourd'hui de 1,85 %) pour serapprocher, à 4 %, voire plus, des niveaux de taux appliqués à l'Espagne (5,4 %) ou à l'Italie (6,7 %).
L'impact de ce point d'intérêt supplémentaire sur nos charges d'intérêts annuelles serait très conséquent, et ce rapidement : de l'ordre de 2,5 à 3 milliards d'euros annuels à l'horizon de douze à dix-huit mois, avant d'atteindre près de 15 milliards d'euros par an à l'horizon 2017, une fois répercuté sur l'ensemble de notre stock de la dette publique, dont la maturité est proche de cinq ans. Quinze milliards, soit l'équivalent de deux points de TVA, ou encore de la somme des budgets alloués au ministère de la culture, de l'agriculture, des affaires étrangères, de l'écologie et des transports...
L'incidence d'une perte du triple A est donc très loin d'être négligeable. Elle serait également durable, la position de la France par rapport aux autres grands Etats européens étant également peu favorable sur les autres critères d'appréciation retenus par les marchés que sont le déficit primaire, le rythme de l'ajustement, la flexibilité de ses dépenses, ses marges de manoeuvre fiscales ou encore la situation de sa balance des paiements. Nous pourrions par conséquent mettreplusieurs années à en retrouver le niveau.
Et tout cela chargerait encore un peu plus la barque du programme d'ajustement nécessaire pour revenir à une trajectoire soutenable des finances publiques, déjà estimé selon les économistes à près de 80 milliards d'euros.
2. La perte de son AAA par la France aurait également un impact majeur sur les mécanismes de solidarité européens qui viennent d'être difficilement mis en place pour contenir la crise de la zone euro.
Un éventuel abaissement de la note française, deuxième contributeur au Fonds européen de stabilité financière (FESF), pèserait inévitablement sur la notation de cet instrument financier indispensable pour gérer la crise de la dette. Elle aggraverait sans nul doute les risques d'assèchement du marché du crédit en Europe, au moment où la zone euro y est plus que jamais confrontée, contraignant la Banque centrale européenne (BCE) à jouer les pompiers de service.
Les entreprises françaises, les moins bien notées d'entre elles, souffrent déjà depuis plusieurs semaines de la nervosité des marchés sur les incertitudes des mois à venir. Une perte du triple A de la France se traduirait immédiatement par des implications négatives sur leurs conditions de financement et des difficultés accrues à accéder au marché, au moment où elles planifient leurs investissements pour l'année à venir. Et alors même qu'elles s'apprêtent à affronter un ralentissement de leurs commandes et de leurs exportations en Europe, dans un contexte de marges laminées par la hausse des prix des matières premières et du pétrole.
3. Enfin, la dégradation de la note de la France sur les marchés constituerait un événement politique majeur, à quatre mois de l'élection présidentielle.
Elle remettrait en cause le discours asséné par la majorité depuis près de dix-huit mois, qui a présenté le maintien de la crédibilité financière de notre pays sur la scène internationale comme la contrepartie du "plus d'impôt et de rigueur" mis en oeuvre en France et accru depuis le mois d'août dans le cadre du programme antidéficit du gouvernement.
Dans le domaine fiscal, les prélèvements ont déjà augmenté d'une vingtaine de milliards d'euros cette année et augmenteront encore de 20 milliards supplémentaires en 2012, avant une dizaine de milliards de plus en 2013. 20 + 20 + 10 = 50. D'ici à la fin de l'année 2013, la France subira, avec 50 milliards d'euros de plus en trois ans, la hausse d'impôts la plus importante jamais enregistrée depuis la création de la Ve République.
Le gouvernement avait jusqu'ici tenté d'occulter la réalité de ce choc fiscal considérable, en privilégiant la multiplication de nouvelles taxes ou mesures d'assiettes à la hausse générale des taux des grands impôts d'Etat, une première "ligne Maginot" qui s'est effondrée avec les hausses du dernier budget 2012 sur la TVA et l'impôt sur le revenu...
La perte du triple A viendrait remettre en cause la seconde ligne de défense du gouvernement : la nécessité de maintenir la notation de la France sur les marchés. D'ici quelques semaines, les Français pourraient donc malheureusement seretrouver confrontés à la fois à la hausse très importante des impôts, et à la dégradation de notre note sur les marchés. Sans plus de visibilité sur la manière de se sortir de ce piège de la dette, qui menace aujourd'hui son économie.
Thomas Chalumeau est maître de conférences à Sciences Po Paris et Directeur des questions économiques du think tank Terra Nova