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mercredi 5 décembre 2012

Des banques instaurent des taux d'intérêts négatifs pour les comptes de dépôt



La crise de la dette n’est pas de tout repos non plus pour les pays qui en sont épargnés. Les pays refuges comme la Suisse et le Danemark sont devenus très prisés par les investisseurs qui recherchent la sécurité pour leur argent. En conséquence, ces pays reçoivent des afflux massifs de capitaux qui ont tendance à faire monter la parité de leur devise, et qui menace à terme leur compétitivité à l’exportation. Pour s’en protéger, ils n’hésitent pas à prendre des mesures inhabituelles. 

Reuters rapporte ainsi qu’en s’alignant avec la Banque Centrale Européenne, et en réduisant de 0,25% ses taux d’intérêt directeurs, la Banque Centrale du Danemark vient de fixer un taux d’intérêt négatif pour la première fois de son histoire. 

Le taux d’emprunt de la NationalBank est ainsi passé de 0,25% à –0,20%. Les banques qui voudront laisser des dépôts auprès de la banque centrale devront donc la payer pour les conserver. « Notre principal souci est l’indexation de la couronne sur l’euro, et nous voulons donc nous assurer que l’effet sur le taux d’intérêt est ressenti », a expliqué Nils Bernstein, le gouverneur de la Banque Centrale danoise à Reuters. 

D’un autre côté, la banque suisse Credit Suisse AG. a informé ses clients qu’elle allait désormais appliquer un taux d’intérêt négatif sur les soldes positifs de certains des comptes de ses clients à partir du 10 décembre. Les devises et les comptes concernés seront communiqués dans les 5 jours, indique la notice. « En raison de la situation actuelle des marchés et après avoir examiné la situation tout au long de cette année, nous avons décidé de commencer à appliquer des taux d’intérêt négatifs sur les soldes des comptes de dépôt au-delà d’un certain seuil » , explique la notice qui a été adressée à sa clientèle. « Nous invitons nos clients à maintenir des soldes de comptes aussi faibles que possible afin d’éviter les charges d’intérêts négatives », poursuit la notice. 

Le Washington Post indique que la State Street Corp. et la Bank of New York Mellon ont également répercuté des taux d’intérêt négatifs sur les encours des comptes tenus en franc suisse ou en couronne danoise. La Royal Bank of Canada a elle aussi indiqué qu'elle allait appliquer des taux d’intérêt négatifs sur les comptes de ses clients tenus dans certaines devises.

http://leschroniquesderorschach.blogspot.fr/

dimanche 18 novembre 2012

Les banques genevoises pourraient perdre quelque 3000 emplois


Si la réglementation suisse devait se durcir au-delà des normes internationales exigées, les banques iront là où les conditions seront meilleures pour le client, comme Singapour, Dubaï ou Londres. A Genève, la perte d'emplois pourrait s'élever à 3000, selon Grégoire Bordier.

Si la place financière cessait d'être compétitive, les banques genevoises pourraient être appelées à supprimer entre 15 et 30% des emplois dans la gestion de patrimoine, déclare Grégoire Bordier, président du Groupement des banquiers privés genevois, dans une interview au "Matin Dimanche". En clair, 3000 emplois passeraient à la trappe.

En 2011, si le nombre d'emplois dans le secteur a encore augmenté, la masse salariale a reculé en raison de la baisse des salaires variables distribués par le secteur bancaire, ajoute Grégoire Bordier. Le client - souvent recommandé par un avocat ou une fiduciaire - se voit déjà encourager actuellement à choisir le Luxembourg, Singapour ou Londres plutôt que Genève ou Zurich.

mercredi 8 août 2012

Les banques européennes prennent l'eau



Le géant pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell retire une partie de ses liquidités des banques européennes, apprend le journal britannique The Times. La compagnie cherche ainsi à minimiser les risques associés à la crise de la dette en zone euro. D’ailleurs, il est peu probable qu’elle soit la seule à fuir, et les banquiers européens doivent prendre au sérieux ce mauvais signe.

Shell préfère ainsi déposer 15 milliards de dollars de liquidités sur des comptes américains ou les transformer en bons du Trésor américains, suppose le directeur financier Simon Henry. Si d’autres géants du business européen suivent l’exemple de Shell, cela conduira à un enchérissement des crédits dans la zone euro, pronostique le quotidien The Times. Voici ce qu’a dit à notre correspondant Vladimir Braguine, en charge de l’analyse des marchés financiers d’Alpha-Capital :
" Partant de la situation financière actuelle des banques européennes, je ne pense pas qu’ils aient davantage de clients. Si des fonds sont en effet retirés des banques, peu importe s’il s’agit des clients corporatifs ou privés, cela ne fait évidemment qu’ajouter aux problèmes des banques. En ce cas, il convient de le prendre au sérieux, puisque du moment que de grosses sociétés ne croient plus en les perspectives des banques européennes, le problème prend un caractère systémique ".

Le fait que des banques des Etats-Unis ont déjà commencé à réduire l’importance de leurs opérations de crédit dans la zone euro indique aussi la gravité de la situation financière. A présent les banquiers nord-américains regardent du côté de la législation financière britannique, afin de minimiser les risques d’un éventuel démembrement de la zone euro. Quant au transfert des liquidités de clients corporatifs des banques européennes sur des comptes bancaires plus sûrs, ce processus va certainement se poursuivre. Or de l’avis des experts, ceci n’est pas une raison suffisante pour un verdict sans appel. Cela parce qu’au sujet de l’avenir de la zone euro il y a toujours plus de questions que de réponses.

Nikita Sorokine

lundi 2 juillet 2012

LIBOR : Un scandale à 300 trillions de Dollars



300 000 milliards pour être précis. La confiance qui est à la base de tout système financier va disparaître...
Pour ceux qui suivent de près les sites financiers, la nouvelle n’a pas été réellement surprenante : le LIBOR, le marché des taux interbancaires à Londres, est massivement manipulé. C’est une information qui circule depuis plusieurs années dans les milieux boursiers, et qui était déjà disponible depuis février dernier pour ceux qui se donnaient la peine de s’informer.

Pour rappel, le LIBOR est le London Interbank Offered Rate, autrement dit le taux auquel les banques se prêtent de l’argent. Ce taux est fixé à 11h (heure de Londres), par un groupement de banques déterminé (la British Bankers’ Association) et concerne les prêts non gagés par des titres. Au passage, il existe la même chose sur d’autres marchés, comme celui de la zone euro (EURIBOR). De façon indirecte, ces taux définissent aussi ceux des crédits aux ménages et aux entreprises.

Au courant du mois de février, on apprenait donc, dans la discrétion feutrée qui sied à tout ce qui se passe dans le monde de la bourse, que le taux auquel les banques se prêtent sur le marché de Londres (un marché de 350.000 milliards de dollars) était largement bidouillé. Pour le moment, Royal Bank of Scotland (qui fut l’une des banques sauvée en 2008 de la faillite à grande injection d’argent gratuit du contribuable britannique) et Barclays sont directement impliquées dans le scandale qui secoue toute la City. Et c’est bien normal, puisque le LIBOR sert de base à un nombre considérable de transactions financières dans le monde entier et bénéficiait jusqu’à présent d’une réputation sans tache…

Et le scandale est lisible, presque heure par heure, ici ; on y découvre les échanges (d’e-mail, essentiellement) entre différents traders qui s’arrangent pour obtenir des taux spécifiques du LIBOR en fonction de leurs besoins. Connaissant la variation et l’ampleur de celle-ci avant que le taux ne soit officialisé, on imagine sans mal que les traders concernés ont alors toute latitude pour faire fructifier cette information. La consternante décontraction avec laquelle ces manipulations sont faites laissent le lecteur dans une sorte d’incrédulité : d’un côté, le truquage semble aussi grossier que courant, et de l’autre, les traders ne semblent même pas réfléchir plus loin que le bout de leur nez en utilisant des moyens électroniques qui laissent des traces évidentes un peu partout.

Cette désinvolture viendrait-elle d’une sorte de paradigme de « Too Big To Get Caught », dérivé directement du « Too Big To Fail » dans lequel baignent les banques depuis que les Etats ont, unilatéralement, décidé de les sauver ?

En attendant, de fil en aiguille, après une petite manip par ci, une petite manip par là, on finit par parler millions, puis milliards de livres. C’est donc de sommes colossales qu’il s’agit à la fin. Pour le moment, les premières enquêtes aboutissent aux condamnations de Barclays pour un montant de 450 millions de dollars (ce qui est relativement peu si l’on compare aux bénéfices que les opérations frauduleuses ont pu générer) et de 235 millions pour RBS.

Évidemment, la joyeuse coterie des banques trop grosses pour tomber qui se sont un peu trop senti pousser des ailes ne s’arrête pas à ces deux-là : Citigroup, HSBC, UBS comptent dans les rangs de ceux qui ont aussi participé à la bonne blague. Rassurez-vous : on voit mal des banques comme BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale échapper à la fête. Quant à Dexia, si elle n’est pas encore dans les noms cités, c’est probablement parce qu’elle a déjà d’autres chats, tigres, lions et panthères à fouetter.

Cette affaire est particulièrement symptomatique de la crise financière qui n’en finit pas de secouer le monde actuellement.